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La présence française se renforce

GUILLAUME DELACROIX, PATRICE DROUIN, LAURENCE FRANCQUEVILLE, JEAN-MICHEL GRADT, MICHEL OCTERNAUD, FRANCOISE VAYSSE |  le 24/04/1998  |  EuropePME du BTPTransportsEntreprisesIndustrie

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Les pays d'Europe centrale et orientale (Peco) intéressent de plus en plus les majors et les PME du BTP français, les entreprises routières, les industriels, les professionnels de l'immobilier, les grands groupes hôteliers, etc. La présence française se renforce surtout dans les Etats qui devraient adhérer en premier à l'Union européenne, en particulier la Pologne, la République tchèque et la Hongrie.

MAJORS DU BTP Des projets très ciblésPeu de majors se sont encore réellement aventurés à l'Est, sauf pour y mener ponctuellement des « coups » bien assurés de toutes parts. Bouygues est sans doute le major le plus actif à l'Est : il y a réalisé des chantiers-phares tels que l'hôtel Iris à Moscou en 1991, le centre de commerce international de Bucarest en 1994, l'European business center de Budapest, le palais présidentiel du Kazakhstan en 1994, la mosquée de Gueok Tepe au Turkménistan en 1995. Et, l'an passé, Bouygues a livré le siège social de l'Imperial Bank à Moscou, la Cité financière de Bucarest et le nouveau terminal de l'aéroport de Prague. Il réalise actuellement les sièges sociaux de la Citibank et de la Banque de développement des exportations à Varsovie et un hôtel 5 étoiles à Kipsala en Lettonie. En mars, Bouygues, allié à la banque méricaine Lehman et au conseil immobilier international Jones Lang Wootton, a annoncé la création d'un fonds d'investissement immobilier de 900 millions de francs pour investir dans des centres commerciaux dans les pays de l'Est. SGE. CBC, aujourd'hui fondu au sein de la SGE dans Campenon Bernard SGE et Sogea, a été un autre grand pionnier. Le pôle construction de la Générale des eaux est présent en Europe centrale au travers de Warbud, à Varsovie en Pologne (bâtiments publics, bureaux, TP), de FCC à Prague en Tchéquie (complexe immobilier de Myslbeck, bureaux...), de Freyssinet (béton précontraint) à Bucarest en Roumanie. Par ailleurs, le groupe a fait une offre pour construire le sarcophage destiné à neutraliser la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine (Campenon Bernard SGE). Il s'intéresse au métro de Saint Pétersbourg en Russie et à des contrats d'autoroutes en Pologne. Groupe GTM est présent dans le BTP au travers d'Hidépito (340 millions de francs de chiffre d'affaires) et de SMP technique (161 millions) en Hongrie, mais il ne réalise pas actuellement de gros chantiers, hormis la réhabilitation de plusieurs centrales hydroélectriques en Géorgie. Spie Batignolles est actuellement très peu présent à l'Est, mais continue à prospecter : le groupe a livré l'an passé à Novossibirsk, en Sibérie, le bâtiment Aida destiné à l'entreposage en toute sécurité des composés issus du démantèlement des armes nucléaires russes. Spie Batignolles a, par ailleurs, en Pologne un contrat de fondations spéciales. ENTREPRISES ROUTIERES Priorité aux acquisitionsCertains majors sont également très présents au travers de leurs filiales routières. Les enjeux dans les pays de l'Est sont en effet énormes. Le programme des grandes infrastructures européennes prévoit notamment des corridors en Hongrie et en République tchèque, vers la Russie, et en Pologne, sur l'axe Paris-Berlin-Moscou. Colas. Pionnier en Europe de l'Est, le leader mondial a acheté, à la fin de 1997, 51 % de l'entreprise polonaise Strada (45 millions de francs de chiffre d'affaires) et poursuit ses activités en Hongrie, où elle possède quatre sociétés, dont Eszakkö et Pestkö (producteurs de granulats). Ses chantiers : l'autoroute M5 (mise en service en juin, deuxième phase en 1999), 5 km du périphérique de Budapest, le réseau d'eau potable de Tatabanya-Bicske et une déchetterie dans la capitale. La filiale de Bouygues est aussi présente en République tchèque (autoroute Prague-Brno), en Roumanie (réhabilitation des routes 4A et 4B, sur 110 km), et en Croatie (le « Y » d'Istrie, sur 145 km). Colas fonde enfin des espoirs en Bosnie et en Serbie. L'Entreprise Jean Lefebvre travaille en Tchéquie, avec sa filiale SSZ, qui a augmenté son activité de 8 % en 1997 : elle a élargi l'autoroute Prague-Brno en 1996, réhabilité l'an passé l'autoroute D1, poursuit la construction de l'autoroute D5 Prague-Dresde et cherche à s'implanter aujourd'hui en Roumanie. EJL intervient de plus en Lituanie, via Sauskelis, qui a réalisé un ruban de 60 km, et construit un viaduc sur la route Vilnius-Minsk. Eurovia, pôle routier de la SGE, est présente en Pologne, où elle a racheté une petite entreprise (10 millions de francs de chiffre d'affaires en 1998), et s'apprête à concrétiser une seconde acquisition. La Slovaquie présente un meilleur avenir que la République tchèque, selon son président Roger Martin, qui vient de reprendre 32 % d'une société slovaque (300 millions de francs de chiffre d'affaires). Quant à l'entreprise VBU (1,4 milliard de francs), filiale de SGE Deutsche Holding en ex-RDA, sa position reste déficitaire après une réduction de 50 % de ses effectifs. PME DU BTP Un intérêt croissantPeu