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La ventilation, cette inconnue du bâtiment
Le bâtiment Max Weber de l'université de Nanterre est équipé d'une ventilation naturelle assistée. - © © Pascal Gontier/Architecte

La ventilation, cette inconnue du bâtiment

J. N. |  le 06/10/2016  |  EnvironnementSantéParisTechnique

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Mal connue, voire totalement ignorée des occupants, la ventilation reste le parent pauvre du bâtiment. Elle est pourtant essentielle pour assurer un air intérieur de qualité et joue un rôle important sur la santé et le confort des occupants. Une journée de conférences était organisée le 6 octobre à Paris pour faire le point sur ce parent pauvre du bâtiment.

« Le coût social de la mauvaise qualité de l’air intérieur est estimé en France à 50 milliards d’euros par an », rappelle Eric Gaucher, acousticien, dirigeant d’Acoustique et Conseils et président du GIAc au sein de la fédération Cinov, lors de la conférence intitulée « Qualité de l’air intérieur et ventilation des bâtiments économes en énergie » organisée le 6 octobre à Paris par Le Moniteur. « Dans le même ordre d’idée, le coût social du bruit représente chaque année 57 milliards d’euros, soit des coûts comparables aux dépenses engagées pour régler les problèmes de santé liés au tabagisme », poursuit-il. Ces sommes représentent à chaque fois 3% du PIB. Ventiler correctement les logements et les bureaux afin d’assurer une qualité d’air intérieur optimale représente donc à la fois un enjeu de santé publique, mais aussi des points de compétitivité pour le pays.

Or, la ventilation reste très peu connue des occupants des logements, a rappelé lors de cette même conférence le sociologue Christophe Beslay : « Dans les bâtiments éco-performants, les occupants n’ont tout simplement pas conscience de la ventilation. Ils la confondent avec la climatisation et ne comprennent pas ces systèmes, ni leurs performances, si ce n’est quand ils sont mal installés, mal dimensionnés ou mal gérés. » En effet, les courants d’air, les bruits ou les mauvaises odeurs sont en revanche bien identifiés par les occupants des bâtiments. Et dans ce cas, ils sont toujours actifs rappelle le sociologue. Ils vont boucher les grilles, les retourner ou tout simplement arrêter la ventilation et dégrader la qualité de l’air.

Réduire les consommations d’énergie liée à la ventilation

Autre critique souvent adressée à la ventilation en particulier à la double-flux : elle consomme trop d’énergie. « Beaucoup trop », selon l’architecte Pascal Gontier, qui constate que les dépenses liées à la double-flux sur certains bâtiments peuvent même être supérieures à celles engagées pour le chauffage. L’architecte cherche donc à limiter les consommations d’énergie liée au renouvellement d’air en misant sur la ventilation naturelle assistée. En l’occurrence, il a livré en juillet dernier le bâtiment de recherche « Max Weber » pour le campus de l’université de Nanterre (Hauts-de-Seine). L’édifice est surplombé de nombreuses cheminées en toiture. Hautes de 3,80 m, elles assurent la ventilation par tirage thermique. Leur sommet est équipé d’extracteurs d’air afin d’assurer le renouvellement même lorsque le tirage thermique ne peut s’effectuer parce que les températures de l’air intérieur et extérieur sont trop proches. Les entrées d’air, installées au-dessus des fenêtres du bâtiment, ont été dimensionnées en fonction de la ventilation naturelle. Le bâtiment est relié à des anémomètres afin de réaliser un pilotage fin de la ventilation naturelle en fonction des  conditions extérieures notamment.

Si ce système de ventilation naturelle assistée est séduisant, en particulier au regard des économies d’énergie et des problèmes de bruit, Eric Gaucher a tenu à rappeler que les sons liés aux systèmes de ventilation sont souvent utiles. « Il s’agit de bruits stables dans le temps et qui émettent sur une large bande, c’est-à-dire aussi bien sur les sons graves que sur les aigus. A ce titre, ils servent de bruits de fonds et peuvent couvrir des bruits plus désagréables, comme une conversation dans un open-space par exemple. »

Chaque bâtiment devrait désormais fonctionner comme un système global, où qualité de l’air intérieur, acoustique et économies d’énergie sont pris en compte. Il est nécessaire de trouver l’équilibre entre ces différentes exigences pour obtenir un bâtiment performant sur tous les plans. Ces problématiques n’ont donc pas fini d’être au cœur des préoccupations des acteurs du bâtiment.

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