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La tour Saint-Gobain se faufile à la Défense
Aucun coffrage autogrimpant n’est utilisé sur le chantier. La tour est réalisée de façon classique avec des banches. - © PH. GUIGNARD / AIR-IMAGES.NET

La tour Saint-Gobain se faufile à la Défense

Christine Hoarau-Beauval |  le 30/11/2018  |  IGHVerreSaint-GobainBIMVinci Construction France

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Le nouveau siège du groupe se joue de la densité urbaine grâce à des solutions inédites.

La tour qui sera occupée par l'industriel Saint-Gobain a été pensée comme un symbole de la marque, tant dans la mise en valeur de produits de sa fabrication que dans l'utilisation de diverses innovations techniques. Nouveau siège du groupe destiné à réunir à l'automne 2019 quelque 2 700 employés à la Défense (Hauts-de-Seine), cet immeuble de grande hauteur (IGH) qui s'élèvera à 165 m est le fruit d'une conception originale. Il a été imaginé comme un empilement de trois prismes de verre dont la « tête », un bloc de huit étages et 40 m de haut, coiffe le sommet en porte-à-faux. Un chantier techniquement complexe et mené de surcroît sur un site des plus contraints. Cerné par les tours du quartier d'affaires, dont l'une à moins de 15 m, et par le boulevard circulaire, l'espace de stockage y est minimal. D'où l'organisation d'approvisionnements en continu avec des horaires de livraison précis et des circuits prédéfinis pour le béton d'un côté et le reste des matériaux de l'autre. Cette logistique mise en place, les travaux sur le parvis ont débuté par la déconstruction de l'ancien immeuble Iris en R + 7 de 10 000 m2.

163 pieux de fondation. Sous la dalle, une immense galerie technique de 4,5 m de large sur 40 m de long abrite l'ensemble des fluides des bâtiments voisins. L'ouvrage traversant le site de part en part, l'ancrage de la tour a fait l'objet d'une attention particulière. « La visualisation précise en 3D autorisée par l'usage du BIM et le relevé détaillé du site par des géomètres ont permis d'organiser les pieux de fondation de façon à enjamber la galerie existante », explique Marc Guerpin, directeur grands projets chez Vinci Construction France. Ainsi, 163 pieux forés à la tarière creuse, de 1 m de diamètre sur 16 m de profondeur en moyenne, ont été mis en œuvre par Soletanche Bachy Pieux. Et un renforcement des fondations du parking attenant au chantier a également été nécessaire. Côté superstructure, la réalisation des voiles de béton s'effectue sans outil auto grimpant. Les étages sont bâtis les uns après les autres avec des banches, de façon traditionnelle. Une méthode qui permet de réaliser un niveau en six jours et d'améliorer la sécurité des compagnons, sachant qu'il n'y a pas de décalage dans la réalisation des niveaux et du noyau. Seule la tête de l'ouvrage déroge à ce procédé. « Ici, la priorité est de monter rapidement le noyau et les planchers extérieurs afin que la charpente métallique puisse débuter au plus vite », détaille Marc Guerpin. Pour les voiles et les poteaux, un béton autoplaçant est utilisé. Dans les niveaux inférieurs, sa résistance à la compression atteint 75 MPa.

Pour les planchers, un béton traditionnel de type C35/45 a été choisi. Si ceux du noyau ne sont pas précontraints, ceux des étages courants le sont. « Il s'agit uniquement des dalles correspondant aux plateaux de bureaux, soit entre le 5e et le 30e étage », indique le responsable du projet. Dans ces zones, leur épaisseur est comprise entre 26 et 28 cm. Ainsi affinés, ces éléments facilitent l'installation des réseaux de fluides dans les plénums. La précontrainte par post-tension permet également de s'affranchir des poutres d'allèges, qui auraient compliqué la logistique. La livraison de la tour est prévue au second semestre 2019.

