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Le béton immergé sauve une digue
Construite dans la seconde moitié du XIX e siècle, la digue de Gamaritz protège le chenal d’accès au havre. - © © gts

Le béton immergé sauve une digue

Olivier Baumann |  le 06/01/2014  |  Ouvrage d'artBétonTravaux sans tranchéePyrénées-AtlantiquesRhône

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La digue de Gamaritz, à Biarritz, menaçait de s’effondrer du fait de la houle. L’entreprise GTS est chargée de la conforter par du béton immergé. Le site, escarpé et très touristique, pose un défi logistique exceptionnel.

Si les vagues de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) font le bonheur des surfeurs, elles sont moins appréciées des navires qui souhaitent s’ancrer dans le port des Pêcheurs, situé au sud de la station balnéaire, non loin du célèbre rocher de la Vierge. La digue de Gamaritz a été construite dans la seconde moitié du XIXe siècle pour protéger le chenal d’accès à ce havre. Les assauts répétés de la houle ont peu à peu déstructuré le béton cyclopéen (béton de masse dans lequel sont noyées de grosses pierres) de l’ouvrage, le fragilisant dangereusement. Deux cavités constituent les manifestations les plus graves de ces dégradations. La première est le résultat d’un sous-cavage important de l’évent, une ouverture dans le corps de digue conçue dès l’origine pour la décharger de la pression de la houle. La seconde cavité s’est formée au fil du temps, et s’étend sur une vingtaine de mètres sous la digue. Craignant l’effondrement de l’ouvrage, la mairie de Biarritz a entrepris de le conforter, confiant la maîtrise d’œuvre à Ingérop et les travaux à l’entreprise GTS (groupe NGE), spécialisée dans les opérations d’accès difficile et les travaux spéciaux.

1 000 m 3 de béton pour combler les cavités

Techniquement, l’opération se déroule en deux phases principales. La première action consiste à conforter les assises de la digue par coulage d’un béton immergé : « Les cavités sont comblées par 800 à 1 000 m3 de béton », explique Laurent Viguier, chef de secteur Midi-Pyrénées de GTS (voir Focus). La sécurisation définitive de l’ouvrage est ensuite réalisée en ceinturant l’ouvrage d’une banquette réalisée à l’aide d’écailles préfabriquées conçues par GTS. Destinées initialement à retenir la poussée des sols, ces écailles reprennent 15 tonnes de pression. Accolées les unes à côté des autres, elles forment une barrière hermétique pouvant faire office de coffrage. En tout, 47 de ces écailles (1,5 m de largeur et 2 m de hauteur) ont été installées par dix cordistes et simplement butonnées sur le corps de digue. Le béton des risbermes a ensuite pu être coulé. Une fois la prise du béton faite, les écailles participent à la reprise des efforts structurels.

Mais les contraintes techniques sont doublées d’importantes difficultés logistiques. Premièrement, l’entrée de la digue est adossée à un terrain rocheux très escarpé, qui rend impossible l’approvisionnement des matériaux et matériels par voie terrestre. De plus, le site étant très fréquenté par les touristes, la Ville de Biarritz ne souhaitait pas fermer l’accès piétonnier côtier. « Il fallait que nous limitions drastiquement notre présence sur le site », résume Laurent Viguier. Initialement, le cahier des charges prévoyait une solution d’accès par la mer à la digue, avec la mise en place d’une plate-forme maritime posée sur vérins stabilisateurs. En variante, l’entreprise a proposé une solution logistique innovante, « qui générait 15 à 20 % d’économie pour le maître d’ouvrage », assure Laurent Viguier. Soit une solution d’accès terrestre inspirée de la montagne, terrain de jeu d’origine de l’entreprise dont le siège est à Lyon, mais limitant les emprises nécessaires au strict minimum. Elle a pour cela imaginé un circuit de transport des matériaux et matériels qui emprunte la voie des airs, et dont l’organe stratégique est constitué d’un téléphérique de chantier, ou blondin.

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Ville de Biarritz. Maître d’œuvre : Ingérop. Entreprise : GTS (groupe NGE), Romoeuf (sous-traitant travaux immergés). Calendrier du chantier : 9 septembre 2013-5 janvier 2014. Coût des travaux : environ 1,5 million d’euros HT.

Béton immergé - Des cavités bétonnées sous la mer

Le confortement de la digue passe par le bétonnage total ou partiel (pour l’évent, visible ci-dessus) des deux cavités qui fragilisent l’ouvrage. Dès que les conditions de houle le permettent - soit seulement une petite dizaine de jours en moyenne par mois ! - le coulage est réalisé sous l’eau par une équipe de huit plongeurs de la société Romoeuf. Le béton, pompé depuis la rive, est mis en œuvre en plusieurs passes successives d’un mètre de hauteur. Pour éviter sa dispersion dans l’eau, sa formulation intègre un agent de cohésion (Colaxim RT de Sika). Par ailleurs, un système de coffrage perdu original est mis en place au fond de l’eau de part et d’autre de la digue. Il s’agit de buses perforées préfabriquées en béton (voir schéma ci-contre). Posées sur une assise en béton elle-même fondée sur des barres d’ancrage verticales, elles sont lestées par un remplissage de béton. Une fois le coulage terminé, elles participent à la tenue structurelle de l’assise. A chaque phase, les plongeurs réalisent un compte rendu vidéo ou photo pour que l’entreprise et le maître d’œuvre puissent valider les travaux effectués.

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