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Le bois prend enfin son envol
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Le bois prend enfin son envol

Florent Lacas, avec Adrien Pouthier |  le 01/04/2016  |  ImmobilierTechniqueAlpes-MaritimesGirondeParis

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Sommaire du dossier

  1. Appartements en balcon sur un vallon
  2. Villas urbaines pédagogiques
  3. Internat passif pour lycéens actifs
  4. Le navire de bois du lycée maritime de Saint-Malo
  5. Les derniers défis du bois en construction
  6. Une nouvelle union professionnelle pour développer la construction bois
  7. Le bois prend enfin son envol
  8. Du bois dans tous ses états pour l’extension d’un lycée agricole
  9. La filière bois-construction trouve son salut dans la rénovation et l'extension-surélévation
  10. Pour rebondir, la construction bois convoite de nouveaux espaces
  11. Un manifeste de la construction bois à Epinal
  12. Le décret bois finalement abrogé : et maintenant ?
  13. Un centre commercial tout en bois : une première en France
  14. Les derniers verrous à faire sauter
  15. Un lamellé-croisé de hêtre
  16. Quand le logement social s’essaie au bois
  17. Le bois norvégien atteint des sommets
  18. La construction en bois poursuit son ascension
  19. Resconstruction d’un collège vosgien
  20. Une association pour favoriser le développement du lamellé-croisé
  21. Construction d’une maison à ossature bois en 10 étapes
  22. La construction bois travaille d'arrache-pied pour asseoir son statut de "filière stratégique"
  23. Un ensemble bois à énergie positive
  24. Le bois au carrefour d’un nouveau développement
  25. Rougier regroupe ses activités d’importation
  26. Surélever et rénover en toute légèreté
  27. Quand le pin veut réhabiliter la campagne
  28. Un bâtiment manifeste en porte-à-faux
  29. Un groupe scolaire rhabillé d’une résille pliée
  30. Extension sur pilotis pour la Cité des machines
  31. « La filière bois entre dans une logique d’innovation »
  32. Première tour passive R+7 de logements en bois
  33. Un concept de maison en bois à coût réduit
  34. La filière bois a désormais son comité stratégique
  35. CLT : des panneaux structuraux adaptés à toute construction
  36. La filière bois construction se met en marche
  37. Quatre maisons individuelles en bois
  38. Innovation et savoir-faire avec le bois local
  39. Bois massif et toiture végétalisée sur le chemin des écoliers
  40. La construction bois résiste (mieux) à la crise
  41. Structure bois inédite pour un immeuble de 10 logements
  42. Bois à tous les étages pour un « bâtiment image »
  43. Quatre étages en bois massif contrecollé pour un lycée parisien
  44. Logements R 7 à ossature bois
  45. Un rapport pour relancer la filière bois
  46. Innover avec des bois locaux
  47. Utilisation du bois dans certaines constructions
  48. Construction / bois Quantité minimale de matériaux en bois dans certaines constructions nouvelles
  49. Une icône architecturale pour la filière bois en Pays de la Loire
  50. Le Conseil constitutionnel rend le décret « bois » inapplicable
  51. Mélèze et épicéa, bien entendu !
  52. L’Inra choisit la forêt des Vosges comme ressource locale
  53. A l’école des cinq essences
  54. Un bois structurel aux qualités proches du béton
  55. Préfabrication pour une enveloppe efficace
  56. Un travail de précision autour de l’étanchéité à l’air
  57. Une chaudière gaz à condensation économe
  58. Une ventilation double flux performante
  59. Menuiseries double ou triple vitrage selon l’orientation
  60. Un immeuble de quatre étages à structure en bois massif
  61. La construction bois : épicentre de l’innovation
  62. Construction BBC en bloc bois à montage rapide et simplifié
  63. L’Entrepreneur TV – juin 2012 – La construction bois
  64. Surélévation-extension bois : requalification d'un pavillon des années 70
  65. Le bois perce sur tous les marchés
  66. «Les entreprises du bois doivent s'industrialiser sans devenir des industriels», Philippe Roux, président de l'Union charpente, menuiserie, parquet (FFB)
  67. Veiller à l’isolation acoustique entre logements
  68. Construction bois : un Forum pour des majors de plus en plus impliqués
  69. Introduction
  70. Création de France bois industries entreprises (FBIE)
  71. Le bois certifié prend racine dans la construction
  72. Une résidence étudiante en bois massif
  73. Des maisons de gendarmes à ossature bois
  74. Une maison en bois à doubles murs
  75. 4 modules bois pour un logement
  76. Chaniters Loire-Atlantique Techniques ancestrales pour une maison passive ossature bois
  77. Une maison passive en bois testée, mesurée et contrôlée pendant 5 ans
  78. Feuilleton 3/9 Maisons passives à ossature bois
  79. Maisons en bois à géométrie variable
  80. Guide de l’achat public éco-responsable Le bois matériau de construction
  81. Vers une pénurie du bois dans la construction !
  82. Le bois français va-t-il servir à chauffer les Anglais ?
  83. La filière bois-énergie menace-t-elle l’industrie du bois ?
  84. Un décret multiplie par 10 la quantité de bois imposée dans les logements
  85. Méthode de calcul du volume de bois incorporé dans certaines constructions
  86. Méthode de calcul du volume de bois incorporé dans certaines constructions (rectificatif)
  87. Bois : nouvelle méthode de calcul du volume incorporé dans les constructions
Construction -

