En direct

Laboratoires urbains et sociaux
Le clos de la cité-jardin de Champigny-sur-Marne, pour l’OPHBM de la Seine, par Arthur-Pierre Teisseire (de 1928 à 1936) et Paul Pelletier (de 1948 à 1949). - © SOPHIE BRANDSTROM / MUS

Laboratoires urbains et sociaux

Raphaëlle Saint-Pierre |  le 21/12/2018  |  CultureJardinsIle-de-FranceExposition

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Architecture
Culture
Jardins
Ile-de-France
Exposition
Valider

Cités-jardins -

Une exposition et un livre retracent l'histoire de ce type d'habitat en Ile-de-France dans l'entre-deux-guerres.

 

« Nous avons voulu mettre l'humain en avant en donnant la parole aux habitants d'hier et d'aujourd'hui », explique Marie-Pierre Deguillaume, directrice du musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes (Hauts-de-Seine) et commissaire de l'exposition « Les cités-jardins d'Ile-de-France, une certaine idée du bonheur » (1). Au-delà des mots, ce sont aussi des images qui dévoilent la vie de ces familles au cours des années 1920 et 1930, notamment dans les équipements collectifs : bains-douches, crèche, dispensaire ou maison commune, à la fois salle des fêtes et lieu d'éducation. Si les ouvriers et les artisans représentent un peu plus de la moitié des habitants des cités-jardins, des employés du privé, de la fonction publique, etc. , y vivent aussi.

Vie saine et communautaire. Tout commence en Angleterre, avec les ouvrages d'Ebenezer Howard, « Tomorrow : a peaceful path to real reform », en 1898, puis « Garden Cities of Tomorrow », en 1902, qui imaginent une configuration urbaine permettant de profiter des avantages de la ville et de la campagne. Après avoir étudié les réalisations de l'autre côté de la Manche, Georges-Benoît Lévy fonde en 1904 l'association des cités-jardins de France, axée sur une vie saine et communautaire. Le modèle anglais, transposé dans l'Hexagone, n'est plus isolé en pleine nature mais intégré à l'urbanisme. Dès 1911 apparaissent des initiatives privées, comme celle de la cité coopérative Paris-Jardins à Draveil (Essonne), et publiques avec un concours qui donne naissance à La Campagne à Paris dans le XXe arrondissement et à la cité-jardin Blumenthal d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).

Alors que la France subit une crise du logement avec l'afflux de population dû à l'exode rural, les pouvoirs publics prennent une série de lois encourageant la construction de logements sociaux. En 1915, Henri Sellier, alors maire de Suresnes, crée l'Office public des habitations à bon marché (OPHBM) du département de la Seine, principal promoteur de la construction de cités-jardins. « Pour la composition, on s'est inspiré des principes des

garden cities anglaises en les interprétant selon les belles formules de la tradition française, assurant ainsi le pittoresque et la diversité dans les lotissements sans nuire aux grandes lignes nécessaires à une circulation facile », déclarait-il dans la revue « La Vie urbaine » en 1920. Simultanément au concours pour le Grand Paris, la loi Cornudet de 1919 sur l'embellissement des villes est soutenue par la volonté de contrecarrer le développement d'un tissu urbain anarchique.

Si les premières réalisations sont généralement des logements individuels aux accents régionalistes, des petits collectifs apparaissent, teintés de modernité jusque dans leurs modes de construction. L'exposition met en avant ce qui caractérise la cité dans l'imaginaire collectif : plan d'ensemble (le portique, le clos, la venelle) et détails (polychromies de céramiques et de briques, mosaïques, clôtures de ciment). Un travail de recensement a permis de répertorier ainsi 70 cités, visitables grâce à une carte interactive. L'ouvrage qui accompagne l'exposition offre une riche source d'inspiration pour les architectes actuels, désireux de prolonger les leçons des cités-jardins : structurer les espaces communs par la végétation, varier les circulations, favoriser les liens entre voisins, etc. Fondée en 2015, l'Association régionale des cités-jardins d'Ile-de-France se consacre à leur valorisation. Le nouveau label « Patrimoine d'intérêt régional » a ainsi été attribué en juillet 2018 aux cités de Suresnes, Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) et Stains (Seine-Saint-Denis). L'exposition et le livre abordent aussi les enjeux délicats de la réhabilitation. Par exemple, la Butte-Rouge à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), dont la restructuration programmée par le maire comprend des démolitions qui font polémique…

https://webmuseo. com /ws/musee-suresnes

PHOTO - 16146_970926_k3_k1_2254414.jpg
La Butte-Rouge à Châtenay-Malabry, par Joseph Bassompierre, Paul de Rutté (de 1931 à 1939) et Paul Sirvin (de 1945 à 1965). - © JEAN BOIDOT / MUS
PHOTO - 16146_970926_k4_k1_2254416.jpg
Sous l’impulsion d’Henri Sellier, la construction de la cité-jardin de Suresnes débute en 1921, avec l’architecte Alexandre Maistrasse. - © MUS

(1) « Les cités-jardins d'Ile- de-France, une certaine idée du bonheur », au musée d' histoire urbaine et sociale de Suresnes, jusqu'au 2 juin 2019. Le catalogue est publié aux éditions Lieux-Dits, 29 euros.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Urbanisme de dalle

Urbanisme de dalle

Date de parution : 03/2019

Voir

Dictionnaire du droit de l’urbanisme

Dictionnaire du droit de l’urbanisme

Date de parution : 02/2019

Voir

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Date de parution : 12/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur