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La Samaritaine dévoile ses dessous

Stéphanie Obadia |  le 02/03/2018  |  ImmobilierLogementArchitectureRéalisationsParis

Charpente métallique -

Consolider les dentelles de l'ossature en acier de bâtiments centenaires a nécessité un travail d'orfèvre.

Les travaux de la Samaritaine, dans le Ier arrondissement de Paris, battent leur plein. Fermée depuis 2005, cette dame de fer conforte ses dessous pour accueillir, fin 2019, un nouveau grand magasin, un palace de 72 chambres, 96 logements sociaux, une crèche et des bureaux. Des programmes très divers avec, pour fil conducteur, la charpente métallique. Les bâtiments des architectes Frantz Jourdain et Henri Sauvage, construits en 1905 et 1928, sont entièrement à ossature en acier. Les spécialistes SMB et CCS International sont missionnés depuis 2016 pour réaliser de gros travaux de renforcements sur les poutres et les poteaux et créer de nouvelles surfaces de plancher.

« En charpente métallique, travailler sur de l'existant nécessite un grand savoir-faire, souligne Dominique Dhier, directeur général de SMB. Greffer de l'acier neuf sur de l'ancien datant du début du XXe siècle implique des processus de soudure compliqués. » Plus de 3 400 t de charpente, 155 000 connecteurs et 42 000 m2 de plancher sont mis en œuvre par une centaine de salariés de SMB et CCS International sur ce chantier titanesque qui compte trois îlots : Rivoli, où bureaux, commerces et logements sociaux seront créés (lire ci-contre) ; Sauvage, qui donne sur la Seine et accueillera l'hôtel de luxe (lire p. 48) ; et Jourdain, qui abritera le grand magasin doté de la fameuse verrière (lire p. 49) .

Planification complexe. Outre les nombreux défis techniques pour la partie métallique, la localisation, en plein cœur de Paris dans un tissu urbain très dense avec une forte circulation, nécessite une planification et une gestion de chantier particulièrement complexe (livraisons, engins de génie civil, voisinage). En raison du peu d'accessibilité du site et de la hauteur des bâtiments alentour, le matériel a été adapté et des techniques spécifiques utilisées. Les travaux ont été réalisés à l'aide de trois grues à tour, lorsque, ordinairement, il en aurait fallu cinq ! Cette gigantesque opération de réhabilitation représente 400 000 heures de travail et un chiffre d'affaires total de 25 millions d'euros pour les deux charpentiers métalliques.

Maîtrise d'ouvrage : Grands Magasins de la Samaritaine.

Maîtrise d'œuvre : Architectes : SANAA, SRA Architectes, Brugel Architectes Associés, OAL-Maison Edouard François, Lagneau Architectes. Maîtrise d'œuvre d'exécution : Egis Bâtiments Management. BET structure : Aedis Ingénierie, Terrell, Egis Structures. Entreprises : Petit (filiale de Vinci Construction).

Sous-traitants lot charpentes métalliques : CCS International et SMB. Montant des travaux (lot charpentes) : 25 M€ HT.

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Bâtiment Rivoli - Une ossature du XXIe siècle

Sur l'îlot Rivoli, SMB entreprend la reconstruction d'un nouveau bâtiment de huit étages (sauf les façades de la rue de l'Arbre-Sec). Dessiné en U avec une cour intérieure, il accueillera des bureaux, des commerces et des logements sociaux. Le montage du squelette métallique du plancher haut avec la pose des bacs acier des derniers étages vient de s'achever. L'ultime étape consiste à poser la charpente de la toiture, entièrement dessinée et fabriquée par l'entreprise. Celle-ci devra supporter une cinquantaine de tonnes.

Petite particularité pour ce bâtiment : côté rue de Rivoli, une ossature métallique provisoire périphérique est en cours de montage par des cordistes afin de masquer, à l'aide d'une toile illustrée, le montage de la façade en verre ondulé jusqu'à la livraison du chantier fin 2019. Effet de surprise garanti !

