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Le bâtiment, clé de voûte de la neutralité carbone
- © Source : Etude « Paris change d'ère » menée par Elioth avec Quattrolibri, Mana et Egis Conseil

Le bâtiment, clé de voûte de la neutralité carbone

JULIE NICOLAS |  le 18/01/2019  |  ParisEnvironnementCollectivités localesTechniqueDéveloppement durable

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Pour atteindre ses objectifs ambitieux, la Ville de Paris mise, entre autres, sur la maîtrise de l'énergie dans les logements et les bureaux.

 

« Le troisième Plan climat de la Ville de Paris vise un objectif ambitieux : atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050 », rappelle Yann Françoise, responsable de la division climat-énergie et économie circulaire à la mairie. Pour se donner les moyens de relever ce défi, la Ville s'est dotée d'une feuille de route qui s'articule autour de deux dates clés : 2030, d'abord, devra consacrer une baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 50 % ; 2050, ensuite, doit permettre d'enfoncer le clou. Les 20 % restants seraient, quant à eux, compensés par la plantation d'arbres au-delà du territoire parisien. Voilà pour la trajectoire de ce Plan climat qui doit concourir au maintien du réchauffement climatique en deçà de 1,5 °C en 2050, comme le préconise l'accord de Paris.

Pour crédibiliser ses projections, la capitale s'est appuyée sur une étude intitulée « Paris change d'ère », commandée en 2016 au groupement mené par Elioth avec Quattrolibri, Mana et Egis Conseil. Disponible en ligne (1), le document dresse un état des lieux des émissions de gaz à effet de serre à Paris intra-muros et propose plusieurs solutions pour les réduire. Sans surprise, la maîtrise des énergies dans les bâtiments s'y impose comme l'un des pivots de cette transformation. En équivalent CO2 , ils participaient en 2004 à hauteur de 28,2 % (6,3 millions de tonnes de CO2 eq) au bilan total de la ville évalué à 22,3 millions de tonnes de CO2 eq, hors transport aérien. Si la part du bâtiment ne devrait pas radicalement varier dans les trente années à venir, les quantités devraient être drastiquement réduites pour passer à 3,3 millions de tonnes en 2030, puis 1,7 million de tonnes à l'horizon 2050.

Les Parisiens consomment en effet 12 100 GWh d'énergie finale par an dans leurs logements en moyenne, soit 5 400 kWh/ habitant. Une énergie qui sert d'abord au chauffage (53 %) et à la production d'eau chaude sanitaire (16 %). Essentiellement d'origine électrique (57 %) et gazière (21 %) dans les bâtiments tertiaires, les consommations atteignent 15 800 GWh/an pour 1,8 million de salariés et 59 millions de m2 occupés. Et si les hôtels et restaurants utilisent globalement davantage d'énergie que les autres ensembles tertiaires en valeur absolue, ce sont bien les bureaux qui sont les plus gourmands avec 5 000 GWh.

Un parc ancien à rénover. Or, à ce jour, qui dit consommation d'énergie, dit émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, 1 kWh en tertiaire équivaut à 140 g de CO eq, tandis que 1 kWh en logement équivaut à 160 g de CO eq du fait du mix énergétique qui comprend davantage de gaz dans l'habitat. La consommation annuelle d'environ 28 000 GWh correspond donc à 4,2 millions de tonnes de CO eq !

En 2014, Paris comptait plus de 1,4 million de logements, dont 96 % d'appartements et plus de 47 000 copropriétés. L'ensemble représente près de 80 millions de m2 . Sachant que 80 % du parc a été construit avant 1974 (date de la première réglementation thermique), la majorité des logements se trouvent aujourd'hui classés de E à G sur l'échelle du DPE. Un constat qui fait dire à Guillaume Meunier, architecte-ingénieur chez Elioth et coauteur de l'étude que « la massification des rénovations du parc ancien constitue un enjeu central pour réduire les émissions de GES ».

Si les travaux menés par les bailleurs sociaux ont déjà permis de rénover 40 000 logements avec isolation des murs, remplacement des menuiseries et amélioration des systèmes de ventilation, le chemin est encore long et le secteur privé reste très dur à mobiliser. C'est bien simple : pour atteindre le facteur 4 (division par quatre des émissions de gaz à effet de serre) en 2050, le rythme des rénovations en 2032 devra atteindre 5 500 logements par an dans l'habitat social et de 24 000 logements par an dans le privé.

Modification du mix énergétique. En parallèle, la réduction de la part du gaz dans le mix et la suppression totale du fioul et du charbon imposeront de repenser les réseaux de chaleur. Le réseau urbain CPCU poursuivra ainsi son verdissement par l'insertion progressive d'énergies alternatives. Ses grandes artères desserviront des boucles locales qui seront elles-mêmes alimentées par des sources multiples, énergies renouvelables ou de récupération.

L'étude prévoit d'ailleurs l'installation de panneaux photovoltaïques sur 20 % des toits de la capitale afin de produire 1 400 GWh. Smart grids et stockage électrique accompagneront le mouvement pour assurer la robustesse du système d'approvisionnement. Le recours aux énergies fossiles s'en trouverait ainsi diminué « naturellement ». Au point que les auteurs envisagent de les interdire à terme.

(1) http://paris2050.elioth.com

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