Le bâtiment végétalisé lance la bataille de la certification
Sophie Rousset-Rouvière (à droite) succède à Marc Lacaille (à gauche), comme déléguée générale de l'Adivet, présidée par Christophe Juif (au centre). - © laurent miguet

Le bâtiment végétalisé lance la bataille de la certification

Laurent Miguet |  le 02/07/2019  |  Etanchéité en toitureAdivetImmobilier

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La certification et la formation figurent en tête des objectifs de l’association des toitures et façades végétalisées (Adivet), après son assemblée générale du 27 juin à Paris. Ses membres cherchent la voie qui permettrait de retrouver l’unité des acteurs du marché.

Loin d’avoir déserté l’association des toitures et façades végétalisées (Adivet), les entreprises du paysage ont contribué à son nouvel essor, au cours de l’année écoulée : avec 60 adhérents au lieu de moins de 50 au début 2018, la courbe des adhésions retrouve son sommet de 2013, l’année où l’association avait accueilli le congrès mondial du secteur, à Nantes. « L’augmentation notable provient surtout des poseurs, issus du bâtiment comme du paysage », note le président Christophe Juif.

Transmission de flambeau

Un an après le début de son mandat, ce retour en grâce a conforté les participants à l’assemblée générale du 27 juin, réunie à la Société nationale d’horticulture de France (SNHF), nouveau siège de l’association. Pour souffler sur ce courant porteur, celle-ci s’appuiera sur sa nouvelle déléguée générale : Sophie Rousset-Rouvière, ancienne directrice de la communication de Siplast et successeure de Marc Lacaille, chaleureusement applaudi au moment de la transmission de flambeau, après avoir assumé la fonction pendant huit ans.

Documents de référence

La sécession de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep), en mars 2018, avait ouvert une période de doute. Pour en sortir, l’Adivet a publié dès le mois de mai 2018 la troisième édition des règles professionnelles des toitures végétalisées, après le long bras de fer entre les étancheurs du bâtiment et les entreprises du paysage : le document ignore la capacité de ces dernières à assumer des mandats couvrant l’étanchéité et la végétalisation.
Prise de vitesse, l’Unep n’en continue pas moins à travailler sur son propre fascicule, tandis que l’Adivet annonce pour la fin 2019 la publication des règles professionnelles des façades végétalisées. Consacré à l’agriculture urbaine sur toit terrasse, un autre document de référence a marqué l’année écoulée.

Besoins de formation

La réponse à une demande croissante de formations figure parmi les vecteurs du nouvel élan de l’Adivet, qui a développé des modules étalés sur une demi-journée à trois jours, à destination de deux types de public : les techniciens d’une part, les maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre et assureurs d’autre part.
« Allons-nous vers une formation certifiée ? Si oui, avec quels moyens humains ? » Les questions posées par Alain Février, administrateur délégué à la formation, devraient trouver leur réponse dans les mois à venir. Présents à l’Assemblée générale du 27 juin, les deux organismes habilités à conduire les entreprises vers les qualifications délivrées par Qualipaysage dans le domaine de la végétalisation du bâtiment se tiennent prêts à accompagner le processus.

Les locomotives se qualifient

Derrière ces deux établissements - le Critt horticole de Rochefort-en-Terre et Tecomah (émanation de la Chambre régionale de commerce et d’industrie d’Ile-de-France) - de nombreux établissements du ministère de l’Agriculture accueillent régulièrement des formations. Accompagnées cette année par Tecomah, la qualification VT 810 de Pinson Paysage et de Segex – tous deux membres du top 5 de la profession – illustrent les perspectives de ce marché.

Les écueils du carbone

Autre cheval de bataille de l’Adivet, la labellisation conditionne l’inscription de ses chantiers dans les politiques publiques. Mais elle se heurte à un écueil : point d’entrée dans la future réglementation environnementale 2020, le bilan carbone, mesuré à travers les fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES), se révèle contre performant.
Plusieurs écueils expliquent ce constat : d’un côté, le transport des substrats et les ressources non renouvelables exigées par l’étanchéité pénalisent le bilan ; de l’autre, ce dernier ne prend en compte ni le stockage de carbone occasionné par les plantes, ni les effets de régulation thermiques et hydrauliques des toitures végétalisées.
L’Adivet ne lâche pas l’affaire pour autant : « Renversons la vapeur. Emettons notre propre référentiel, en partant des services rendus p ar nos ouvrages », enjoint son président, déterminé à suivre cette piste en partenariat avec les associations Haute Qualité Environnementale et Conseil international biodiversité immobilier (Cibi). Le lobbying s’exprimera règlementaire se développera sur le terrain fiscal, à l’occasion des projets de loi de finance et Energie climat.

Marché opaque

Ces efforts ramèneront-ils la végétalisation du bâtiment sur le chemin de la croissance ? La question renvoie au manque de sources fiables sur l’évolution d’un marché marqué par la régression des végétalisations extensives (tapis végétaux de faible hauteur) au profit du semi intensif et de l’intensif. A mos couvert, l’Adivet reconnaît une diminution de la part détenue par ses membres dans la végétalisation du bâtiment, face à l’émergence d’une offre diffuse souvent intégrée dans des marchés d’espaces verts.
Cette érosion de la représentativité ravive les cicatrices provoquées par la désunion des acteurs, un sujet sur lequel Christophe Juif ne voit qu’une issue : un projet commun, qui dépasserait les clivages. Le référentiel du bâtiment végétalisé pourrait, selon, lui, sceller la réconciliation.

Commentaires

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Fabrice Darly

02/07/2019 12h:23

Les systèmes de notation sont coûteux pour les bâtiments écologiques. La raison s’explique l’attachement envers les industries œuvrant dans les modèles de construction anciens. Ce qui a empêché certains systèmes d’évaluation d’interdire les matériaux chimiques et polluants.

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