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La ville en point de mire
Le bâtiment dédié au football partage le site en deux. Au-dessus du socle, qui abrite les vestiaires et supporte la tribune, les bureaux sont enveloppés d’une double peau en bois. - © PHOTOS : SERGIO GRAZIA

La ville en point de mire

MARGOT GUISLAIN |  le 14/12/2018  |  Hauts-de-SeineSport

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Equipement sportif -

A Boulogne-Billancourt, un complexe foot-rugby-tennis, restructuré en une grande pièce urbaine, révèle le paysage environnant.

 

L'entrée est discrète, à mi-chemin d'une étroite allée en terre battue, bordée de haies touffues. Passé le portail, la vue s'ouvre subitement et découvre l'immense pelouse du terrain de football du vaste complexe sportif Le Gallo à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Une véritable pièce urbaine de près de 3,5 hectares de terrains de sports et d'aménagements paysagers, structurée par trois bâtiments, chacun dédié à une discipline : football, rugby ou tennis. « Le centre accueillant des clubs professionnels, les sportifs voulaient se sentir chez eux, et non pas mélanger les pratiques. Nous avons donc travaillé à la création de trois zones matériellement infranchissables, tout en établissant des relations visuelles entre elles », explique l'architecte Bruno Mader.

Spectacle d'un paysage urbain dense. Au centre de la composition, l'édifice dédié au football divise le site en deux parties. Evoquant le rationalisme des années 1930, il est composé de deux volumes horizontaux superposés, ménageant entre eux un vide interstitiel qui laisse filer les vues d'un bout à l'autre du site. Abritant les vestiaires, le socle en béton est taillé en gradins, apparaissant de loin comme un escalier monumental. En partie haute de la tribune, une plate-forme à l'air libre surplombe le stade de rugby. De l'autre côté, elle offre le spectacle d'un paysage urbain dense où se lit l'histoire de Boulogne-Billancourt, depuis les bâtiments Art déco jusqu'au nouveau quartier du Trapèze, construit sur les friches industrielles des usines Renault. Au-dessus, flotte le volume des bureaux formant pour le public un épais auvent.

Comme les autres bâtiments, il est revêtu d'une double peau en lames de peuplier rétifié qui compose un claustra et efface la vocation tertiaire des locaux. « En général, je n'utilise pas le bois en milieu urbain, mais il s'agissait ici de nouer un lien avec la Seine et le paysage boisé du parc de Saint-Cloud visible à l'arrière- plan » souligne l'architecte. Tel un ouvrage d'art, le volume franchit 44 mètres de vide, porté par des voiles en béton disposés de part et d'autre.

Horizon boisé. Longeant les quais de Seine et protégé de la circulation par un alignement d'arbres à haute tige, le bâtiment dévolu au rugby s'offre comme un pavillon de parc délicatement surélevé selon le plan de prévention du risque inondation (PPRI). Au rez-de-chaussée, sont ménagées des transparences visuelles vers le fleuve grâce à de grandes parois vitrées, tandis qu'au premier étage, la terrasse du restaurant ouvre sur l'horizon boisé. Se retournant en équerre, le troisième édifice, qui abrite les courts de tennis, se présente comme une grande halle dont l'espace est rythmé par une structure en portiques de 40 mètres de portée. Celle-ci se compose de poteaux et de sheds vitrés formant des poutres, amenées sur le chantier en pièces détachées. Arrivée en deux morceaux, les sheds ont été assemblés au sol puis levés par des grues pour être fixés sur les poteaux, avec autant de précision que les lancers de balle des sportifs de haut niveau.

Maître d'ouvrage : Ville de Boulogne-Billancourt.
Maîtrise d'œuvre : Bruno Mader, architecte (mandataire). BET : Batiserf (structure), Louis Choulet (fluides), Michel Forgue (économiste), HYL (paysagiste), Speeg & Michel (concepteur lumière), PMC Etudes (équipements sportifs), Jean-Paul Lamoureux (acousticien), Arwytec (cuisine), CL Infra (VRD), Archambault (hydrogéologie).

Entreprise générale : CBC Groupe Vinci Construction.
Surface : 10 480 m2 SP (bâtiments) ; 34 847 m2 (terrains de sport et aménagements paysagers).
Montant des travaux : 27,3 M€ HT.

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Plan-masse. Chaque discipline dispose de son édifice - © BRUNO MADER ARCHITECTE
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Depuis la tribune, le panorama révèle différentes strates de l’histoire de Boulogne-Billancourt. - © PHOTOS : SERGIO GRAZIA
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La halle dédiée au tennis est dotée d’une structure en portique de 40 m de portée. - © PHOTOS : SERGIO GRAZIA

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