Transport et infrastructures

« La route, un sujet du quotidien passé trop longtemps au second plan », Frédéric Beauchef, vice-président du département de la Sarthe en charge des infrastructures routières

Mots clés : Gouvernement - Maîtrise d'ouvrage - Mobilier urbain - Réseau routier

La deuxième édition du Pavement Preservation & Recycling summit (PPRS) s’ouvre ce 26 mars à Nice. Pendant trois jours, ce congrès international consacré aux routes, à leur entretien et à leur modernisation, accueillera plus de 1000 personnes venues d’une soixantaine de pays. La séance d’ouverture se penchera plus particulièrement sur les enjeux politiques. Au côté de la ministre des Transports Elisabeth Borne, les départements seront représentés par Frédéric Beauchef, vice-président de la Sarthe. Il compte bien faire entendre la voix de ces maîtres d’ouvrage publics indispensables au maintien d’un bon niveau d’entretien du réseau routier français.

Les Assises de la mobilité semblent avoir remis la route au cœur de l’agenda politique. Ce 26 mars, la deuxième édition du PPRS s’ouvre d’ailleurs sur ce sujet. Pourquoi l’entretien du réseau représente un enjeu politique de premier plan ?

Frédéric Beauchef. La route est un sujet du quotidien. Le réseau français est bien développé et relativement en bon état. Mais il est passé trop longtemps au second plan dans les politiques publiques nationales. Pourtant, il y a une forte demande d’entretien au quotidien. Il existe un vrai attachement à ce réseau, de qualité, avec certains standards, et nos concitoyens sont habitués à un certain niveau de services. Les décideurs nationaux sous-estiment souvent ce sentiment. Pourtant, la route, c’est un patrimoine. S’il n’est pas entretenu, sa remise en état coûtera bien plus cher ultérieurement: la dette grise se creusera et nous aurons d’autant plus de mal à la résorber. Nous observons bien ce phénomène sur le ferroviaire: les infrastructures nouvelles ont été privilégiées, les petites lignes ont été négligées et les coûts explosent désormais. Ne faisons pas deux fois la même erreur.

 

Malgré les difficultés des départements, l’Observatoire national des routes dévoilé fin 2017 a montré que ces maîtres d’ouvrage publics avaient réussi à maintenir un bon niveau d’entretien de leur réseau. Comment y êtes-vous parvenu ?

F.B. Les départements ont réussi à maintenir un bon niveau d’entretien d’une part car nous avons conscience de la valeur de notre patrimoine et de la nécessité de le préserver. D’autre part, lors du transfert de la compétence routière, au milieu des années 2000, nous avons également hérité des services techniques associés qui avaient la connaissance du réseau et du métier. Ce qui nous a permis de maintenir nos routes départementales à un bon voire un très bon niveau, par rapport aux routes nationales.

 

Pour les départements, la priorité donnée à l’entretien laisse-t-elle la place à l’innovation ?

F.B. Nous ne devons pas nous perdre en termes de mobilité. La région est à la pointe dans ce domaine et dans l’organisation, mais il n’y a pas de mobilité sans infrastructure. Notre mission, le service premier que nous devons rendre en tant que département, c’est de conserver l’infrastructure en bon état pour accueillir tous les modes. Il est important de ne pas perdre de vue ce cœur de métier, sans pour autant faire une croix sur l’avenir. Les autres services que sont les routes solaires, thermiques, communicantes, connectées, sont complémentaires. Nous devons les accompagner, pourquoi pas avec des financements innovants, des PPP, du partage de financements entre les collectivités et les entreprises, pourquoi pas. Certains départements ont mis en place des expérimentations. Le réseau de l’ADF nous permet de partager nos expériences. Mais attention au coût, car parfois, l’innovation n’est pas compatible avec nos budgets.

 

Chiffres-clés

Le réseau routier français

1,O85 km de route en France métropolitaine dont :

– Près de 2O 6OO km de routes nationales (11 4OO non-concédées ; 9 1OO d’autoroutes concédées)

– 38O OOO km de routes départementales

– 687 OOO km de routes communales

La valeur patrimoniale du réseau français est estimé à 2 OOO milliards d’euros (selon le coût de reconstruction à neuf), dont 25O milliards pour les routes nationales (concédées et non-concédées). 

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