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Lafarge en Syrie : un diplomate français confirme la tenue d’une rencontre avec les dirigeants du cimentier

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE - Industriels du BTP

Eric Chevallier, ex-ambassadeur de France en Syrie (2009-2014), reconnaît finalement avoir eu un entretien durant l’été 2012 avec des dirigeants du cimentier français. Cependant, le diplomate affirme une nouvelle fois ne pas être intervenu dans le maintien de l’usine Lafarge à Jalabiya.

 

Dans un courrier daté du 15 janvier 2018 et consulté par Libération, Eric Chevallier, ex-ambassadeur de France en Syrie, reconnaît pour la première fois qu’un entretien a « bien eu lieu, à l’été 2012 » avec les dirigeants du cimentier français. Quelques jours plus tôt, le 9 janvier, le diplomate avait été confronté chez les juges à l’ancien directeur général adjoint de Lafarge, Christian Herrault, mis en examen avec cinq autres responsables du groupe.

Pour rappel, Lafarge est suspecté d’avoir versé entre 2011 et 2015 plus de 12 millions d’euros à des groupes armés en Syrie, dont l’Etat islamique (EI), pour continuer à faire tourner son site de production de Jalabiya alors que la guerre civile a éclaté.

Devant les magistrats, l’ancien dirigeant de Lafarge avait confirmé la tenue de plusieurs rencontres avec Eric Chevallier qui aurait prononcé cette phrase : « vous devriez rester, les troubles ne vont pas durer ». Mais ce dernier avait rétorqué ne « pas avoir de souvenir de ces rencontres ». 

Dans sa lettre, l’ambassadeur a écrit cette phrase ambiguë. « Je pensais que les responsables de Lafarge qui évoquaient l’existence d’entretiens se trompaient d’autant plus que les propos qui m’étaient attribués ne correspondaient en rien à ce que j’aurais pu dire ». Selon le quotidien de gauche, Eric Chevallier raconte avoir contacté une « jeune femme du bureau du Moyen-Orient » au Quai d’Orsay qui « m’a indiqué que personne au ministère ne lui avait jusqu’à ce jour posé la question, mais qu’effectivement elle avait le souvenir de cette réunion ». Et le diplomate de confirmer une nouvelle fois ne pas être intervenu dans le maintien de l’usine Lafarge en Syrie.

Contacté par l’AFP ce mercredi, le Quai d’Orsai ne dément pas ces allégations. « Nous communiquons à la justice les informations ou les documents qu’elle nous demande », a déclaré une porte-parole. Et d’ajouter : « Ni le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, ni aucun de ses agents ne sont mis en cause par la procédure judiciaire en cours ».

Les juges d’instruction ont récemment concentré leurs investigations sur ce que savait la diplomatie française et cherchent à établir si elle a pu pousser le cimenter à se maintenir en Syrie, comme l’affirment plusieurs de ses dirigeants de l’époque.

L’association Sherpa, partie civile dans ce dossier, a demandé l’audition de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2016.

 

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