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La valorisation des déchets entre dans une logique industrielle

le 25/06/1999  |  RéglementationDroit de l'environnementParis

Malgré la baisse mondiale des cours des matières premières, le recyclage et la valorisation des déchets ménagers et banals s'inscrivent dans un processus devenu irréversible.

Les Français attendent beaucoup de la valorisation des déchets ménagers, le ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement en tête. Aux premiers, il est demandé de trier leurs déchets et de contribuer à l'effort sous forme de taxe ou de redevance, et de plus en plus en tant que consommateurs, selon le principe du pollueur-utilisateur-payeur. Côté ministère, l'objectif, fixé en 1992, est de valoriser à terme 75 % des déchets banals.

En matière de gestion des déchets, la panacée n'existe pas : les déchets constituent un produit hétérogène, et, pour garantir une protection satisfaisante de l'environnement à un coût acceptable pour la collectivité, l'approche consiste à tirer le meilleur parti de la complémentarité entre filières de traitement.

Des débouchés satisfaisants pour la filière énergie

La Fédération nationale des activités du déchet et de l'environnement (Fnade) estime que 78 millions de tonnes de déchets sont à traiter annuellement (dont environ 44 millions à la charge des collectivités). Les professionnels de la récupération et du recyclage retirent de ce flux 22 millions de tonnes. Actuellement, une fois la modernisation du système français de gestion des déchets portée à terme, les hypothèses permettent d'envisager un taux de valorisation (incinération avec production d'énergie et valorisation de la matière) de 75 % pour l'ensemble des déchets banals et de près de 70 % pour les seuls déchets municipaux. Ces hypothèses sont compatibles avec les objectifs communautaires, aussi bien ceux de la directive « emballage » que ceux du projet de directive sur la mise en décharge. Les objectifs de valorisation des emballages dépasseraient même les seuils minimaux, dit-on à la Fnade. Pour chacun des matériaux, on serait au-delà du seuil de 15 % de valorisation matière requis, y compris pour le plastique, le matériau le plus problématique à recycler. La France est en revanche moins performante sur la mise en décharge de la fraction biodégradable des déchets municipaux.

Parmi les mesures préconisées pour respecter les objectifs actuels, la possibilité de réviser périodiquement les plans départementaux d'élimination permet de prendre en compte les technologies nouvelles sans pour autant nuire aux techniques éprouvées. Les professionnels du déchet attendent également la définition de standards concernant les composts - qui s'annoncent comme un très important marché. Ils estiment, par ailleurs, qu'il est impératif de valoriser au mieux l'énergie contenue dans les déchets, ce qui passe par l'installation d'incinérateurs plus performants, capables, de surcroît, de prendre en compte des déchets complexes. Il est pour cela nécessaire que l'incinération soit irréprochable en matière d'épuration des fumées et libérée de toute critique. EDF et GDF viennent d'ailleurs d'augmenter leurs tarifs respectifs de rachat de l'électricité et du biogaz.

Si la filière énergie trouve des débouchés satisfaisants grâce aux soutiens similaires à ceux perçus par la filière emballage, les risques de bloquer cette belle mécanique existent. Hier non économiquement viable, le recyclage est envisageable grâce à la prise en compte du coût de la fin de vie dans le prix du produit. Encore faudrait-il avoir prévu une augmentation corrélative des débouchés à l'industrie du recyclage, comme le remarquent les professionnels de la récupération et du recyclage regroupés au sein de la Federec. Ces derniers s'estiment en effet menacés par l'effondrement des cours des matières premières, alors qu'actuellement 40 % de certaines matières premières sont issues du recyclage.

Vers une hausse des coûts

De plus, les récupérateurs-recycleurs doivent produire des matières premières aux caractéristiques de plus en plus fines à partir de matières brutes de plus en plus difficiles à valoriser. Effondrement des cours, optimisation de la valorisation : tout conduit à voir les coûts de la récupération et du recyclage monter en flèche. Le ministère de l'Environnement, entérinant la montée en puissance de la valorisation des déchets, vient de réviser le barème Eco-Embal- lages/Adelphe qui devrait permettre à ces organismes de doubler le montant des contributions émanant des conditionneurs d'emballages.

De son côté, le Cercle national du recyclage, association prosélyte du recyclage créée par des maires, qui tente de faire contrepoids aux industriels, veut promouvoir l'achat de produits recyclés afin d'initier une dynamique économique viable et édite un annuaire de cent cinquante produits. LES ACTEURS

Organismes agréés pour les déchets d'emballages

Adelphe : 39, rue Saint-Lazare, 75009 Paris. Tél. : 01.49.70.84.00.

Eco-Emballages : 44, rue Georges-Pompidou, 92302 Levallois-Perret. Tél. : 01.40.89.99.99.

Syndicats professionnels

La Federec (Fédération française de la récupération pour la gestion industrielle de l'environnement et du recyclage) regroupe les recycleurs qui récupèrent les matériaux et se rémunèrent sur leur valeur.

101, rue de Prony, 75017 Paris. Tél. : 01.40.54.01.94.

La Fnade (Fédération nationale des activités du déchet et de l'environnement) regroupe les gestionnaires de déchets qui se payent sur le service et sur la vente des matériaux.

33, rue de Naples, 75008 Paris. Tél. : 01.53.04.32.90. Fax : 01.53.04.32.99.

Le Cercle national du recyclage : 23, rue Gosselet, 59000 Lille. Tél. : 03.20.85.85.22.

PHOTO : Une usine de tri sélectif. Les hypo-thèses actuelles permettent d'envisager un taux de valorisation de 75% pour l'ensemble des déchets banals.

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