de PME sont encore présentes à l'exportation en général. Cependant, elles sont nombreuses à s'intéresser à des débouchés à l'Est en particulier, comme en témoigne le cercle formé par les entreprises à la commission exportation qui fonctionne à la Fédération nationale du bâtiment, présidée par Bernard Tarbès. Parmi ces entrepreneurs : Cunin à Contrexéville, une PME de bâtiment, plomberie, chauffage, couverture et climatisation, qui réalise déjà 35 % de ses 45 millions de francs de chiffre d'affaires à l'exportation, notamment en Russie, mais surtout sur de gros marchés en Asie. En Pologne, travaillent notamment Cofor (gros oeuvre, réhabilitation à Ivry-sur-Seine), SGP (génie climatique, plomberie à Annecy), Demathieu et Bard (BTP à Montigny les Metz), Schocher (génie climatique à Elbeuf)... INDUSTRIELS DU BTP Un rôle de pionniersLes industriels des matériaux de construction (cimentiers et plâtriers en tête) sont entrés en Europe de l'Est dès la réunification allemande. Saint-Gobain. Le groupe présidé par Jean-Louis Beffa a été, l'an dernier, le premier investisseur privé français en Pologne. le pays offre d'excellentes perspectives, tant pour les produits de gros oeuvre (Saint-Gobain) que de second oeuvre où, avec les travaux de rénovation, les synergies avec les filiales de Poliet pourront jouer à plein. « Nos priorités dans les pays de l'Est sont la Tchéquie, et surtout la Pologne, où l'on construit une nouvelle unité de laine de verre et où nous allons nous développer dans la laine de roche et les mortiers. Par ailleurs, nous regardons vers la Roumanie. Quant à la Russie, nous y avons des commerçants. Nous expédions de la laine de verre jusqu'à Vladivostock », explique Jean-Louis Beffa. Sommer-Allibert. « L'an dernier, l'Europe de l'Est a progressé de 100 % et la zone représentera près de 7 % de l'activité revêtement (hors Allemagne) de Tarkett Sommer en 1998, se réjouit le président de Sommer Allibert, Marc Assa. Les plus gros marchés, pour les revêtements de sols, se situent en Europe centrale où nous allons proposer des produits ad hoc ». Dirickx. La PME mayennaise (371 millions de francs de chiffre d'affaires), spécialiste de la clôture métallique, a choisi de s'implanter en Pologne, en Tchéquie et en Slovaquie (principal site avec 127 personnes et des extensions prévues en 1999) où, depuis 1996, la progression de l'activité est de 30 %. Depuis janvier 1998, le P-DG, Jacques Dirickx a signé un nouveau joint-venture, en Hongrie, avec un partenaire local. SERVICES URBAINS Un gisement de projetsLa présence française reste assez concentrée géographiquement. La Générale des eaux a remporté quelques succès en Hongrie (assainissement de Budapest, chauffage urbain de Dorog et Estergon, gestion des installations thermiques de deux gares). Suez-Lyonnaise des eaux, déjà présente en République tchèque, a décroché deux concessions en 1997 en Slovénie (station d'épuration de Maribor) et en Hongrie (eau de Budapest). Le savoir-faire français devrait pourtant trouver sa place dans la mesure où la mise aux normes européennes nécessitera des investissements colossaux dans l'eau, l'assainissement - la Hongrie doit construire 59 stations d'épuration d'ici 2010 -, les déchets, le chauffage urbain, ainsi que le gaz et l'électricité (privatisations prévues). IMMOBILIER Des touches à concrétiserSi Bouygues Immobilier n'est pas présent dans la région, quelques promoteurs s'intéressent au marché, sans avoir rien encore concrétisé. Les Nouveaux Constructeurs sont en état de veille (notamment en Pologne) sur le marché du logement depuis 4 à 5 mois, mais rien de concret n'est encore conclu. Park regarde aussi le logement polonais, mais, là encore, tout est en devenir. MI SA, qui regroupe les activités du groupe CGIS dans la maison individuelle, devrait prochainement signer un accord de transfert de technologie avec un acieriste tchèque portant sur 500 maisons. Les deux parties pourraient exporter vers l'Ukraine,la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie étant entendu que cet accord n'empêchera pas MI SA de conclure des contrats bilatéraux dans ces pays. Cela devrait être notamment le cas en Slovaquie, pour une première tranche de 200 maisons « prêtes à finir ». CONTACTSContacts auprès des postes d'expansion économique dans les ambassades de FranceBULGARIE, Vesselin Chicov, attaché BTP tél : (359-2) 72.04.71/22.50/39.03;ESTONIE, Philippe Bravard, chef de Poste tél : (372-2) 45.39.66. HONGRIE, Thierry Le Cocq, attaché BTP tél : (36-1)266.12.40. LETTONIE, Claude Berruet, chef de Poste tél : (371-7) 22.28.96/14. LITUANIE, Jacques Bignalet, chef de poste tél : (370-2) 223.786 ; 222.988. POLOGNE, Roger Del Rio, attaché BTP tél : (48-22) 628.84.01. REPUBLIQUE TCHEQUE, Elise Martin, attaché BTP, tél : (420) 24.81.65.66 ; 232.60.04ROUMANIE, Patrick Schille, attaché BTP tél : (40-1) 312.02.87/57. SLOVAQUIE, Jean-Marie Schott, chef de poste, tél : (421-7) 533.56.66/86/91SLOVENIE, Peter Rozman, attaché BTP tél : (386-61) 126.25.88. PHOTOS :Bouygues : la BRE et le siège de la Citibank à Varsovie. Colas : autoroute M5 en Hongrie. Sommer-Allibert : école en Hongrie. Précision parue dans le 08/05/1998 page 28 : C'est le groupe Bouygues et non sa filiale Colas, qui mène à bien le projet dit du Y d'Istrie en Croatie

