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La réception négative de l'annonce de la baisse des APL par les bailleurs sociaux

Stéphane Menu Journaliste |  le 24/10/2017  |  ImmobilierLogementTransportsGirondeIlle-et-Vilaine

Opération « qui ne tient pas la route », reposant sur des « hypothèses erronées », selon l'USH, à la proue de la fronde. La baisse des APL dans le parc social est vécue par les bailleurs comme une atteinte grave à leur survie. Notamment dans les territoires ruraux…

La baisse des APL de 1,4 Md€ aura une conséquence directe pour les locataires du parc social : moins 60 € en moyenne pour chacun d'entre eux, perte compensée par les bailleurs sociaux invités eux-mêmes à baisser leur loyer… Pour l'Union social pour l'habitat (USH), cette option n'est même pas discutable. Frédéric Paul, son délégué général, l'a fait clairement et durement savoir : « Cette opération ne tient pas la route, elle n'est pas sérieuse, elle repose sur des hypothèses pour le moins erronées, elle ne permet pas de disposer de contreparties raisonnables ». L'USH a en effet sorti sa calculette : pour un bailleur social possédant 10 000 logements, dont la moitié des locataires perçoivent l'APL et recevant chaque année 40 M€ de loyers, cette ponction équivaudrait à une perte annuelle de 3,6 M€. Soit le montant des fonds propres dévolus à la réhabilitation des immeubles et à la construction de nouvelles unités d'habitation.

La garantie des collectivités territoriales sollicitée ?

Résultat : « Nous estimons que 120 organismes vont très vite se retrouver au tapis : s'ils continueront à payer salariés et fournisseurs, leurs échéances de prêts auprès de la Caisse des dépôts et consignations risquent de ne plus être honorées », poursuit Frédéric Paul dans son réquisitoire. Et d'étendre ce constat inquiétant aux collectivités territoriales : ces dernières garantissent en effet 95 % des emprunts des bailleurs sociaux auprès de la Caisse des dépôts ; elles pourraient ainsi être rapidement confrontées à la nécessité d'être appelées en garantie de bailleurs sociaux frappés d'impécuniosité. Certains élus locaux ont d'ailleurs senti venir le danger, comme Nathalie Appéré, maire de Rennes, ou encore Alain Juppé, maire de Bordeaux. Une crainte exprimée par Lionel Royer-Perrault, président de « 13 Habitat », premier [...]

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