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Le BTP britannique vacille

Charlotte Kan, à Londres |  le 01/06/2018  |  EntreprisesEurope

Le secteur, toujours sous le choc de la faillite de Carillion, voit un autre fleuron, Interserve, en proie à de graves difficultés financières.

Le BTP britannique n'en finit pas de trembler. Et les conséquences potentielles du Brexit sont loin d'en être la seule cause. Le séisme provoqué par la faillite de Carillion, le numéro deux du secteur, le 15 janvier dernier (lire aussi « Le Moniteur » du 26 janvier 2018, p. 25), continue de produire de violentes répliques. Cela se vérifie d'abord dans les mauvais chiffres de la conjoncture, publiés courant mai. Selon l'institut des statistiques britannique, l'activité a reculé en moyenne de 2,7 % sur les trois premiers mois de l'année, avec un plongeon spectaculaire pour la construction résidentielle (- 8,8 %) et les travaux publics (- 5,9 %). Mais ce sont surtout les difficultés d'un autre acteur national du BTP qui interrogent une nouvelle fois sur la viabilité du modèle britannique.

Douche écossaise. Interserve, groupe de construction et de sous-traitance, septième du secteur, a en effet annoncé fin avril des résultats 2017 contrastés, avec un chiffre d'affaires de 3,25 milliards de livres (3,7 Mds €), stable par rapport à l'exercice précédent, mais des pertes de près de 244 millions de livres (278 M€). Sa dette, elle, a atteint 502 millions de livres (573 M€). « C'est une piètre performance », a euphémisé la nouvelle P-DG, Debbie White, arrivée en septembre. Les raisons ? Des pressions sur les marges, dans les contrats avec le gouvernement britannique notamment, et une perte sèche de 217 millions de livres (247 M€) liée à la construction problématique d'une usine de biomasse en Ecosse, dont Interserve s'est retiré.

L'année 2017 avait déjà été jonchée d'avertissements sur les résultats trimestriels. Comme Carillion, Interserve réalise en effet une grande partie de son chiffre d'affaires dans la sous-traitance pour la construction de bâtiments ou d'infra structures, publiques notamment, puis leur gestion. Des activités qui voient leurs marges se réduire comme peau de chagrin alors que le prix, plus que la qualité, est devenu le principal critère d'attribution des contrats par les clients, privés comme publics.

Parmi les myriades de marchés d'Interserve - qui offre des services allant de la construction à la maintenance, en passant par la gestion immobilière et l'entretien de la voirie et des voies ferrées - se trouvent les bases militaires britanniques à Gibraltar, de nombreux contrats avec les autorités locales, le métro londonien et de multiples bâtiments publics.

La dette de ce groupe de construction et de sous-traitance s'élève à 573 M€.

Les marchés financiers sont d'autant plus inquiets que la Financial Conduct Authority, le gendarme national en la matière, a lancé une investigation le 11 mai pour faire la lumière sur le gigantesque couac écossais et la façon dont Interserve a communiqué et géré son retrait du dossier. Si le groupe dit coopérer pleinement avec l'enquête de l'autorité, son action continue de dévisser en bourse. Et sa capitalisation a déjà été divisée par quatre par rapport à la même époque de l'an dernier.

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Qui a repris les anciens contrats de Carillion ?

Des concurrents de taille équivalente et des PME locales ont, en grande partie, récupéré les contrats de Carillion, l'ancien numéro deux du BTP britannique, mis en liquidation le 15 janvier dernier. Son grand rival, le sous-traitant Serco, a par exemple préempté plusieurs grands contrats dans la gestion de structures médicales (hôpitaux, maisons de retraite, etc. ), tout comme Mitie.

La société d'activités de soutien aux infrastructures et services publics Amey a, pour sa part, hérité d'un certain nombre de contrats clés dans le ferroviaire, Carillion étant le second plus gros sous-traitant de Network Rail, l'opérateur du réseau ferré britannique.

L'ingénieriste français Egis a, lui, repris le contrat sur trente ans de gestion et maintenance de l'autoroute M40.

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