Point de vue Alain Dupont, P-DG de Colas

« Il n'y a rien de nouveau à l'est. Ces pays ne prennent pas spécialement le relais de l'Asie, comme certains le prétendent. Nous y sommes présents depuis de nombreuses années. Les perspectives sont évidemment positives, puisqu'il n'existe pratiquement pas d'autoroutes dans cette région. Des projets sont à l'étude vers l'Asie centrale, comme par exemple la route de la soie. Et aujourd'hui, la Pologne et la Slovaquie rejoignent la Hongrie et la République tchèque pour leur dynamisme, la seule façon de pénétrer ces marchés demeurant la croissance externe. »

Point de vue Philippe Rollier, Directeur Centre-Europe du groupe Lafarge

« C'est à partir de Berlin et de l'Autriche que nous nous sommes développés, à la faveur des privatisations. Avec trois usines, nous détenons 23 % du marché polonais, et avec l'acquisition de Romcim, 40 % du marché roumain du ciment. Récemment, nous avons fusionné deux usines au sud de Moscou et ouvert une tête de pont en Urkraine. Ainsi, sans compter les positions de Redland, Lafarge représente en Europe de l'Est 4 à 5 milliards de francs de chiffre d'affaires, 13 millions de tonnes de ciment produites et près de 13 000 emplois. Bien que la concurrence se fasse rude, certains pays, comme la Pologne, connaissent des croissances de consommation de matériaux à deux chiffres. Tchéquie et Hongrie, suivront, avec un décalage dans le temps. »

HOTELLERIE, DISTRIBUTION, COMMERCE un intérêt soutenu

Plusieurs implantations existent déjà dans le domaine des services, commanditaires du BTP, et beaucoup sont en germe.

Le groupe Accor, un des leaders mondiaux de l'hôtellerie et de la restauration, est déjà très présent en Europe centrale et orientale. Ne compte-t-il pas 29 établissements (37 si l'on y inclut l'ex-RDA) dans cette partie du monde ? «Nous avons de très nombreux projets en Hongrie, République tchèque, Pologne, Roumanie, Croatie, Estonie, etc. », explique Claude Moscheni, directeur Amérique/Europe du groupe.

Son groupe suit de très près les pays qui devraient adhérer en premier à l'Union européenne.

La Ségécé (groupe Compagnie bancaire), leader français de l'urbanisme commercial, regarde attentivement ce qui se passe, « en particulier en Pologne, Hongrie et République tchèque où nous aurons probablement réalisé des opérations avant l'an 2000 », remarque Eric Ranjard, le vice-président. Dans certains cas, la Ségécé accompagnera l'implantation de grands groupes de distribution, type Leclerc.

Le distributeur Leclerc implanté à Lublin et à Varsovie (déjà deux magasins dans la capitale polonaise, un troisième doit ouvrir d'ici à la fin de l'année), devrait disposer d'une vingtaine de Super et d'Hyper polonais d'ici à cinq ans. En 1998, outre Varsovie, deux autres ouvertures sont programmées à Lodz et Radom.

« L'environnement polonais est favorable à la grande distribution. Ce qui ne nous empêche pas d'étudier des projets dans d'autres pays de l'Est », affirme Philippe Seligmann, un des responsables du groupement d'achats Leclerc.

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