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La nouvelle vie de l'écluse de Beaucaire

philippe donnaes |  le 24/02/2017  |  TransportsGardHéraultParisRhône

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Des travaux de rehaussement et de renforcement permettront de faire face aux risques de la crue millénale du Rhône.

Le canal du Rhône à Sète (Hérault) a été construit pour relier le Rhône au canal du Midi, en allant de Beaucaire (Gard) à Sète et l'étang de Thau. A la suite de l'aménagement du barrage de Vallabrègues, mis en service en 1970, l'écluse de Beaucaire, construite sur un bras du Rhône, a été fermée, condamnant ainsi le port, situé au cœur de la ville, à devenir une impasse.

Cure de croissance de 40 cm. Une revue à la hausse des paramètres de la crue millénale du Rhône est à l'origine d'un projet de mise en sécurité. La cote actuelle du mur de front de l'écluse devant passer de 12,70 à 13,10 de niveau de nivellement général de la France (NGF). « Pour ce faire, nous devons mettre en place un batardeau métallique définitif, donc plus haut que les portes actuelles, qui viendra s'insérer dans deux poteaux béton rainurés de 12 m de hauteur, ancrés dans le radier existant et prolongés par un voile support en béton », explique Damien Bacon, le responsable du chantier de Buesa, entreprise mandataire du projet. Pour reprendre les efforts importants résultant de la poussée des eaux sur le batardeau, chacun des poteaux sera par ailleurs équipé de quatre tirants forés de 12 à 18 m de longueur. Deux prises d'eau seront également installées, en pied du batardeau, afin d'alimenter deux canalisations Ame Tôle (1), d'environ 70 m de longueur et 1 400 mm de diamètre, placées en fond du canal. « Elles seront posées par tronçon de 6,20 m de longueur, sur un béton de propreté, et stabilisées par un béton de blocage, coulé de part et d'autre », détaille Damien Bacon. Un remblaiement (jusqu'à la cote 5,44 NGF) sera alors effectué (les remblais étant constitués d'une granulométrie de 0/60 et d'une couche de finition en 31,5). « Des enrochements seront ensuite placés à l'aval afin de stabiliser les talus », complète le responsable de chantier. Ces deux conduites assureront le maintien de l'alimentation en eau du port de Beaucaire et de l'écluse de Nourriguier, ainsi que celle des différents exploitants.

Pompage en phase travaux. « Ce maintien est l'une des contraintes principales du chantier, poursuit Damien Bacon, puisqu'il faut, bien entendu, garantir cette alimentation en eau durant la phase travaux. » Soit un débit contractuel de 6 250 m3 /h qui est assuré par quatre pompes installées en tête de l'ouvrage et sous contrôle d'une équipe d'astreinte.

Avant toute chose, il a fallu procéder au nettoyage du chenal, après relevés bathymétriques afin d'évaluer l'épaisseur de la couche des sédiments. Quelque 600 m3 de matériaux ont ainsi été extraits, au moyen d'une grue treillis de 80 tonnes, puis évacués. Deux butons définitifs de 12 à 14 m de longueur (diamètre de 500 mm) seront par ailleurs mis en place, à l'arrière du batardeau, afin de pérenniser les bajoyers. Il s'agit en effet de constructions séculaires en maçonnerie, d'une hauteur d'environ 12 m, qui risquent d'être fragilisées lors de la vidange de l'écluse. Et ce en raison des efforts de pression qui seront alors générés par la nappe phréatique. « Comme nous ne savions pas comment allait se comporter la structure, nous avons proposé un suivi géométrique, en temps réel, des bajoyers », explique le responsable de chantier. Il est assuré par deux théodolites motorisés qui auscultent en permanence une dizaine de cibles réparties en tête et à mi- hauteur. Des seuils de pré-alerte et d'alerte ont été définis, de respectivement 3 et 5 mm, avec définition de procédures idoines. « Les mesures ont débuté un mois avant la vidange, afin d'appréhender la respiration de l'ouvrage en fonction des conditions de température et des variations du niveau de la nappe », conclut-il.

Maîtrise d'ouvrage : Voies navigables de France. Maîtrise d'œuvre : BRL Ingénierie. Coordonnateur SPS : Présents.

Bureau de contrôle : Socotec. Entreprises : Groupement Buesa (mandataire)/Joseph Paris. Montant des travaux : 2,1 millions d'euros HT.

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PHOTO - 5974_377301_k3_k1_947327.jpg - © PHILIPPE DONNAES
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PHOTO - 5974_377301_k5_k1_947329.jpg - © SOURCE : VNF
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PHOTO - 5974_377301_k6_k1_947330.jpg - © D. R.
(1) Brevetée par Bonna Sabla, elle est constituée d'une âme en tôle acier prise en sandwich entre deux épaisseurs de béton.

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