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La restauration du patrimoine ancien dans la tourmente

Olivier Baumann |  le 18/09/2015  |  ConjonctureInternationalFrance entière

Touchées par la faiblesse de la commande publique, les entreprises estiment que 2016 sera une année « morte ».

Les 19 et 20 septembre, des millions de personnes se presseront pour visiter quelque 17 000 monuments à travers la France, à l’occasion de la 32e édition des Journées européennes du patrimoine. Mais alors que cet événement bénéficie année après année d’un succès grandissant, que la richesse et la qualité de notre patrimoine est l’une des raisons de la venue de 85 millions de touristes chaque année, les entreprises de restauration de monuments historiques sont loin de vivre une période faste. Leur situation est même préoccupante, puisqu’elles subissent les mêmes tourments que l’ensemble du secteur de la construction. « Les opérations étant moins nombreuses, la concurrence est plus féroce et les prix sont tirés vers le bas », résume Didier Durand, président du Groupement français des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH), affilié à la FFB. Les moins résilients n’y résistent pas. Dix entreprises sur les quelque 200 adhérentes au GMH ont ainsi dû déposer le bilan depuis début 2014. C’est que certaines sources de financement se tarissent. Si le ministère de la Culture a maintenu sa contribution à la restauration des bâtiments classés ou inscrits au titre des monuments historiques (312 millions d’euros par an), l’effet de levier qu’il génère traditionnellement s’est enrayé. Les collectivités, sous l’effet de la pression budgétaire (baisse des dotations de l’Etat), des modifications de leurs exécutifs, de leurs compétences ou de leurs contours géographiques (pour les régions), sont dans un attentisme généralisé. Si bien que Didier Durand tire la sonnette d’alarme. « 2016 sera une année morte » pour le secteur, prévient-il, prévoyant que « de nombreuses opérations ne se feront pas ».

Evidemment, la situation est hétérogène sur le territoire. Et les professionnels vont chercher les opportunités là où elles se trouvent, « prenant leurs baluchons comme à l’époque de la construction des cathédrales ». Certains arrivent à exporter leurs savoir-faire en Russie, au Moyen-Orient ou aux Etats-Unis. La plupart tentent de se tourner davantage vers les marchés privés, en France, notamment auprès de riches propriétaires originaires des pays précités. Le GMH se bat aussi pour que la possibilité d’apposer des bâches publicitaires sur les chantiers de restauration, supprimée lors des débats sur le projet de loi relatif à la biodiversité (toujours en discussion au Parlement), soit rétablie. Ces bâches constituent en effet « une source financière majeure qui permet de couvrir de 20 à 100 % des travaux de restauration d’un bâtiment », explique Didier Durand.

Des clauses d’apprentissage dans les marchés publics ?

Autre sujet majeur, la transmission des savoir-faire. Dans un secteur où l’excellence est un facteur-clé et différenciant, où les qualifications Qualibat les plus hautes sont nécessaires et remises en jeu tous les quatre ans, cette transmission est essentielle dans la réussite des entreprises. Et la formation en apprentissage, qui représente en moyenne de 10 à 15 % des effectifs d’une entreprise, est vitale. C’est pourquoi Didier Durand regrette que le Code des marchés publics impose des clauses d’insertion « alors qu’il serait plus utile et judicieux d’y intégrer des clauses d’apprentissage ». Malgré les difficultés, des initiatives voient le jour comme la création de la formation « brevet professionnel de taille de pierre monuments historiques » (BPMH), une formation « d’excellence » pilotée par le GMH qui a ouvert ses portes le 10 septembre dernier.

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