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Lafarge Bétons - © © Bertrand Lechat - Le Moniteur

Lafarge accusé par "Le Monde" d'avoir participé au financement de l'Etat islamique en Syrie

le 21/06/2016  |  International

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Dans une enquête publiée le 21 juin, Le Monde raconte dans le détail des arrangements financiers présumés passés entre les représentants du groupe cimentier Lafarge (aujourd'hui LafargeHolcim) en Syrie et l'Etat islamique, entre 2013 et 2014.

L'histoire était déjà connue depuis plusieurs années : dans une enquête publiée le 21 juin, Le Monde décrit dans le détail l'implication présumée du groupe industriel français Lafarge dans le financement de l'Etat islamique (EI) entre le printemps 2013 et l'été 2014. Les arrangements présumés concernent la cimenterie du groupe à Jalabiya, en Syrie, rachetée par Lafarge à Orascom en 2007, totalement rénovée et relancée en 2010. A cette époque, les investissements du groupe Lafarge en Syrie s'élevaient à 600 millions d'euros.

Le Monde raconte qu'"à partir du printemps 2013, l’EI prend progressivement le contrôle des villes et des routes environnant l’usine de Lafarge". "Des courriels envoyés par la direction de Lafarge en Syrie (...) et que Le Monde a pu consulter révèlent les arrangements de Lafarge avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production jusqu’au 19 septembre 2014, date à laquelle l’EI s’empare du site et Lafarge annonce l’arrêt de toute activité", assure le journal. Taxes de passage versées à l'EI pour faire circuler camions et employés de et vers la cimenterie, approvisionnement en carburant auprès de l'EI, approvisionnement en pouzzolane (composant du ciment) auprès d'entrepreneurs "taxés" par l'EI... la liste des "arrangements" présumés entre les représentants de Lafarge sur place et l'organisation terroriste dressée par Le Monde est longue.

Tous les cimentiers n'ont pourtant pas déserté la Syrie. Selon son rapport annuel 2015, le géant Italcementi y est toujours présent par le biais de sa participation minoritaire dans Al Badia Cement JSC, une entreprise locale contrôlée par le groupe saoudien Al Muhaidib. La cimenterie, toujours en activité, est située près de Dmeir, à 80 km de Damas, dans une zone contrôlée par le régime syrien.

Un rapport parlementaire consacré à l'organisation Etat islamique et ses moyens, publié le mercredi 20 juillet, estime que "rien ne permet d'établir" que le cimentier français Lafarge a participé, "directement ou indirectement au financement" du groupe jihadiste en Syrie. "Les éléments auxquels la mission a pu avoir accès ne confirment en rien ces accusations. Rien ne permet d'établir que le groupe, ou ses entités locales, ont participé directement ou indirectement, ni même de façon passive, au financement de Daech", note le rapport. "Le fait d'essayer de préserver le site malgré les risques a pu apparaître ambigu et générer des soupçons. Des comportements individuels les ont aussi alimentés", reconnaissent néanmoins les parlementaires.

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