En direct

« Le Bepos va accélérer l’obsolescence des bâtiments »

 Propos recueillis par Julie Nicolas |  le 27/02/2015  |  SantéEvénementTechniqueEnvironnement

Ingénierie -

Gérant et fondateur du bureau d’ingénierie environnementale AI Environnement, Paul-Etienne Davier regrette le récent recul sur la réglementation thermique dans l’existant. Il détaille, ici, les principales conséquences de cette décision sur la qualité des bâtiments et leur coût d’exploitation.

Quel constat dressez-vous sur la réglementation thermique ?

Nous constatons aujourd’hui deux mouvements contradictoires. D’une part, sous l’égide de la directive européenne 2010/31/UE et du Plan bâtiment durable, on assiste à la mise en place d’un nouveau paradigme de conception à l’horizon 2020. Il nous fait passer de l’approche énergétique à une approche élargie qui prend en compte la qualité de l’air, le bilan carbone, l’ingénierie de projet, etc. Selon la directive, en 2020, tous les bâtiments neufs seront à consommation énergétique quasi nulle. Mais un autre mouvement de fond remet en question la généralisation des bâtiments basse consommation. La récente prolongation de la dérogation RT 2012 pour les logements collectifs de 57,5 kWh/m².an jusqu’au 1er janvier 2018, au lieu de 50 kWh/m².an au 1er janvier 2015 en est la plus récente illustration.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Concrètement, cela signifie qu’un bâtiment tout juste RT 2012 conçu en 2018 et livré en 2020 sera 25 % moins performant qu’un BBC 2005 livré en 2010, si on prend en compte la modification de la Shon RT et des zones climatiques. Comment imaginer que ce bâtiment, conçu en 2018, ne soit pas déjà désuet par rapport à ses contemporains 2020 qui devront être à énergie positive, si on en croit la réglementation ? Au lieu d’introduire dès maintenant, et à coût maîtrisé, les méthodes constructives 2020, nous continuons à jongler avec des modes constructifs en partie dépassés techniquement, et ce, jusqu’au dernier moment. Est-ce sain pour les acteurs économiques de la transition énergétique ?

Quelles solutions préconisez-vous ?

Les études en coût global montrent que les marges de manœuvre de la construction se situent davantage dans le nombre de parkings en infrastructure et sur le prix du foncier. Arrêtons de transiger avec la performance réelle d’exploitation et le confort d’usage des occupants. En 2020, le bâtiment à énergie positive (Bepos) va doper le phénomène d’obsolescence d’origine réglementaire, mais également architecturale, technique, économique et sociologique. Pour ma part, j’estime avoir un devoir de conseil et d’information auprès de mes clients, afin de les sensibiliser et de ne réaliser que des projets allant au-delà des exigences réglementaires actuelles.

PHOTO - 836268.BR.jpg
PHOTO - 836268.BR.jpg

Commentaires

« Le Bepos va accélérer l’obsolescence des bâtiments »

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX