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La nouvelle stratégie d'Eiffage Construction

GUILLAUME DELACROIX |  le 03/03/2000  |  EvénementEntreprisesTransportsPolitique socialeAveyron

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Le BTP du groupe EIFFAGE est sur les rails

Décidée au cours de l'été 1999, la réorganisation complète du groupe Eiffage est maintenant effective. Sur le plan juridique, d'ailleurs, tout fonctionne depuis le 1er janvier 2000. Après le lancement d'Appia, qui regroupe les entreprises routières du groupe, Eiffage Construction a présenté au « Moniteur » son périmètre, et la stratégie de sa maison mère dans le BTP. Le bâtiment constitue l'élément majeur du nouvel ensemble créé par le rapprochement de SAE, Fougerolle et Quillery. En effet, en y incluant la promotion immobilière, il représente 70 % du chiffre d'affaires total d'Eiffage Construction. Et si l'immobilier est consolidé « à part » chez Eiffage, à l'instar de ce qui est prévu pour les activités du groupe en Belgique, il reste fortement lié au bâtiment « pur » (activité entreprise).

« Nous avons la volonté de réaliser 25 % du chiffre d'affaires bâtiment grâce à l'apport de l'immobilier, précise Alain Petit, aujourd'hui en charge d'Eiffage Immobilier. Le lien entre la promotion et la construction est une caractéristique culturelle du groupe, et il devrait se renforcer. »

En 1999, Eiffage Construction a bénéficié de la reprise. Parmi ses grands chantiers en cours : l'aérogare de Bâle-Mulhouse, l'Arc de Seine et le siège d'Aventis à Paris, et le centre commercial des Cordeliers à Poitiers. Pour ce qui est de l'immobilier, dont les marques HDI, SAE Immobilier et Sofracim sont appelées à disparaître peu à peu au profit d'Eiffage Immobilier, l'exercice passé a notamment enregistré la vente de 4 860 logements, ce qui place l'entreprise au troisième rang français.

Dans les travaux publics, qui pèsent 22 % du chiffre d'affaires, Eiffage Construction regroupe le génie civil et les grands travaux, les terrassements et l'environnement. Le niveau d'activité s'est correctement maintenu l'année dernière, avec de beaux ouvrages comme le viaduc de la Dordogne sur l'A10, le viaduc des Barrails sur l'A89, le prolongement de Météor entre Madeleine et Saint-Lazare, et le redémarrage du tunnel de l'A86 ouest.

Bonnes perspectives pour 2000

Enfin, à l'international (8 % de l'activité) le groupe souhaite garder ses positions en Asie et en Afrique. Il construit actuellement deux tours aux Philippines, et vient de remporter deux tunnels au Luxembourg, ainsi que deux centrales électriques en Egypte. Globalement, Eiffage Construction a ainsi réalisé 2,9 milliards d'euros (19 milliards de francs) de chiffre d'affaires en 1999, soit une hausse d'environ 12 % par rapport à 1998. Les bénéfices annoncés au début du mois de mars devraient être en hausse. Pour l'an 2000, l'activité devrait croître d'au moins 5 %.

« Avec Eiffage Construction, nous devenons plus lisibles , résume Richard Bouvier, son président. Si la concurrence interne était loyale jusqu'à présent, elle ne favorisait pas les synergies. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas, et nous travaillons tous ensemble. »

Des « mariages » de proximité

Quant à marier des équipes aux cultures d'entreprise très différentes, Richard Bouvier concède que c'est du sport, mais se félicite que cela fonctionne « dès lors que les gens se connaissent ». Les rapprochements obéissent à des logiques régionales : là où l'une des trois enseignes d'origine est leader, elle doit accueillir les deux autres.

Pour justifier le maintien d'Eiffel hors de son périmètre, Richard Bouvier s'appuie sur trois arguments pertinents : le métal est un métier différent du béton ; Eiffel doit pouvoir remettre des offres qui lui sont propres face à ses concurrents ; enfin, les conventions collectives ne sont pas les mêmes.

GRAPHIQUES

Chiffre d'affaires 1999 par métiers

Le bâtiment inclut l'activité de promotion immobilière de la nouvelle enseigne Eiffage Immobilier, mais pas les activités d'Eiffage en Belgique.

Chiffre d'affaires par sociétées d'origine

SAE et Fougerolle représentent plus des trois quarts de l'activité du

nouvel ensemble, dont les effectifs totalisent 15 000 personnes en France.

Richard Bouvier, un président modeste

Le président du nouveau pôle d'Eiffage Construction est discret. Il use de ses qualités de diplomate pour que les cultures de SAE, Fougerolle et Quillery s'assimilent bien les unes aux autres, et il revendique pour cela son goût du dialogue et de l'écoute. Agé de 57 ans, Richard Bouvier est surtout un homme de terrain. Diplômé de l'Ecole Polytechnique et du Chebap, il a commencé sa carrière dans une PME, Castells, qui a depuis rejoint Eiffage. Il a travaillé à la SGE de 1979 à 1986, dont quatre ans sur des chantiers en Asie. Passionné par le BTP à l'international, il est resté quatre ans en Chine pour SAE, avant de regagner la métropole comme chef de projet à Rouen. Richard Bouvier est président d'Eiffel depuis 1991, administrateur de Soficom (filiale belge d'Eiffage) depuis 1995, et était président de SAE depuis 1998.

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Pourquoi Eiffage veut soumissionner à Millau

Finalement parti sans Bilfinger + Berger dans la première phase de sélection pour le viaduc de Millau, le groupe Eiffage avance plusieurs arguments de poids pour légitimer sa candidature.

Selon Richard Bouvier, « l'ouvrage n'est pas extraordinaire, et Eiffage Construction possède toutes les compétences nécessaires à son exécution ». Exemple : EGI, filiale de Quillery, spécialiste des structures de génie civil de grande hauteur. « EGI est le champion français des pylônes en béton. Cette entreprise a construit les cheminées de la centrale thermique de Cordemais, et les aéro-réfrigérants de la centrale nucléaire de Civaux », souligne-t-on au siège.

Par ailleurs, la filiale belge de SAE possède également un savoir-faire dans ce domaine, avec comme référence la fameuse tour de télévision de Bruxelles.

Pour ce qui est du tablier, la variante béton fait travailler les équipes de Quillery et de Fougerolle, la variante acier l'entreprise Eiffel. « Tous ont travaillé peu ou prou sur le pont de Normandie, c'est même Munch, filiale d'Eiffel, qui a réalisé la travée métallique ! » rappelle Richard Bouvier.

Enfin, concernant le haubanage, plusieurs sociétés d'Eiffage ont oeuvré sur le pont à haubans du père Pire, en Belgique, et sur le pont à haubans d'Oberargen, en Allemagne. Sans compter que la Setec et Monberg & Thorsen ont rejoint Eiffage, avec comme expériences respectives parmi tant d'autres : le pont de l'Elorn, et le pont de Normandie, encore lui !

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