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Bâtiment Sauvage - De nouvelles attaches consolident les liens

L'entrée se fait sur les quais. Du bâtiment Sauvage, les façades ont été conservées mais les espaces intérieurs ont été entièrement repensés. Dans les sous-sols, qui abriteront notamment une piscine, un spa et un centre de soins au R -1, les poteaux béton d'origine jugés trop massifs (1,40 x 1,40 m) ont été recalibrés pour atteindre 80 x 80 cm. Une opération délicate puisqu'il a fallu reprendre les charges des neuf niveaux de planchers supérieurs le temps de faire le remplacement. A cette fin, un système provisoire de chevalement métallique et vérinage capable de soutenir jusqu'à 1 200 tonnes a été mis en place. Sept poteaux ont été changés, à un rythme de deux mois par poteau et deux poteaux maximum en même temps. « Cette opération, très atypique en construction est utilisée pour les ponts », affirme David Henocq, directeur général délégué de CCS International.

Gagner 20 cm de hauteur de plafond. Aux étages, les attaches principales de plancher ont également été renforcées pour reprendre les nouvelles charges via un portique s'appuyant sur les poteaux de l'étage inférieur. Pour les deux derniers niveaux (8 et 9), qui accueilleront deux suites en duplex, l'entreprise a dû remplacer toutes les poutres par d'autres plus minces pour gagner 20 cm de hauteur de plafond (de 2,30 m à 2,50 m). Un système de chevalement a été placé pour maintenir les étages supérieurs et la toiture le temps de l'intervention. Cette structure est actuellement en cours d'achèvement. « Le noyau central en béton du rez-de-chaussée au plancher haut du niveau 9 a été remonté. La structure métallique est à présent terminée. Nous clôturons le renforcement de la file mitoyenne entre les bâtiments Sauvage et Jourdain et nous poursuivrons avec le remplacement de l'ossature métallique de la marquise périphérique », indique David Henocq.

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Bâtiment Jourdain - Une verrière fidèle à l'esprit 1900

Situé au centre du projet, l'îlot Jourdain accueillera le futur grand magasin, des bureaux, des logements et une crèche privée de 80 berceaux. L'ensemble a été rénové en conservant les éléments patrimoniaux. Les toitures ont néanmoins été démolies, les sous-sols agrandis et un atrium central créé.

La zone « verrière » regorge de poutres et poteaux des années 1900 qui nécessitaient un grand travail de renforcement, de même que les planchers périphériques du grand escalier. Pour rester conforme à l'architecture du bâtiment, les entreprises ont renforcé ces éléments structurels (doublage de la section des poteaux, remplacement des pannes de la verrière), puis reproduit l'assemblage d'époque. Une technique effectuée à l'aide de rivets métalliques chauffés et frappés que seules trois entreprises françaises maîtrisaient jusqu'ici. SMB a donc dû remettre au goût du jour le rivetage à chaud en rappelant des métalliers à la retraite. Pour conserver l'aspect d'origine, les ouvriers ont fait preuve de méticulosité : démontage des volutes des poutres ajourées, fermeture et renforcement des poutres afin de reprendre les charges, replacement des volutes, doublement des poteaux à l'aide de plats, puis rhabillement à l'identique avec des rivets.

10 000 heures de travail. Désormais, c'est surtout la verrière, dont les poteaux de la charpente doivent être renforcés, qui mobilise les équipes de SMB, par une trentaine de mètres de haut. « Environ 10 000 heures de travail sont nécessaires rien que pour cette partie ! Il s'agit d'encastrer des pièces, d'élargir les montants pour supporter les châssis, de changer les pannes… Une multitude de petits éléments à poser avec une grande minutie », relève Dominique Dhier, le directeur général de SMB.

Sur la zone « plateau », seules les façades protégées au titre des monuments historiques ont été conservées. Le reste a été démoli par les équipes de Vinci Construction afin de créer un patio. SMB et CCS avaient auparavant opéré un relevé de l'existant très précis, puis mis en place des palées provisoires pour renforcer l'ossature. Depuis le mois d'août, le cœur du plateau (ossatures métalliques, bacs acier) est en cours de remontage par SMB tandis que les équipes du génie civil installent des puits géothermiques, travaillant en demi, voire tiers de plancher.

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