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Lasse des pannes de courant, l'Afrique du Sud se tourne vers le soleil

CHESSA Milena |  le 24/12/2007  |  SantéEnergieTechnique

Plongée de plus en plus souvent dans l'obscurité, en raison de l'insuffisance de ses infrastructures électriques, l'Afrique du Sud se tourne peu à peu vers les énergies alternatives.

Dans ce pays à l'ensoleillement exceptionnel et aux milliers de kilomètres de littoral venté, la compagnie nationale d'électricité Eskom estime cependant que l'énergie solaire et les éoliennes ne peuvent satisfaire qu'une partie de la demande. Mais les défenseurs de l'environnement militent pour les énergies alternatives, plutôt que le nucléaire. "D'un point de vue environnemental, l'utilisation des énergies fossiles et de l'uranium est néfaste", estime Richard Worthington, porte-parole de l'association Earthlife Africa. "Continuer à recourir à l'électricité pour chauffer de l'eau, alors que nos maisons sont sous la chaleur naturelle du soleil, est tout simplement insensé."

Eskom a récemment admis que coupures de courant et délestages continueraient d'handicaper le développement du pays durant les sept années à venir, mais a affirmé qu'elle faisait en sorte d'y remédier. Le directeur de la compagnie nationale, Brian Dames, a déclaré qu'Eskom était prête à recourir aux énergies renouvelables, tout en soulignant qu'elles devraient être relayées par le nucléaire ou le charbon. "Les énergies renouvelables sont chères. Tout le monde le sait. Nous sommes un pays modérément venté, aussi nous allons exploiter le vent car c'est une technologie éprouvée, et aussi le soleil", a-t-il dit.

Eskom envisage d'installer des éoliennes sur la côte Atlantique, mais Brian Dames a souligné qu'elles ne génèreraient que 100 mégawatts et ne fonctionneraient que 26% du temps. "En Afrique du Sud, nous avons besoin d'une énergie disponible toute l'année", a-t-il souligné, en référence au boum de la croissance économique de ces dernières années. Un projet pilote d'énergie solaire dans la province du Northern Cape (Ouest) est aussi dans les tuyaux. "Notre principale motivation est que nous devons baisser nos émissions de CO2", a expliqué le directeur d'Eskom.

Selon Maya Aberman, coordinatrice des campagnes d'Earthlife Africa, une étude récente sur les énergies renouvelables en Afrique du Sud montre que le potentiel est énorme: "Il serait possible de produire entre 13 et 20% des besoins en électricité d'ici à 2020 et environ 70% d'ici à 2050". La première économie du continent produit 88% de son énergie à partir du charbon, chiffre qu'Eskom entend réduire à 70% dans les vingt prochaines années. Le nucléaire étant considéré par certains comme moins polluant que les énergies fossiles, l'Afrique du Sud entend développer ce secteur, en dépit de l'opposition massive des défenseurs de l'environnement.

Eskom doit soumettre l'an prochain à son conseil d'administration un projet de construction d'une deuxième centrale nucléaire, assorti d'études d'impact sur l'environnement et d'enquêtes publiques. La seule centrale existante, située à Koeberg, près du Cap (Sud-Ouest), produit environ 6% de l'électricité du pays. Maya Aberman estime que le développement du nucléaire est une perte de temps et d'argent, qu'il vaudrait mieux consacrer aux énergies renouvelables. "Nous allons gaspiller des milliards pour construire des centrales qui ne seront pas pleinement opérationnelles avant dix ans. Et dans cinquante ans, il n'y aura plus assez d'uranium." Mais Brian Dames souligne que le charbon et le pétrole sont tout autant en voie d'épuisement, et qu'une infime quantité d'uranium est nécessaire pour produire la même quantité d'énergie. Pour lui, "les réserves d'uranium sud-africaines sont sûrement plus que suffisantes pour alimenter une capacité nucléaire importante."
Fran BLANDY
©AFP

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