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La pierre sèche a rendez-vous dans les Cévennes
A Ventalon-en-Cévennes (Lozère) l'école de la pierre sèche jouxte un centre d'essais installé en 2017, au service de la filière. - © ABPS

La pierre sèche a rendez-vous dans les Cévennes

Laurent Miguet |  le 25/02/2019  |  Artisans du paysageRecherche et développementTravaux publicsArtisans

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Programmées sur trois ans en 2016, 14 actions de promotion et de consolidation de la filière pierre sèche aboutissent à un colloque de restitution, les 4 et 5 avril à Florac (Lozère) avec la participation de Paysage Actualités.

En contrebas de la route des Crêtes  qui traverse le cœur du Parc national des Cévennes, la plate-forme technique d’essais mise en service en mai 2017 va servir de point d’appui à une recherche lourde d’enjeux pour l’avenir de la pierre sèche.

« Il s’agit d’évaluer le comportement des murs de soutènement posés en clavade, c’est-à-dire avec des pierres disposées à la verticale », résume Cathie O’Neill, directrice de l’association des artisans bâtisseurs en pierre sèche (ABPS), dont le siège se trouve de l’autre côté de la route, dans le hameau d’Espinas, à Ventalon-en-Cévennes. Une future thèse, portée par les grandes écoles françaises de Génie civil, donnera-t-elle des arguments pour rouvrir les marchés routiers au matériau naturel ? Cet espoir justifie le dossier en cours de montage.

Changement de braquet

Ce projet illustre le changement de braquet en cours chez les pierreux du Massif central : alors qu’un programme de recherche et de promotion du matériau naturel engagé en 2016 s’achève cette année, le fonds national d’aménagement et de développement des territoires se prépare à examiner le dossier de financement d’un nouvel exercice de deux ans, jusqu’en 2021.

La mise en place de la plate-forme d’essais d’Espinas s’est appuyée sur le premier programme, baptisé Laubamac, acronyme de Lauziers et bâtisseurs du Massif-Central. Doté de 780 000 euros entre 2016 et 2019, ce premier exercice a également permis une première caractérisation de la pose clavée.

L’évaluation de cette technique émargerait au second, baptisé Laubapro. Dans la troisième syllabe, la disparition  du Massif central, au profit d’une référence au monde professionnel, témoigne d’une volonté de s’adresser à tous les territoires prêts à redécouvrir la ressource locale, disqualifiée au XXe siècle par les matériaux industrialisés. La prochaine édition de la revue mensuelle Paysage Actualités, partenaire du colloque de restitution des 4 et 5 avril à Florac, reviendra en détail sur le bilan et les perspectives de la pierre sèche, dans la dernière ligne droite de Laubamac.

Nouveaux adeptes

La reconduction du tandem composé par ABPS et le Parc national des Cévennes, dans l’animation de Laubapro, confirme la continuité. L’arrivée de nouveaux acteurs témoigne d’une envie partagée d’aller plus loin. Autour des deux chevilles ouvrières, les 14 actions du premier programme avaient associé la Chambre de métiers de la Lozère, l’école IMT Mines d’Alès et trois parcs naturels régionaux : Grands Causses, Causses du Quercy et Monts d’Ardèche. L’unité départementale de l’architecture et du patrimoine de Lozère avait également contribué au montage.

Quatre nouveaux acteurs entrent dans la danse de Laubapro, à travers des actions  ou des soutiens techniques et financiers : le PNR de l’Aubrac, né en 2018, les artisans lauziers couvreurs (ALC, petite sœur de l’ABPS), Gens des pierres (association ardéchoise) et la communauté de communes Comtal, Lot et Truyère, dans l’Aveyron.

Matériau contemporain

Parmi les ultimes actions en cours d’achèvement dans le premier programme, l’inventaire des usages contemporains de la pierre sèche étonne jusqu’à sa principale auteure : « Moi qui pensais bien connaître le sujet, ce travail m’a impressionné, encore plus dans le domaine du paysage que de l’architecture », témoigne l’architecte Hélène Bouchard-Séguin, principale auteure de l’étude.

Avec la tour à eau réalisée par le collectif Elips et Bernard Maingard, le paysagiste Gilles Clément a répondu à une commande du parc naturel régional des Monts d'Ardèche, consacrée à la ligne de partage des eaux. 

Et d’énumérer les principaux types d’ouvrage recensés : prévention des risques d’inondation, expression artistique illustrée par l’œuvre du paysagiste Gilles Clément pour la ligne de partage des eaux dans les Monts d’Ardèche, abris faunistiques, soutènements, clôtures de lotissements, calades (chemins dallés), panneaux pour sentiers d’interprétation, délimitations de champs...

La liste devrait continuer à s’enrichir, pour une filière professionnelle en pleine renaissance, entrée en novembre dernier dans le patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

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