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La voiture perd sa priorité
PHOTO - SMCL DEPLAC DOUX.eps - © PHOTOPQR/LE MAINE LIBRE/HERVÉ PETITBON

La voiture perd sa priorité

le 08/11/2007  |  TransportsCollectivités localesBas-RhinCharenteHaute-Savoie

La sacro-sainte bagnole, dont on ne pouvait brider l’usage parce qu’elle est symbole de liberté individuelle, doit céder la place aux transports en commun.

On en parlait depuis longtemps, nous y voilà. La sacro-sainte bagnole, dont on ne pouvait brider l’usage parce qu’elle est symbole de liberté individuelle, a perdu sa priorité au profit des transports en commun et autres circulations « douces » ou « alternatives ». Le virage est rude pour l’automobiliste, qui doit partager sa voirie avec tramway et vélos. Au Mans, où le tramway sera mis en service le 17 novembre, son itinéraire « remet la voiture à sa place »… congrue ! Les pénétrantes ont été reprofilées et, place de la République, le rond-point qui distribuait la circulation automobile a été supprimé.

Là où le tramway n’est pas rentable, un nouveau type de bus a fait son apparition : son châssis surbaissé rapproche son profil de celui du tramway et il se range, avec la même précision que lui, dans des stations très sophistiquées.

Symbole de cette révolution, ce bus new look, propulsé au gaz naturel, emprunte, conquérant, le pont Aristide-Briand de Nantes sur son arête centrale (voir document de couverture).

Sur les côtés de l’ancienne radiale devenue boulevard urbain, les pistes réservées aux cycles et aux piétons réduisent la circulation automobile à un étroit couloir. Le transport en commun en site propre, trois fois moins coûteux que le tramway, selon les estimations des autorités nantaises, est plus adapté à la desserte des zones les moins denses des agglomérations. Le busway, surélevé de 14 cm et protégé sur la majeure partie du trajet peut être chevauché à certains endroits balisés par un marquage en résine. L’aménagement de la ligne a déclenché la requalification des secteurs traversés. La perspective de fréquentation de la ligne atteint 25 000 passagers/jour à terme. Le Plan de déplacements de l’agglomération nantaise (PDU) prévoit six axes de transport en commun en site propre, dont les lignes existantes de tramway.

Les déplacements alternatifs, une nouvelle voie, de nouveaux chemins

Parallèlement, dans les villes, le volume des déplacements de proximité (moins de deux km) ne cesse de croître, d’où un éventail de solutions alternatives développées par les collectivités, des associations, des groupements… Cette « mobilité durable » allie des modes « doux » : vélos, pedibus, et d’autres « citoyens » : autopartage, covoiturage, PDE…

Ils sont complémentaires des modes de transport en commun, soit parce qu’ils s’y connectent, soit parce qu’ils sont suffisants, par exemple pour de courts déplacements ou de façon ponctuelle. Les 22e journées Agir (1), à Angoulême fin septembre, ont dressé un panorama des initiatives expérimentées.

Outre le succès emblématique des Velib parisiens, proclamés « transports en commun individuels » (2), d’autres collectivités privilégient les déplacements en vélo, comme Lyon, Grenoble ou la communauté d’agglomération du Grand Toulouse qui promeut l’usage du vélo et l’intègre au réseau Tisseo. Second axe, les ramassages scolaires pédestres. L’objectif consiste en des « lignes » domicile-école. La communauté d’agglomération du Choletais a lancé cette action en 2005 avec aujourd’hui près de la moitié des écoles engagées dans la démarche.

Environ 300 enfants utilisent le réseau pédestre. Une goutte d’eau qui permet de développer une dimension pédagogique. Moyens alternatifs, le covoiturage et l’autopartage progressent plus timidement malgré quelques expériences associatives : « Caisse commune », qui compte 1 500 abonnés parisiens, Strasbourg avec une initiative similaire. Les plans de déplacements entreprises participent aux expériences de mobilité durable. C’est le cas, par exemple, à Annecy où la communauté d’agglomération aide les entreprises à créer des PDE et propose une offre tarifaire incitative sur le réseau de transport en commun destinée aux salariés.

Complémentaires, les modes de déplacements alternatifs existants ont tendance à renforcer la part des transports en commun s’ils s’associent à l’organisation de transport mise en œuvre. Pour ce faire, l’offre publique de déplacements doit déployer un transfert modal : transports collectifs, marche, vélo, réduisant l’empreinte de la voiture en ville. Il reste du chemin à parcourir : l’automobile compte pour 62 % dans la consommation énergétique consacrée aux déplacements !

(1) L’association Agir rassemble les autorités organisatrices (villes, communautés d’agglomération, communautés de communes et départements) et des entreprises de transports urbains et interurbains. (2) « Le Moniteur » du 16 mars 2007, p. 16..

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