Plusieurs signaux sont au vert : 2016 pourrait être l’année du décollage du marché de la construction bois. Ce procédé constructif est déjà jugé « indispensable » par certains maîtres d’ouvrage.

Que de bois ! Voilà ce que pourrait dire quiconque a parcouru les travées du Marché international des professionnels de l’immobilier (Mipim), qui s’est tenu à Cannes du 15 au 18 mars. Le bois est à la mode depuis plusieurs années, et chacun se demandait quand il allait enfin décoller dans l’immobilier. Il semble bien que ce moment soit venu, ou du moins que nous ayons franchi une étape importante. Car si le bois a longtemps pu faire office de matériau décoratif, notamment en façade, il est aujourd’hui considéré par plusieurs géants du secteur comme un concurrent sérieux en termes de mode constructif. Notamment en petit collectif.

Ce changement de braquet, Olivier Bokobza, directeur général du pôle résidentiel de BNP Paribas Immobilier, l’estime lié à la montée en puissance de la technique « bois lamellé-croisé » (cross-laminated timber), dite « CLT ». « En termes de structure, ce procédé vaut le béton », affirme le directeur, dont la société vient d’être lauréate du concours « Réinventer Paris » avec son opération « Ternes-Villiers », soit un ensemble immobilier de 18 000 m² qui fait massivement appel au bois. « Le CLT a permis de crédibiliser davantage le bois en structure, rassurant bureaux d’études et bureaux de contrôle », poursuit-il. Même son de cloche du côté de Paul Jarquin, P-DG de REI, promoteur spécialisé en bois basé à Montreuil (Seine-Saint-Denis), pour qui « la filière est à un tournant ». REI est bien placé pour constater ce dynamisme : il a livré, en 2015, une centaine de logements bois. En 2016, il en construira 250, et prévoit une forte croissance les années suivantes.
Pour autant, il ne faut pas perdre de vue que, s’il existe des perspectives de débouchés, c’est parce que les parts de marché actuelles du bois sont faméliques. Si l’on en croit les chiffres 2014 de l’enquête nationale sur la construction bois, publiée par l’interprofession France Bois Forêt, le matériau a une part de marché de 2,6 % en logement collectif et de 10,6 % en maison individuelle. Plusieurs observateurs sont pourtant convaincus que d’ici cinq à dix ans le bois pèsera 15 à 20 % dans la construction.

Un coût égal aux autres matériaux.

Certains aménageurs sont déjà engagés dans une réflexion à moyen terme. Pour des raisons écologiques bien sûr - le bois capte le CO2, ne produit quasiment pas de déchets sur chantier, est recyclable… Mais aussi pour des questions de coûts. « Le prix des matières premières va très probablement augmenter dans les dix ans à venir, explique Nicolas Ferrand, directeur général de l’Epamarne. Il y a notamment des tensions sur les sables, les métaux ferreux et non ferreux. Or, le prix du bois, lui, devrait rester stable sur la période. » La construction bois permettrait ainsi à l’Epamarne de maintenir le prix de ses logements à un niveau acceptable. « Aujourd’hui, nous arrivons à un prix de vente compris entre 4 300 et 4 600 euros/m2 pour les constructions bois. Nous souhaitons passer sous la barre des 4 000 euros/m2. »

Nicolas Viguier, directeur patrimoine de l’office public de l’habitat Angers Loire Habitat, précise, pour sa part, que son organisme sort des opérations bois économiquement équivalentes à des opérations classiques.