Maître d'ouvrage : SCI Iris La Défense (Groupe Generali). AMO : Hines France.
Preneur : Saint-Gobain.
Promoteur : Adim Paris Ile-de-France.
Architecte : Valode et Pistre.
Entreprise générale : Bateg.
Début de chantier : mai 2016.
Livraison prévue : second semestre 2019.
Investissement global : 300 millions d'euros.

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Le chantier atteint désormais la partie basse de la tête. - © PH. GUIGNARD / AIR-IMAGES.NET
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L’édifice se divise en trois grandes parties : les pieds, le corps et la tête. Cette dernière se compose de huit étages en porte-à-faux. - © VALODE & PISTRE

Numérique - Le BIM au service de la précision

Si la démarche BIM a été impulsée par Saint-Gobain, futur preneur, qui a su convaincre le maître d'ouvrage d'y adhérer, c'est bien grâce à l'expérience de Vinci Construction France que la maquette numérique a pu être utilisée de façon efficace. « Le modèle d'exécution a été réalisé avec un haut niveau de détail (LOD 400) : façade, charpente, faux planchers et plafonds ont été modélisés précisément », souligne Jean-Baptiste Valette, directeur technique de projet chez Vinci Construction France.

Libérer des espaces en sous-sol. En synthèse, son utilisation a permis de réaménager le bâti avoisinant. « La modifier n'était pas prévu à l'origine. La synthèse nous a permis de constater la faisabilité des travaux et de proposer des modifications afin de libérer des espaces en sous-sol », témoigne Jean-Baptiste Valette. Pas de gains de temps significatifs à la clé mais une modélisation plus approfondie, ce qui a réduit les surprises lors du chantier.

Autre point déterminant, le travail avec les corps d'état techniques sur la position des différents réseaux a permis d'obtenir une précision de l'ordre de 50 cm, contre les 150 cm envisagés au départ. « Nous étudions actuellement la précision des Dossiers des ouvrages exécutés (DOE) et le travail collaboratif devrait nous permettre de nous engager sur des rendus très qualitatifs », estime le directeur de l'ingénierie BIM. Enfin, le projet a été l'occasion de tester des potentialités offertes par la maquette numérique, comme une collaboration de niveau 3 entre les équipes : les modèles aux formats natifs sont synchronisés régulièrement, afin que chaque équipe (architecture, structure, fluides) puisse les enrichir.

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Le modèle numérique de la tête de la tour a été réalisé avec un haut niveau de détail (LOD 400). - © VALODE & PISTRE
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Le BIM a été utilisé pour tester la 4D sur le chantier. Les étapes constructives ont pu être validées numériquement. - © VINCI CONSTRUCTION
Vitrage - Le choix de la physico-réalité

Le verre étant le produit historique de Saint-Gobain, son choix était déterminant. « Il a été effectué grâce à notre logiciel de rendu physico-réaliste », témoigne Ange Segla, prescripteur et responsable maquette numérique au sein de la division Glass Bâtiment France du groupe. En l'occurrence, cet outil retranscrit l'esthétique des vitrages à partir de leurs propriétés de transmission et de réflexion lumineuse. Il tient également compte du contexte comme les conditions climatiques et les ombres projetées. Ici, c'est majoritairement le vitrage ST Bright Silver qui est mis en œuvre, car ce produit conjugue contrôle solaire et forte réflexion, grâce à des couches de métaux nobles.

Vitrage dynamique. En tête de la tour, le choix s'est porté sur le SageGlass. Ce vitrage dynamique présente quatre niveaux de teinte : il s'obscurcit quand le soleil est trop fort et s'éclaircit lorsqu'un apport de lumière ou de chaleur est nécessaire. Ce dispositif offre jusqu'à 40 % d'économies d'énergie, grâce à un recours moindre à la climatisation, au chauffage et à la lumière artificielle.

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Le logiciel de rendu réaliste tient compte des propriétés de transmission et de réflexion lumineuse des verres. - © SAINT GOBAIN
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Sur la majorité de la tour, c’est le verre ST Bright Silver qui est mis en oeuvre. Il se caractérise par son fort pouvoir réfléchissant. - © PHILIPPE CHANCEL

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