La ville, une planche de salut pour les pollinisateurs
Pour défendre les insectes pollinisateurs, l'association Arthropologia mise sur la recherche scientifique et la mobilisation des citoyens et des professionnels. - © Anthropologia

La ville, une planche de salut pour les pollinisateurs

le 30/09/2019  |  lyonBiodiversitéAuvergne-Rhône-Alpes

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250 défenseurs des insectes pollinisateurs ont participé aux secondes assises nationales dédiées à leur cause, du 25 au 27 septembre à Lyon. Ils n’ont pas échappé à cette question centrale : comment débloquer le verrou agricole qui plombe la survie des abeilles ? « Commençons par les villes », répond Hugues Mouret, directeur scientifique de l’association Arthropologia, initiatrice des assises.

Sans attendre la restauration des 2 millions de km de haies qui ont longtemps constitué l’armature bocagère de la France, les défenseurs des insectes pollinisateurs s’appuient sur trois familles professionnelles, plus réceptives à leur cause que l’agriculture : les gestionnaires d’espaces verts urbains, d’espaces naturels et de dépendances d’infrastructures linéaires de transport.

Pragmatisme urbain

L’espoir suscité par ces trois familles contraste avec l’affluence aux ateliers qui ont rythmé les secondes assises nationales des insectes pollinisateurs, du 25 au 27 septembre à Lyon : « L’atelier agricole s’est révélé le plus médiatique », constate Hugues Mouret, directeur scientifique d’Arthropologia, initiatrice de la rencontre.
« Certes, le plus gros levier se trouve dans la fin du tout pesticide. Mais n’attendons pas les agriculteurs pour commencer à changer nos pratiques », poursuit le porte-parole de l’association qui milite depuis 18 ans pour la cause des pollinisateurs.
Le déroulé des assises a reflété ce pragmatisme : après une demi-journée de conférences scientifiques destinées à mettre à jour les connaissances des participants, quatre demi-journées de « parcours milieux » ont affiné l’examen des freins et leviers propres à chacune des quatre catégories d’espaces identifiées par Arthropologia.

Effet décalé

Alors que la fonte des populations d’insectes s’accélère, la réversibilité de la courbe reste à démontrer : « Nous ne disposons pas encore d’études d’impact sur la fin des produits phytosanitaires dans l’espace public, y compris à Lyon qui met en œuvre cette politique depuis 15 ans », note Hugues Mouret. L’espoir d’un effet décalé dans le temps justifie néanmoins la détermination à s’appuyer sur les leviers les plus réceptifs.
Parallèlement à l’éveil des consciences du grand public et des professionnels, l’association poursuit les recherches engagées en 2005, date du démarrage de sa coopération avec l’établissement d’Avignon de l’Institut national de recherches agronomiques (Inra). Principal acquis de ce partenariat, le programme de recherches européen Urbanbees s’est déroulé de 2010 à 2014. « Mais le groupe de recherches Pollinéco continue son travail », souligne Hugues Mouret.

Priorité aux arbustes !

La diffusion de prescriptions aux professionnels du paysage et de l’agriculture figure parmi les priorités des mois à venir. Arthropologia profitera de deux événements majeurs pour les filières concernées : le salon Paysalia, du 3 au 5 décembre prochain à Lyon, et le salon de l’Agriculture, du 23 février au 3 mars prochain à Paris.
Aux professionnels des espaces verts en milieu urbain, l’association adresse un mot d’ordre bref : « Plantez des arbustes locaux » ! Pour cumuler les bénéfices climatiques et écosystémiques de la végétalisation urbaine, la montée en puissance des labels Végétal local et Vraies messicoles offre un levier appréciable : de nombreux producteurs de végétaux se sont engagés dans l’exploitation de ces marques, propriétés de l’Agence française pour la biodiversité.

Sus au monospécifique exotique

Cette opportunité s’ajoute à deux constats : le déficit de végétaux urbains de la strate arbustive, par comparaison aux arbres et aux herbacées ; la persistance de haies de plantes exotiques, mal intégrées aux écosystèmes. A l’inverse, les branchages inextricables des arbustes indigènes ne demandent qu’à offrir leur protection mécanique et leur nourriture à l’avifaune et aux insectes.
Hugues Mouret résume son espoir : « Le remplacement des haies exotiques et monospécifiques par des aubépines, des sureaux ou toute autre espèce, parmi la trentaine d’arbustes locaux, peut produire des effets considérables et mobiliser des milieux très variés, chez les particuliers, les entreprises et les collectivités ». Vive l’arbuste urbain !

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