La trésorerie des artisans inquiète le négoce bois et matériaux
Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, a tenté de redonner espoir aux quelque 250 négociants et industriels invités par la FNBM. - © © DR

La trésorerie des artisans inquiète le négoce bois et matériaux

Paul Falzon |  le 22/11/2012  |  FNBMArtisansBoisCollectivités localesEntreprises

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Le président de la Fédération du négoce de bois et des matériaux de construction (FNBM) propose la mise en place dans chaque département d’un médiateur chargé d’aider les artisans à être payés par les particuliers et les collectivités.

Dégradation des marchés du Bâtiment, hausse de la TVA sur les travaux de rénovation, multiplication des impositions (écotaxe, TPLE) : les sujets d’inquiétude ne manquaient pas lors du déjeuner annuel de la Fédération du négoce de bois et de matériaux de construction (FNBM), tenu ce 21 novembre à Paris. Le président de l’organisation, Géraud Spire, a choisi de mettre l’accent sur la fragilisation de la trésorerie des artisans et des petites entreprises du bâtiment, clients naturels du négoce : « Il est tout à fait anormal voire inacceptable que des entreprises artisanales tombent du seul fait de n’être pas payées de leurs travaux en temps et en heure, et alors même qu’elles ont encore un carnet de commande », a-t-il insisté. Pour le négoce, l’enjeu est de ne plus « assumer le fossé pouvant exister entre des délais de paiement à 45 jours » imposés par la LME, « et des délais à 60 jours » dus aux retards des clients finaux. Le président de la FNBM a formulé une proposition : la mise en place dans chaque département d’un médiateur charger d’aider les artisans  être réglés par les particuliers et les collectivités. Ce médiateur aurait aussi la responsabilité de résoudre les conflits interentreprises – notamment avec certaines majors tentées « d’imposer la loi d’airain du plus fort » en allongeant les délais de règlement à leurs sous-traitants et à leurs fournisseurs négociants. Une démarche a été engagée auprès des services de Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances.

Baisser la TVA sur les travaux d'isolation

Autre proposition formulée par Géraud Spire : la baisse de 10 à 5% de la TVA applicable aux rénovations permettant d’améliorer la performance énergétique. « Ce sont des travaux de première nécessité qui doivent être traités comme les produits de première nécessité », a estimé le président de la FNBM, exhortant le gouvernement à « apporter la preuve que les économies d’énergie ne sont pas seulement un slogan électoral ». Sur ce dossier, la fédération s’est adressée aux parlementaires pour obtenir une modification du régime de TVA dans la prochaine loi de finances rectificatives.

Vers une explosion des dépôts de bilan en 2013 ?

Alors que l’année 2012 marque déjà un net recul des marchés du négoce, avec à fin octobre une baisse d’activité de -0,4% sur les matériaux et -3,2% pour le bois selon l’indice Négoscope réalisé par I+C pour Négoce, la FNBM craint une dégradation plus marquée encore pour 2013. « Les incidents de paiements se multiplient depuis cet été et on note aussi une activité plus marquée pour les tribunaux de commerce, souligne Géraud Spire. Le nombre de dépôts de bilan chez les artisans n’a pas encore explosé mais il y a de grands risques au premier semestre 2013. » Avec des conséquences économiques et sociales prévisibles pour les négoces fournisseurs de ces artisans.

A contre-courant des inquiétudes exprimées par la filière, l’invité d’honneur de la journée, le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) Jean-Paul Delevoye, a incité l’assistance à prendre de la hauteur. « Les difficultés de court terme ne doivent pas occulter le moyen terme », a insisté l’ancien ministre de la Fonction publique. La crise est symptomatique de bouleversements structurels plus profonds, ceux de la troisième révolution industrielle, visibles notamment dans « les changements profonds des modes de communication et la remise en cause du modèle énergétique ». La solution ? La capacité à innover, a insisté le président du CESE. Un message qui aura pu inspirer certains des négociants et industriels réunis par la FNBM.

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