Le Conseil de Paris donne son Feu vert à la ZAC Bercy-Charenton

A cinq voix près, le sud-est de la capitale va être redessiné sur 80 hectares, dont 18 aménageables. Six tours pousseront dans ce quartier qui accueillera 9000 habitants.

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Le Conseil de Paris donne son Feu vert à la ZAC Bercy-Charenton
Approuvé de justesse par le Conseil de Paris, le projet de la ZAC Bercy-Charenton accueillera 9 000 nouveaux habitants à l’horizon 2030.

Les débats ont été virils mais le projet est finalement passé à cinq voix près. Le Conseil de Paris a approuvé, ce lundi 2 juillet en début de soirée, le controversé projet d'aménagement de la ZAC Bercy-Charenton (XIIe), l'une des dernières grandes emprises foncières de la capitale, avec six tours dont un gratte-ciel.

Ce "projet d'aménagement ambitieux" qui crée un nouveau "morceau de ville" dans le sud-est de la capitale, selon la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, a été approuvé par un vote très serré à bulletins secrets, à l'issue d'un débat qui a nettement divisé le conseil, mais aussi la majorité parisienne, en raison de l'opposition des écologistes.

« Amélioration du cadre de vie »

Sur Twitter, Anne Hidalgo s'est félicitée du vote, "nouvelle preuve de notre capacité à innover pour l'attractivité de Paris et l'amélioration du cadre de vie des Parisiens".

Cette zone d'aménagement concertée s'étale sur 80 hectares, dont 18 aménageables, aujourd'hui coincés entre périphérique et échangeur de l'A4, parsemés des voies ferrées de la gare de Lyon et de Bercy. Il se prolonge de l'autre côté du périphérique, à Charenton-le-Pont, un projet porté par Urban Era (Bouygues Immobilier).

57% de logements sociaux

Signée par l'agence de l'architecte britannique Richard Rogers –concepteur, avec Renzo Piano, du Centre Pompidou-, elle devrait accueillir, à l'horizon 2030, quelque 9000 nouveaux habitants avec 57% de logements sociaux, des équipements publics, des bureaux, des commerces, des hôtels et 13 000 emplois, un jardin de deux hectares… Et, en tête de pont, six tours "écologiques" dont un gratte-ciel de 180 mètres de haut.

La maire de Paris a défendu un projet "d'urbanisme délicat qui prend soin des habitants et prend en compte la mixité des fonctions de la ville".

« Places du Grand Paris »

Pour Jean-Louis Missika, adjoint à l'urbanisme, ce "très grand projet" s'inscrit dans ceux en cours de Paris Rive Gauche et ses futures tours Duo de Jean Nouvel, ou la tour Triangle (XVe arrondissement).

"Nous devons transformer les portes de Paris en places du Grand Paris", a-t-il noté en insistant sur l'aspect métropolitain du projet qui entend désenclaver le quartier et améliorer le passage avec la ville de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) voisine, en "réparant la blessure" du périphérique.

Le long débat qui a précédé le vote a été l'occasion pour l'opposition municipale de droite et du centre, mais aussi pour les alliés écologistes, de dénoncer la "surdensification et la bétonisation", engendrées selon eux par le projet.

"Qui oserait prétendre qu'il rêve d'un avenir radieux dans une des six tours, coincé entre les voies ferrées, le périphérique et un nœud autoroutier saturé", a lancé Florence Berthout, présidente du groupe LR.

Macronistes et communistes au soutien

Pierre-Yves Bournazel, député Agir, a demandé en vain une "votation citoyenne" pour "donner la parole aux Parisiens". Pour l'UDI-MoDem, Eric Azière a pointé "un projet sans vision, sans respiration. Vous vous préparez à construire un quartier enclavé géographiquement et socialement", a-t-il lancé à la maire.

Les écologistes, traditionnellement opposés aux tours à Paris et qui ont lancé une opération de pétition pour demander un référendum, ont dénoncé une "vision d'un autre temps", selon Yves Contassot, quand David Belliard, président du groupe, estimait que les tours ne "respectaient pas le plan climat de la Ville". En dénonçant une "mini-Défense", l'élue La France Insoumise Danielle Simonnet a ironisé sur une ZAC qui doit "devenir une ZAD", zone à défendre.

Les Macronistes ex-LR ou ex-PS ont voté pour, en proposant quelques aménagements, faisant ainsi la différence, ont-ils souligné. Le groupe communiste a également voté pour, insistant sur la création de logements sociaux. Tous les élus en revanche ont noté l'absence de transports, l'exécutif en appelant à Valérie Pécresse, patronne des transports franciliens et présidente LR de la région, pour demander une gare du RER D, des bus ou un tramway.

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