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Le bois dans tous ses états

Raphaëlle Saint-Pierre |  le 06/04/2018  |  ImmobilierArchitectureMaine-et-LoireParisFrance entière

Près d'Angers, les architectes de Ramdam ont élaboré un bâtiment multi-usage construit par et pour une scierie, à partir de ses surplus de matériaux.

Afin de dissocier vie professionnelle et vie privée, tout en regroupant des fonctions éparpillées dans les hangars et la maison familiale, le directeur de la scierie de Corzé (Maine-et-Loire) a demandé à l'atelier d'architecture Ramdam d'imaginer un bâtiment destiné à recevoir la clientèle et abriter ses bureaux, les vestiaires et un espace de détente pour les ouvriers. Installée depuis 1900 dans ce village proche d'Angers, l'entreprise souhaitait en outre donner une identité à ce lieu.

« Nous avons travaillé dans une logique de frugalité », expliquent les architectes Franck Dibon et Olivier Misischi, dont l'agence est implantée à Paris et Angers. La scierie possédant un impressionnant stock de bois sans débouché commercial, les architectes décident de valoriser ces essences de feuillus et de résineux, en provenance des alentours, dont ils dressent l'inventaire. Ils dessinent une structure assez simple pour que le pavillon puisse être préfabriqué avec les machines disponibles sur place afin de profiter du savoir-faire de la scierie, habituée à fournir les Compagnons du Devoir et les chantiers des architectes des bâtiments de France.

Rustique et précieux. « A l'exception des menuiseries des fenêtres, réalisées dans un atelier à 5 km, rien ne devait être fait en dehors de la scierie. Cette règle du jeu nous a permis de trouver un langage commun avec le client », racontent-ils. Le chantier s'est étendu sur dix-huit mois, car il incluait le choix du bois au fur et à mesure de son déroulé, son séchage au soleil, la réalisation des dessins d'exécution puis la fabrication des pièces de charpente, bardeaux, etc. « C'est un projet-laboratoire dont la source permet de donner du sens sans passer par l'explication », précise le duo.

L'édifice comporte des troncs bruts mais aussi des finitions qui relèvent de la marqueterie.

« Tous les états du bois sont présents : des troncs très bruts jusqu'aux finitions des cloisons qui relèvent presque de la marqueterie. Le rustique côtoie le précieux. » En guise de poteaux, des grumes de cyprès criblées de nœuds traversants portent la charpente à chevrons. L'assemblage de la construction s'est fait à sec, par fixations mécaniques d'éléments simples, empilés ou moisés les uns avec les autres. Franck Dibon et Olivier Misischi ont utilisé chaque essence en fonction de sa nature. Ainsi ils sélectionnent le séquoia, sans qualité mécanique mais imputrescible, pour le bardage. Mis en œuvre de manière à éviter les pertes, les panneaux sont simplement juxtaposés avec leurs lar-geurs et leurs teintes disparates. Au nord, Ramdam conserve même les épaisseurs irrégulières et non dégauchies des planches, en raison des nœuds trop importants, si bien que la façade vibre sous la lumière. « Nous avons établi un principe de pose, mais sans avoir aucune idée définie de la forme finale. » Les règles d'urbanisme imposaient aux architectes une toiture à double pente, dont ils ont pris le parti d'accuser les dimensions. « Ce grand toit débordant, un peu archaïque, a servi de point de départ à la conception du bâtiment, comme dans les maisons japonaises. » En dessous, le plan est resté libre et flexible pour faciliter une éventuelle transformation. Regroupés au nord, les espaces servants sont doublés par un grand meuble, tandis que s'étendent au sud trois pièces séparées par des cloisons vitrées acoustiques. Des baies ouvrantes alternent avec des fixes dont les dormants sont dissimulés afin de créer une transparence complète. Cette continuité de la structure entre l'intérieur et l'extérieur se retrouve au niveau du sol comme du toit. Le revêtement interne en contreplaqué de bouleau finlandais constitue la seule concession à l'industrie.

Maîtrise d'ouvrage : SCI La Maison neuve. Maîtrise d'œuvre : Atelier d'architecture Ramdam (mandataire). BET : Artofact (structure), Area (fluides), Isabelle Casalis (économiste). Entreprises : ACB (charpente, bardage, couverture, terrasse), ABMI (menuiseries extérieures et intérieures). Surface : 120 m2 de surface utile. Durée des travaux : dix-huit mois. Montant des travaux : non communiqué.

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