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La revolution industrielle

BERNARD REINTEAU, EMMANUELLE JEANSON, PASCALE LEROY-PAULAY |  le 30/03/2001  |  EnvironnementEnergies renouvelablesEnergieFrance Ille-et-Vilaine

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Sommaire du dossier

  1. Développer les sources d'énergie moins polluantes
  2. LE SOLAIRE THERMIQUE Les promesses d'Hélios 2006
  3. L'EOLIEN Avis de vent favorable
  4. Jeumont Industrie va produire une éolienne à forte puissance
  5. Germa : premier bureau d'études spécialisé dans l'éolien
  6. Vergnet : du petit éolien pour l'export
  7. LA GEOTHERMIE Les pompes à chaleur ont de l'avenir
  8. LE PHOTOVOLTAIQUE Hors réseau : oui ; sur réseau : non
  9. Photowatt dans la course à la baisse des coûts
  10. Programme Hip Hip : intégrer les cellules photovoltaïques dans la construction
  11. ENTRETIEN ARNAUD MINE, P-DG d'Apex, ensemblier de modules photovoltaïques
  12. LA BIOMASSE Bois-énergie et biogaz sont en vedette
  13. LA COGENERATION au biogaz
  14. Elyo et Rep Energie investissent dans le Biogaz
  15. LA PILE A COMBUSTIBLE tisse son réseau
  16. Shell : un pétrolier investit dans le solaire
  17. Energies renouvelables : les initiatives se multiplient
  18. Le montage des éoliennes de goulien (Finistère)
  19. Exploitation des gaz de décharge à Roche-la-Molière (Loire)
  20. Solaire photovoltaïque à Sandillon (Loiret) Des « ardoises » énergétiques
  21. La revolution industrielle
  22. EOLIEN un dynamisme exceptionnel
  23. Petite hydraulique mini-gisement, maxi-nécessité de conviction
  24. Bois energie la filière se renforce
  25. Biogaz un intérêt récent
  26. Produire son energie en toute autonomie
  27. AVIS D'EXPERT Johann Zirngibl Chef de la division environnement et systèmes énergétiques du CSTB.
  28. AVIS D'EXPERT Jean-Louis Bal Directeur adjoint du bâtiment et des énergies renouvelables à l'Ademe
  29. Eolien autonome Energie et stockage « au fil du vent »
  30. Géothermie La terre, source de chaleur
  31. Solaire photovoltaïque Un mur-rideau de capteurs sous les arches d'une église
  32. Conférence L'indépendance des îles passe par le « mixage » énergétique
  33. CORSE Installer 100 MW d'éolien à l'horizon 2010
  34. Réunion et Guadeloupe Tirer profit des ressources locales

Pour tenir ses objectifs, la France devra produire 21 % de l'électricité à partir des énergies renouvelables en 2010. Un programme très ambitieux, où l'énergie éolienne devrait occuper une place prépondérante.

Un an après la publication de la loi de modernisation et de développement du service de l'électricité (1), où en est l'industrie des énergies renouvelables ?

Après l'annonce de Lionel Jospin en mai dernier lors du colloque du Syndicat des énergies renouvelables (SER) - « C'est une véritable industrie des énergies renouvelables qu'il nous faut développer » - , puis la remise du rapport du député Yves Cochet sur les stratégies et les moyens de développement de l'efficacité énergétique et des sources d'énergie renouvelables, les événements se sont bousculés à la fin de l'année 2000.

Le 5 décembre, le conseil des ministres de l'Union européenne adopte la directive sur l'électricité d'origine renouvelable. Ce texte, toujours en discussion au Parlement européen, et dont on attend l'adoption au second semestre 2001, pose un objectif - non-contraignant - pour 2010 de 21 % d'électricité d'origine renouvelable pour la France, ce qui n'est pas rien puisqu'il était de 15 % en 1997.

Le lendemain, 6 décembre, l'annonce du programme national d'amélioration de l'efficacité énergétique est l'occasion de livrer les objectifs en éolien pour 2010 - 5000 MW - et de présenter les premiers tarifs de rachat de l'électricité produite par trois sources renouvelables : l'éolien, la petite hydraulique et les incinérateurs d'ordures ménagères.

