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Le barème de location interne (BLI)

le 10/02/2012  |  Politique socialeImmobilierFormation BTP

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Document émis par le service matériels de l’entreprise, le BLI, ou barème de location interne, indique les prix de location à l’heure, à la journée, au mois ou à l’unité des matériels que possède l’entreprise, et précise éventuellement les conditions de location et d’utilisation. Il est remis environ tous les six mois aux conducteurs de travaux et aux chefs de chantier. Comment établir le BLI ?

1 - Les lignes de débours

Dans ce barème, chaque matériel est classé, par familles et puissances, et sera identifié par ses caractéristiques ou son appellation par le constructeur.
Par exemple :
- Semi-benne de 25 t ou Kaiser Karat 3E
- Pelle de 20 t ou Volvo EC210
- Bouteur de 200 ch ou Caterpillar D6
- Grue à tour de 10 t ou Potain MDT 248
Si le parc possède plusieurs semi-bennes ou plusieurs pelles de même type, il serait fastidieux de leur attribuer à chacun un prix de location sur le BLI, cela créerait de plus des préférences au niveau de l’utilisation et des conflits entre chantiers, chacun voulant le meilleur matériel. Il n’y aura donc qu’une seule ligne et un seul tarif pour le semi-benne de 25 t comme pour la pelle de 20 t.

2 - Les composants du prix horaire

Pour calculer un prix, le chef de parc définit le mode d’amortissement qui sera appliqué au matériel.
• L’amortissement
Cette méthode de gestion consiste à réserver sur chaque heure de location d’un matériel une somme qui permet de racheter un matériel identique lorsque celui-ci sera usé et réformé. Elle permet aussi de payer les traites mensuelles en remboursement d’un emprunt auprès d’un organisme de crédit. Ceci implique que le chantier doit impérativement louer le matériel du parc de son entreprise, qui doit régler les traites mensuelles, et non chez des loueurs extérieurs sous prétexte que c’est moins cher. Cette dernière méthode est généralement prohibée dans les entreprises qui gèrent efficacement leur parc.
Le matériel arrivé en fin de vie, il faudra en racheter un, identique ou non, certainement plus perfectionné en raison des progrès techniques, et qui coûtera en principe plus cher. Il faudra donc dès le début calculer une valeur de remplacement qui sera utilisée pour établir le montant de l’amortissement à inclure dans le tarif horaire de location.
• La valeur de remplacement
A cause de la valse des prix des ressources nécessaires à la construction du matériel et des variations du marché mondial, la valeur de remplacement est difficile à prévoir. Mais la formule suivante donne de bons résultats :
Valeur de remplacement = valeur d’achat hors pneus x taux d’amortissement x nombre d’années d’amortissement.
Exemple : avec - une valeur d’achat hors pneus de 42 000 € - une durée de vie du matériel de 5 ans - et un taux d’amortissement de 0,324
La valeur de remplacement est de :
42 000 € x 0,324 x 5 ans = 68 040 €.

C’est ce montant de remplacement qu’on prend en compte pour le calcul de l’amortissement.

3 - Les modes d’amortissement

Il existe plusieurs façons de prendre en compte l’amortissement en fonction du matériel. Ils tendent tous vers le même but : remplacer le matériel usé et assurer la pérennité de l’entreprise.
Ces différents modes sont :
- l’amortissement linéaire ou constant,
- l’amortissement variable,
- l’amortissement dégressif,
- l’amortissement dégressif à taux décroissant,
- l’amortissement croissant,
- les amortissements exceptionnels.

