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Le bilan énergétique 2012 à l’aune des objectifs hexagonaux

Elisabeth Salles |  le 30/07/2013  |  Administration ConjonctureEnvironnementInternationalFrance entière

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Influencé par la situation économique, les conditions climatiques, les prix des énergies il témoigne néanmoins du chemin parcouru – ou pas – dans la réalisation des objectifs énergie-climat dont s’est doté l’Hexagone. Publié le 30 juillet par le Service de l’observation et des statistiques du Commissariat général au développement durable, le bilan 2012 montre l’ampleur de la tâche encore à accomplir…

 Posons d’abord le décor : en 2012, la production nationale d’énergie primaire s’est tassée, à un peu plus de 136 millions de tonnes équivalent pétrole, soit une baisse de 1,2 % par rapport au record établi en 2011, une baisse presque entièrement imputable à l’électricité nucléaire. A contrario, les filières renouvelables ont retrouvé des couleurs après une année 2011 très contrastée. La consommation finale, de son côté, a baissé de 0,7 % (en données corrigées des variations climatiques), sous l’effet de l’atonie de l’économie. Le mix de cette consommation est restée stable, à l’exception d’une nette progression, en part relative, des énergies renouvelables thermiques.

L’objectif « énergies renouvelables » atteint à 61 %

Quid, face à ces évolutions, des objectifs énergie-climat du pays ? Le plan d’action national en faveur des énergies renouvelables (PNA) prévu par la directive européenne avait fixé un objectif de consommation finale de 22,9 Mtep en 2012 ; celle-ci a en fait atteint 22,0 Mtep, soit un manque de 0,9 Mtep. La consommation finale d’énergies renouvelables s’est ainsi accrue de 6,2 Mtep entre 2005 et 2012, alors que le rapport prévoyait une augmentation de 7,1 Mtep sur la période. Le déficit de production constaté concerne à la fois les composantes électriques et thermiques. La filière photovoltaïque est la seule en avance par rapport à la trajectoire du PNA, signale le Service.

« Pour 2013 et sur l’ensemble des filières, 2,3 Mtep de consommation supplémentaires seraient nécessaires afin de rejoindre la trajectoire prévue par le PNA, dont près de 0,8 Mtep pour la production d’électricité et 1,4 Mtep pour les ENR thermiques. D’ici 2020, un surplus de consommation de plus de 14 Mtep sera nécessaire pour tenir les engagements pris au niveau européen ».

En 2012, la France a réalisé 61 % des objectifs de 2020 (59 % pour l’électricité renouvelable, 60 % pour le thermique renouvelable et 74 % pour les biocarburants). Le CGDD observe que, si les efforts doivent se poursuivre sur toutes les filières, les enjeux les plus importants portent sur le développement de l’éolien (+ 3,8 Mtep à prévoir d’ici 2020) et de la biomasse solide (+ 5,7 Mtep), notamment le bois-énergie dans les secteurs du résidentiel collectif, du tertiaire et de l’habitat.

Autre objectif contraignant : les émissions de GES

Ici, le calcul n’est pas aussi précis que celui qui est transmis aux instances internationales dans le cadre du protocole de Kyoto mais en se concentrant sur les émissions de CO2 liées à la combustion d’énergie, qui représentent 95 % des émissions totales d’oxyde de carbone, il donne une première idée. Il montre ainsi que ces émissions sont restées stables l’an dernier en données réelles, qu’elles ont diminué de 3,1 % une fois corrigées des variations climatiques. Avec 340 Mt, leur niveau est inférieur de 8,8 % à celui de 1990.

Les émissions annuelles moyennes de GES autres que le CO2 ayant été en moyenne sur la période 2008-2011 inférieures de 20 % à celles de l’année 90, la France, qui s’était engagée à stabiliser ses émissions annuelles totales sur la période 2008-2012 au niveau de celles de 1990, va « manifestement faire nettement mieux que son engagement ». Ne restera plus qu’à s’inscrire désormais dans la trajectoire pour atteindre les objectifs du « paquet » européen, qui visent une réduction de 20 % des GES à l’horizon 2020 (17 % dans la déclinaison française).

Intensité énergétique : peut mieux faire

Sur ce critère de l’intensité énergétique, c’est loi de programme du 13 juillet 2005 qui a fixé la donne en ciblant une réduction de – 2 % par an d’ici à 2015. En  2012, la diminution n’a été que de 0,6 % et la baisse annuelle moyenne depuis 2005 s’établit ainsi à – 1,3 %. La moindre diminution de l’intensité énergétique l’an dernier s’explique sans doute par la stagnation économique. En effet, en période de crise, les usines ne tournent pas à plein régime, ce qui détériore les rendements, souligne le CGDD.

Il est dommage, peut-on pour finir regretter, que la publication de ce bilan n’ait pas fait l’objet d’une présentation officielle : elle aurait permis de rappeler les enjeux qui se posent à la France sur la voie de la transition énergétique.

A lire aussi : Bond des dépenses d’énergie dans les logements en 2012

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