« Passer de 15 à 21 % d'énergie issue de sources renouvelables, en tenant compte de l'effort de maîtrise de l'énergie d'ici à 2010, cela signifie développer une production nouvelle de 40 TWh (2) en dix ans. C'est un objectif considérable », estime André Antolini, président du SER et P-DG de SIIF Energie, développeur de parcs éoliens. « Et la voie royale, c'est l'éolien. »Les simulations attribuent en effet à l'éolien 70 % de cette progresssion. Fin 2000, le parc était de 70 MW, et le plan Eole 2005 lancé en 1997 devait se conclure par une installation de 360 MW. L'objectif est d'implanter 10 000 MW, voire 12 000 MW éoliens d'ici à 2010.

La biomasse constitue l'autre ressource d'énergie renouvelable rapidement exploitable. Le plan « chauffage-bois » a fait l'objet d'une relance par l'Ademe en janvier 2000, après les tempêtes de fin décembre 1999. Cent chaufferies industrielles et 140 chaufferies collectives bois ont été installées en 2000. Le plan bois énergie 2000-2006 de l'Ademe pose un objectif de 650 chaufferies industrielles, urbaines ou collectives.

Loin d'être un texte en faveur des énergies renouvelables, la loi électricité de février 2000 offre des ouvertures en faveur de ces énergies. Pour les professionnels, l'intérêt se porte sur l'article 10 qui mentionne les obligations d'achat d'élec- tricité par EDF et les distributeurs non nationalisés de l'électricité produite à partir de sources d'énergies renouvelables. La loi rénove les mécanismes d'achat de l'électricité fournie par ces filières de production : recours aux appels d'offres dans le cadre de la programmation pluriannuelle d'investissement avec prise en compte de la production décentralisée et des nouvelles technologies... Une évolution qui laisse toutefois les professionnels sur leur faim : « L'article 10 a vocation à disparaître avec l'ouverture progressive des marchés », souligne Philippe Chartier, conseiller stratégie et recherche du SER. « Quant aux appels d'offres dont il est question dans l'article 8, il faudrait que le tarif n'en soit pas un critère et que les choix portent sur des critères environnementaux. Il faut éviter la moins-disance tarifaire. » Le SER fait entendre un discours offensif : « Si nous n'obtenons pas gain de cause, il sera nécessaire d'obtenir des mesures législatives spécifiques, comme la transposition rapide de la directive européenne sur les énergies renouvelables », conclut Philippe Chartier.

Le lancement de ce programme d'énergie renouvelable nécessitera un investissement considérable. Au taux actuel du kW éolien installé - 1 100 euros (7 000 francs) - les besoins du seul plan éolien seraient de 11 milliards d'euros (70 milliards de francs). La facture globale avoisinerait les 15 milliards d'euros (100 milliards de francs).

Bien que les décrets sur les différents tarifs de rachat des énergies renouvelables ne soient pas encore publiés, les troupes se rassemblent pour attaquer les marchés. Les développeurs de parcs éoliens prospectent les sites et les structures financières s'organisent.

Pour exemple, la création, dans le cadre du plan d'amélioration de l'efficacité énergétique, du fonds d'investissement de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie - Fideme. Cette structure qui associe l'Ademe (15 millions d'euros ; 100 millions de francs) et deux financiers familiers des investissements environnementaux, ABN-Amro et CDC (30 millions d'euros, soit 200 millions de francs), aidera les entreprises du secteur de l'énergie.

Du côté des gestionnaires de réseaux de distribution, l'abondance de projets les confronte aux besoins de renforcement liés à la collecte et à la production décentralisée. « L'affichage d'objectifs en volume, de tarifs couvrant les coûts de production et une juste rémunération des investisseurs, le tout assorti d'un programme pluriannuel de réduction des tarifs pour les nouveaux contrats, sont la clé du succès », estime-t-on au SER.

A l'avenir, cette production devrait s'inscrire dans l'offre des grands groupes européens de production d'énergie qui trouveront là un gisement de « certificats verts ». Un moyen de négociation à mettre en place pour l'après 2010 : « Aller trop vite dans la mise en place des certificats verts serait le meilleur moyen de faire échouer les renouvelables », juge Philippe Chartier. Une révolution est bien en marche.