4 - Choisir son mode d’amortissement

Fin 1 re année : 80 % de la valeur de remplacement

68 040€ x 0,80 / 1 200 h = 45,36 €/h

Fin 2 e année : 60 %

68 040€ x 0,60 / 1 200 h = 34,02 €/h

Fin 3 e année : 40 %

68 040€ x 0,40 / 1 200 h = 22,68 €/h

Fin 4 e année : 20 %

68 040€ x0,20 / 1 200 h= 11,34 €/h

Fin 5 e année : 0 %

Amortissement comptable

Année 1

4 090,91 €

Année 2

3 681,82 €

Année 3

3 272,73 €

Année 4

2 863,64 €

Année 5

2 454,55 €

Année 6

2 045,45 €

Année 7

1 636,36 €

Année 8

1 227,27 €

Année 9

818,18 €

Année 10

409,09 €

TOTAL

22 500 €

Année 1

68 040 x 1/55

1 237,09 €

Année 2

68 040 x 2/55

2 474,18 €

Année 3

68 040 x 3/55

3 711,27 €

Année 4

68 040 x 4/55

4 948,36 €

Année 5

68 040 x 5/55

6 185,45 €

Année 6

68 040 x 6/55

7 422,55 €

Année 7

68 040 x 7/55

8 659,64 €

Année 8

68 040 x 8/55

9 896,73 €

Année 9

68 040 x 9/55

11 133,82 €

Année 10

68 040 x 10/55

12 370,91 €

TOTAL

68 040,00 €

• L’amortissement linéaire ou constant
Ce mode d’amortissement répartit de manière égale la dépréciation sur la durée de vie du matériel. Simple mais moins rigoureuse que les autres, cette méthode considère que le coût du matériel reste identique tout au long de sa vie alors que l’entretien et la réparation sont inexistants les deux premières années.
Le taux d’amortissement est obtenu en divisant 100 par le nombre d’années de la durée de vie du matériel.
Exemple : un matériel dont la durée de vie est de 5 ans aura un taux d’amortissement linéaire de 100/5, soit 20 %.
Le tableau ci-dessous indique les coûts d’amortissement ramenés à l’heure qu’il faudra prendre en compte dans le BLI pour un matériel dont : - le prix rendu atelier hors pneus est de 42 000 €,
- la valeur de remplacement de 68 040 €,
- la durée de vie de 5 ans,
- et l’utilisation de 6 000 h sur 5 ans, soit 1 200 h par an.
• L’amortissement variable
Il s’agit de calculer la dépréciation du matériel en fonction de son utilisation, du nombre de kilomètres parcourus par exemple.
Du point de vue légal, les amortissements constatés ne peuvent pas être inférieurs aux amortissements linéaires.
Ce mode de calcul est très utilisé pour le matériel du BTP, avec cependant une incertitude liée aux conditions de travail, qu’il sera dans certains cas difficile de prévoir surtout dans les travaux publics. Ainsi, un bouteur s’use différemment en terrain normal, sablonneux ou rocheux.
Le prix horaire étant calculé plusieurs années à l’avance, cette méthode comporte un certain risque. Une entreprise qui modifiera son tarif horaire de location ne pourra en revanche pas modifier son mode d’amortissement comptable.
L’amortissement du matériel est cette fois calculé de la manière suivante :
68 040 €/6 000 h = 11,34 €/h, pendant toute la durée de vie de ce matériel.
Au bout de cinq ans, si le parc a vendu les 6 000 h aux chantiers, il aura provisionné les 68 040 € pour l’achat d’un nouveau matériel.
• L’amortissement dégressif
Dans cette méthode, la base de calcul n’est plus la valeur d’acquisition mais la valeur résiduelle après amortissements antérieurs : les annuités diminuent progressivement. Cette faculté accordée par l’administration fiscale permet d’amortir plus vite le matériel en début de vie, par application d’un coefficient multiplicateur au taux linéaire.
Il existe toujours une valeur résiduelle. Aussi, on abandonne l’amortissement dégressif pour continuer avec l’amortissement linéaire lorsque le taux dégressif devient inférieur au taux linéaire calculé sur la durée restante.
Le coefficient applicable au taux d’amortissement linéaire est fixé à :
- 1,25 si la durée d’utilisation est de 3 à 4 ans,
- 1,75 si elle est de 5 à 6 ans,
- 2,25 pour une durée supérieure à 6 ans.
• L’amortissement dégressif à taux décroissant
Appelé aussi système Softy (Sum of years digits), appliqué à une valeur résiduelle constante, l’amortissement dégressif à taux décroissant rapporte le numéro d’ordre de l’année n à la somme des numéros d’ordre de l’ensemble des années, selon la formule suivante :
Amortissement année n =
(coût initial - valeur résiduelle) x (durée de vie - année 1) x 2
(durée de vie) x (durée de vie 1)
Exemple :
- coût initial : 30 000 €
- valeur résiduelle : 7 500 €
- durée de vie : 10 ans
Les montants de l’amortissement de la première à la dernière année seront de :


• L’amortissement croissant
Dans cette méthode, l’annuité d’amortissement augmente au fur et à mesure de la vie du matériel.
L’amortissement constaté est inférieur les premières années à l’amortissement linéaire minimum obligatoire. La différence est perdue fiscalement.
Exemple :
Pour une durée d’amortissement de 10 ans et une valeur de remplacement de 68 040 €, la somme du nombre d’années de la durée d’amortissement étant de 55 (1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 = 55), l’amortissement pour ce matériel sera de 1/55 la première année et de 10/55 la dixième et dernière année.

• Les amortissements exceptionnels
Ce mode d’amortissement s’applique à une dépréciation anormale : évolution technique, aléas d’une fabrication, état du marché qui peut rendre inutilisable ou démodé un matériel avant qu’il ne soit usé.

Les égalités fondamentales

A noter l’absence de la rubrique « marge aléas ». En effet, le service matériels est censé louer aux chantiers le matériel à un tarif préférentiel, c’est-à-dire sans bénéfice. Dans la réalité, les aléas seront budgétisés dans les frais généraux du parc pour absorber éventuellement les pannes ou les dégâts hors assurance, et assurer les locations externes en période de pointe qui ne seront pas forcément au tarif du parc.

DÉBOURS MATÉRIEL

FRAIS DE FONCTIONNEMENT
=
COÛTS D’EXPLOITATION

FRAIS GÉNÉRAUX
=
BARÈME DE LOCATION INTERNE (BUDGET PARC)

Cet article est adapté de l’ouvrage d’André Claude, La gestion financière des chantiers de bâtiment et de travaux publics, Editions Le Moniteur, 2011, 318 pages, 80 euros.
www.editionsdumoniteur.com

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