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« La transition énergétique est irréversible, quels que soient les résultats 2017», Bruno Lechevin, président de l'Ademe
Bruno Lechevin, président de l'Ademe - © © Bruno LEVY/Le Moniteur

« La transition énergétique est irréversible, quels que soient les résultats 2017», Bruno Lechevin, président de l'Ademe

IsPropos recueillis par Isabelle Duffaure-Gallais et Frédérique Vergne |  le 31/05/2016  |  ImmobilierTechniqueEfficacité énergétiqueRéglementation thermiqueAdeme

L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) est aux avant-postes pour traduire dans les faits la loi de transition énergétique. A la veille des 10es Rencontres de la performance énergétique, les 6 et 7 juin, dont l’agence est partenaire, son président Bruno Lechevin met en avant ses priorités dans le secteur du bâtiment.

Quel est le rôle de l’Ademe dans la mise en œuvre de la loi sur la transition énergétique ?

Bruno Lechevin : L’agence est le fer de lance, l’outil des politiques publiques pour la mise en œuvre de la loi qui fixe des ambitions très fortes, en termes de baisse de consommations d’énergie et de rééquilibrage du mix énergétique, avec l’émergence d’un nouveau modèle énergétique et la priorité de l’engagement dans le bâtiment. Je rappelle que l’objectif est d’atteindre une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. C’est considérable, et le bâtiment peut y contribuer car c’est l’un des principaux émetteurs  de gaz à effet de serre. La priorité est de réduire les consommations d’énergie : le bâtiment, c’est 44% de la consommation totale d’énergie en France. L’Ademe est attendue pour traduire dans les faits cette ambition. Elle apporte son expertise aux pouvoirs publics pour l’élaboration de la réglementation. Elle évalue les performances des technologies, elle diffuse les bonnes pratiques, accompagne la montée en compétences et la formation des acteurs du bâtiment. L’agence apporte également son soutien à la recherche et à l’innovation pour développer des produits et méthodes plus performants. La réussite de la transition énergétique dépendra notamment du changement d’échelle et de l’industrialisation de ces solutions. Il faut massifier et généraliser.

Tous les décrets de la loi concernant le bâtiment ne sont pas encore publiés. Ce retard n’est-il pas un signal négatif donné aux acteurs ?

B.L. : Vous êtes un peu dures, car la loi est ambitieuse. Elle fait bouger les lignes, d’autant qu’elle est le fruit d’un compromis délicat et difficile dans certains cas entre les acteurs économiques et les différents enjeux « corporatistes ». La ministre (Ségolène Royal, ndlr) a deux ambitions : aller vite et embarquer tout le monde sans passer en force, même si elle sait prendre ses responsabilités lorsque la concertation débouche sur un blocage. L’objectif est que l’essentiel des décrets soit publié avant le 1er juillet. Il va falloir accélérer. La ministre a annoncé une nouvelle conférence environnementale début 2017 pour dresser un bilan de la loi mais surtout de la concrétisation de la loi. Et c’est bien là le plus important : que les décrets et arrêtés soient de qualité, qu’ils soient au maximum de ce qu’ils peuvent être acceptables et supportables, non seulement pour être en cohérence avec les objectifs de la loi, mais aussi avec les contraintes des acteurs. Ce n’est pas si simple.

L’important, c’est que le mouvement soit irréversible, quoi qu’il arrive, quelles que soient les circonstances et l’alternance politique qui pourrait avoir lieu en 2017. Le mouvement de la transition énergétique, c’est un modèle de société irréversible vers lequel nous devons tous aller. Un nouveau modèle social, économique, environnemental qui doit créer de la valeur, de l’emploi et nous pousser à l’innovation. Les décrets et arrêtés doivent être au service de cet objectif. J’ai été agréablement surpris, dans le contexte actuel de voir le 17 mai les députés ratifier à l’unanimité l’accord de Paris sur le climat, adopté le 12 décembre lors de la COP 21.
J’ai toujours pensé que cette loi sera un marqueur du quinquennat. Quels que soient les décideurs, ils prendront le relai, ils n’auront pas le choix.

Quel est le budget alloué à l’Ademe pour accompagner la loi de transition énergétique ?

B.L. : Depuis que je suis président (mars 2013), l’Ademe a vu son budget d’engagement maintenu au niveau de 590 millions d’euros. C’est une chance compte tenu de la situation des finances publiques et des efforts demandés à tous. Mais c’est normal pour accompagner l’ambitieuse loi de transition énergétique et l’implication française dans la lutte contre le changement climatique. En revanche, nous contribuons à l’effort général de réduction des dépenses publiques, tant en ce qui concerne les moyens que les effectifs, ce qui nous oblige à travailler différemment pour être plus agiles dans l’accompagnement de nos clients-partenaires, les collectivités locales comme les entreprises. En 2015, les 590 millions se sont répartis essentiellement dans nos deux fonds emblématiques : 218 millions pour la production de chaleur à partir d’énergies renouvelables (dont 189 millions euros pour le fonds chaleur) et 186 millions pour les déchets et l’économie circulaire. Nous avons par ailleurs mobilisé 55 millions pour le bâtiment et l’économie circulaire, 31 millions pour la recherche, 28 millions pour les démarches énergie climat territoire, 24 millions sur les sites pollués et friches, 16 millions pour la communication et la formation et 32 millions pour les autres programmes. A côté de ce budget d’investissement, nous avons engagé, en 2015, 400 millions d’euros dans le cadre du programme des investissements d’avenir.

Qu’attendez-vous des professionnels en termes d’innovation technique ?

B.L. : Nos priorités portent sur le développement de produits, de méthodes qui améliorent la performance et réduisent les coûts des chantiers et des bâtiments afin de soutenir [...]

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