(1) Loi 2000-108 du 10 février 2000, parue dans le « Journal officiel » du 11 février 2000 et dans le cahier Textes officiels du « Moniteur » du 18 février 2000, pages 466 à 481. (2) 1 TWh = 1 million de millions de Wh.

CHIFFRES :

Pour produire 35 à 40 TWh supplémentaires d'ici 2010 :

Eolien : 70-75% (25-30 Twh) soit un parc de 10 000 à 12 000 MW

Biomasse et biogaz : 15-20% (5-10 TWh)

Petite hydraulique : 10% (4 TWh)

Géothermie : 3% (1 TWh)

Photovoltaïque : 3% (1 TWh)

GRAPHIQUES : Passer de 15% à 21% d'énergies renouvelables de 2000 à 2010

SCHEMA : énergie utilisée par type d'équipement et fournisseurs européens ayant accès au marché français

La loi de modernisation et de développement du service de l'électricité de février 2000 ouvre la possibilité aux gros consommateurs de choisir leur fournisseur. Ce texte offre aussi la possibilité d'un rachat par EDF de l'énergie produite par sources renouvelables. Le plan d'amélioration de l'efficacité énergétique annoncé en décembre 2000 prend en compte l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans la consommation d'électricité.

Les experts : Thierry Trouvé, directeur des relations avec les producteurs, Commission de régulation de l'électricité Vivement les certificats verts !

« La stratégie du gouvernement vis-à-vis des énergies renouvelables prend en compte leur non-compétitivité ; c'est la raison d'être des tarifs de reprise et du fonds de compensation alimenté par le marché de l'électricité et géré par la CRE. Toutefois, à politique énergétique donnée, ce système de tarifs de reprise présente l'inconvénient de générer une charge importante pour la collectivité. Il est donc permis de penser que, rapidement, d'autres dispositifs deviendront d'actualité : des dispositifs fondés sur des mécanismes de marché, comme les appels d'offres, prévus par la loi, ou les «certificats verts» . Dans une démarche commerciale et d'éco-citoyenneté, ou pour remplir une obligation imposée par les pouvoirs publics, les producteurs intégreront un pourcentage de renouvelables dans leur choix de sources d'énergie proposées sur le marché. Un tel mécanisme sera plus efficace et moins lourd à supporter pour la collectivité. »

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Les experts : Dominique Maillard, directeur général de l'énergie et des matières premières au secrétariat d'Etat à l'Industrie Clarifier les plans de financement

« Les annonces formulées début décembre 2000 ont été appréciées par les professionnels des énergies renouvelables comme un geste significatif : elles manifestent un rapprochement des procédures nationales de celles en cours dans d'autres pays européens. Nous pourrons apprécier le bilan dans quelques mois, mais, à l'évidence, la mise en place d'un tarif de rachat facilite la rédaction des plans de financement des investisseurs. La démarche antérieure fondée sur les appels d'offres incitait à la compression des coûts, mais elle a permis d'établir le plancher des coûts. Le projet de directive européenne sur les énergies renouvelables, adopté le 5 décembre dernier, reconnaît la légitimité des mécanismes d'incitation financière pour cette filière en dérogation avec les principes du marché. Il faut savoir que le nucléaire s'est développé dans les années 1960 dans les mêmes conditions, alors que cette énergie était moins rentable que le pétrole ou le charbon. Aujourd'hui, on cherche à développer ces nouvelles formes d'énergie pour diversifier les sources et préserver l'environnement. Ce choix arrive à un moment où elles sont mieux acceptées, même s'il faut bien être conscient qu'à moyen terme, les besoins énergétiques ne pourront pas être satisfaits par ces seules filières. »

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Les fournisseurs : Andre Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) Confirmer les bases de l'économie du secteur

