Industrie/Négoce

La smart city du CES ne vaut pas le détour [CES 2018]

Pour la première fois, le Consumer Electronics Show, qui se déroule à Las Vegas jusqu’au 12  janvier, consacre un espace à la ville connectée. Une nouveauté bien décevante.

 

Les nombreux écriteaux qui ornent les piliers du Las Vegas Convention and World Trade Center le proclament : le Consumer Electronics Show (CES) est fier d’accueillir pour la première fois un espace consacré à la « smart city ». Le salon, qui se tient jusqu’au 12 janvier dans la capitale du jeu, marque ainsi un premier pas en direction de l’électronique professionnelle et des services.

Toutefois, au vu de ce galop d’essai, notre Pollutec national a encore quelques belles années devant lui. Les quelques stands installés dans l’hôtel Westgate ressemblent plutôt à une annexe de la zone dédiée à l’automobile qu’à une entité autonome. Ainsi, les appareils de mesure du constructeur Itron et les offres de réseau 5G du groupe Erikson sont noyés parmi les bornes de recharge et les véhicules connectés.

 

 

Des auditeurs endormis

 

Principal sponsor de cette nouvelle aire d’exposition, le cabinet de conseil et d’audit Deloitte jure lui aussi avec le voisinage. Faute d’explications pertinentes, ses hôtesses renvoient les visiteurs à des brochures en ligne.

La journée de conférence du 9 janvier est venue couronner ce ratage. Les tables rondes enchainent les lieux communs rabâchés cent fois. L’après-midi s’enlise dans l’ennui. Une rangée d’auditeurs asiatiques dort à poings fermés quand débute la causerie autour du financement des équipements d’information et de communication urbains. Les intervenants connaissent les figures imposées sur le bout des doigts : ils rappellent l’importance d’avoir une vision, poursuivent avec les incertitudes sur les revenus générés par ces projets, ce qui rebute les investisseurs. Ils ajoutent ensuite que ces incertitudes peuvent être levées par l’étude des installations déjà réalisées.

Quand brusquement, le voile des banalités se déchire. « N’oublions pas que les Etats-Unis devraient investir 2 000 milliards de dollars pour remettre à niveaux ses infrastructures de transports. Et ils devraient ajouter trois milliards par an pour maintenir l’existant. Le coût d’un système informatique est négligeable à côté de ces montants », observe Jay Collins, vice-président de la banque de financement et d’investissement du groupe Citi. La remarque fait tiquer sa voisine, Amanda Daflos, directrice de la Los Angeles Innovation Team : « C’est un vieux problème. Nous traversons une crise des infrastructures. Nous avons besoin de partenaires forts et d’un gouvernement créatif ! » S’ensuit un discours confus entrecoupé encore deux fois par les termes « crises des infrastructures ». Nous entrevoyons enfin le vrai sujet.

 

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