Une efficacité « redoutable » en termes de délais.

Les constructeurs peuvent, le cas échéant, compenser les éventuels surcoûts de matériau ou d’étude par la rapidité d’exécution des chantiers. « Un projet réalisé en vingt-quatre mois en filière classique peut être terminé en dix mois avec le bois : c’est d’une efficacité redoutable ! », s’enthousiasme Olivier Bokobza. Et c’est précisément ce que demandent les riverains des chantiers : être dérangés le moins longtemps possible, avec des nuisances a minima. « La construction bois génère moins de rotations de camions et dégage moins de poussières », appuie Alexandra Carpentier, directeur général adjoint du pôle stratégie, innovation et développement économique d’Euratlantique.
Les riverains semblent, par ailleurs, en meilleurs termes avec le bois qu’avec le béton. « Lorsqu’on leur annonce l’édification d’un immeuble en bois, ils réagissent mieux que si on leur annonce un immeuble en béton », témoigne un aménageur. Les donneurs d’ordres sont également sensibles aux avantages techniques du matériau. « Lorsque le terrain est mauvais, nous avons tendance à nous tourner vers le bois, qui offre plus de légèreté structurelle que le béton, explique Nicolas Viguier. La technique du mur-manteau nous permet d’atteindre d’excellentes performances thermiques. »

Le baptême du feu des IGH.

Alors que, de l’avis de la majorité des acteurs, les freins techniques et réglementaires à la construction bois ont tous été levés pour les bâtiments courants, l’acoustique reste un point à améliorer. « Pour atteindre de bonnes performances sur ce plan, il faut être extrêmement minutieux dans la mise en œuvre », reconnaît Nicolas Viguier. L’une des solutions les plus utilisées dans ce cas est la mixité bois-béton au niveau des planchers. Côté technique, il reste aussi à prouver que le bois a toute sa place sur le marché des immeubles de grande hauteur (IGH). La construction prochaine à Bordeaux de deux tours en bois de plus de 50 mètres, Hypérion et Silva, constitue un baptême du feu. « A un moment donné, nous craignions de ne pas recevoir assez de réponses à notre appel d’offres sur ce projet, se souvient Alexandra Carpentier (Euratlantique). Finalement, neuf équipes ont répondu, considérant ce défi comme un investissement en recherche et développement. »

Les deux IGH sont donc un moyen de lever les freins psychologiques à l’utilisation du bois comme système constructif, non seulement vis-à-vis du grand public, mais aussi des constructeurs. Mais la levée de cette appréhension, qui subsiste, ne se décrète pas. « La Cop21 a fait beaucoup pour responsabiliser les gens sur le plan écologique », estime Paul Jarquin. Et Emmanuelle Cosse, ministre du Logement, a récemment rappelé que le critère carbone serait incontournable dans la prochaine réglementation environnementale. Pour le bois, plus que jamais, tous les voyants sont au vert.

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PHOTO - 896865.BR.jpg - © Xavier POPY / REA

12 millions m3 L’objectif d’extraction des forêts à l’horizon 2026.
6,5 Mds € Le déficit de la balance commerciale de la filière.

La construction bois oui, mais avec quelles ressources ?

C’est l’un des paradoxes dont l’économie française a le secret : couvert de forêts (16,5 millions d’hectares en métropole) peuplées à 70 % de feuillus, le pays consomme massivement… des résineux ! Seul un tiers de la récolte commercialisée de bois d’œuvre et d’industrie se trouve ainsi être du bois de feuillus : 5 millions de m3 contre près de 16 millions de m3 pour les résineux. Et pour répondre à la demande, le pays importe allègrement du bois d’œuvre et d’industrie en résineux : 1,3 million de m3 en 2011 ! La tendance ne devrait pas s’inverser de sitôt avec l’explosion de la demande en bois CLT (cross laminated timber, « lamellé-croisé » en français) pour la construction de bâtiments de grande hauteur. Le marché européen a ainsi augmenté de près de 20 % par an, ces dix dernières années. 95 % de la production européenne se situe en Europe centrale, dont 63 % en Autriche, 26 % en Allemagne et 6 % en Suisse, selon une étude de 2012 du Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques (Pipame). L’implantation de ce type d’exploitation en France, est pour l’instant freinée par le montant de l’investissement requis : le finlandais Stora Enso a par exemple déboursé 23 millions d’euros en 2011 pour une unité de production en Autriche.

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PHOTO - 896863.BR.jpg - © WOODEUM
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