« L'année 2000 a été l'année charnière de la prise en compte des énergies renouvelables et de leur pertinence dans la politique énergétique du pays. L'année 2001 sera celle où nous constaterons si ces engagements se traduisent en textes réglementaires. Le projet de directive européenne affiche des objectifs ambitieux. En France, une large part de cet effort reviendra à l'éolien. Notre pays est d'ailleurs le deuxième gisement éolien européen, derrière le Royaume-Uni. Les tarifs annoncés en décembre sont 50 % plus élevés que ceux pratiqués dans le cadre d'Eole 2005 et permettent de s'intéresser à des vents de puissance moyenne de manière à disperser davantage les fermes éoliennes, ce qui contribuera à faire accepter socialement les projets. Les développeurs de parcs éoliens ne souhaitent pas agresser le paysage, mais implanter ces parcs dans une démarche de concertation. Ce pourra d'ailleurs être l'occasion de reconquérir des friches industrielles et de requalifier des paysages. Ces tarifs assureront aussi la viabilité des projets, puisque le tarif de la deuxième période de dix ans sera «calé» en fonction des performances constatées pendant les cinq premières années. Le taux de reprise permettra un retour sur investissement en sept à neuf ans. »

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Les fournisseurs : Jean-Michel Germa, P-DG de La Compagnie du Vent et président de l'association France Energie Eolienne Tirer profit du fort attrait pour l'éolien

« Les mesures annoncées en décembre 2000 incitent réellement au développement des parcs éoliens. Je ressens une effervescence de la part d'investisseurs : la France est perçue comme le marché de l'éolien pour les années à venir. Nous emmagasinons une grande quantité de dossiers de parcs pour les exploiter dès que les décrets relatifs aux tarifs de reprises seront publiés. Néanmoins, installer près de 10 000 MW en moins de dix ans avec des fermes éoliennes de moins de 12 MW revient un peu à vider la mer à la petite cuillère. Cette limite de puissance est trop faible. De fait, des appels d'offres éoliens devraient être publiés dans quelques années dans le cadre de la programmation pluriannuelle des moyens de production. Il est impératif d'être présent sur ces marchés pour rapidement faire évoluer notre métier vers une activité de fourniture globale d'énergie. Nous avons conscience que le système des prix de rachat est transitoire, que les métiers de l'énergie sont gourmands en capitaux ; des groupes comme EDF se positionnent pour reprendre le flambeau. »

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Les utilisateurs : Thierry Mueth, directeur de l'environnement du groupe hôtelier Accor Une validation du solaire thermique

« En quatre ans, nous avons équipé une quinzaine d'hôtels du groupe Accor de chauffe-eau solaires. Ces équipements fournissent près de 50 % des besoins sanitaires. Nous travaillons aussi sur l'utilisation de modules photovoltaïques. Cette initiative sera poursuivie : une mission Energie a été créée. Elle rassemblera l'environnement, la maintenance et des achats. Désormais nous disposons de pilotes qui nous ont permis d'évaluer les technologies. Nous allons accélérer leur développement dans d'autres pays - Espagne, Maroc... - où l'environnement est plus favorable au renouvelable et où l'énergie locale est chère.»

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Les utilisateurs : Thierry Wagner, directeur de la Coop de Construction, à Rennes Des charges de chauffage réduites

« Notre seule référence est l'immeuble Salvatierra à Rennes, équipé de capteurs solaires thermiques et qui reçoit aussi les calories produites par un incinérateur. Les charges de chauffage de l'usager d'un T4 de 82 m2 devraient être réduites de 760 euros par an (5 000 F). Actuellement, nous poursuivons avec 44 logements à Mordelles, où seront associés des capteurs thermiques et des panneaux photovoltaïques ; ils fourniront 60 % des besoins. Une autre opération associera le solaire thermique et photovoltaïque et l'énergie bois... Notre objectif d'ici cinq ans est d'intégrer, dans 80 % des programmes, au moins 50 % d'énergie issue de renouvelables. »

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Les utilisateurs : Serge Barès, responsable énergies à l'office public HLM de Seine-et-Marne La biomasse exige une réelle motivation

« Trente pour cent des logements et locaux gérés par l'OPHLM reçoivent une énergie issue de la géothermie, de deux chaufferies bois et d'une chaufferie paille. Il faut une réelle motivation pour utiliser la paille et le bois et obtenir des résultats. La biomasse demande un entretien permanent. Mais les économies générées sont conséquentes. En 2000, avec les chaudières bois, l'économie globale a été de 85 % par rapport au fioul. Avec la chaufferie paille, l'économie était au 1er semestre 2000 de 15 % par rapport au gaz ; aujourd'hui, après la hausse du gaz, elle doit être plus importante. Sur toutes ces installations, nous avons rédigé des fiches de référence . »

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