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« La nouvelle réglementation amiante renchérit fortement nos prestations »

Propos recueillis par Florent Lacas |  le 22/06/2012  |  Nord

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Daniel Midavaine, président du Syndicat national des entreprises de démolition (Sned) -

Alors que le Syndicat national des entreprises de démolition tient sa Rencontre des métiers à Lille, les 22 et 23 juin, son président Daniel Midavaine détaille comment la nouvelle réglementation amiante changera la donne dans le secteur, en particulier en termes de prix.

Le décret du 4 mai divise par dix la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) à l’amiante en 2015. Comment les entreprises de démolition vont-elles s’adapter ?

Ce décret nous impose en effet, d’ici le 1 er juillet 2015, de passer à une VLEP à dix fibres par litre, alors que nous sommes aujourd’hui à cent. A partir du 1 er juillet 2013, nous devrons faire appel, sur chaque chantier, à un organisme contrôlant le niveau d’empoussièrement des lieux par la méthode du microscope électronique à transmission analytique au lieu de la microscopie optique (MOCP). Et la distinction, dans le Code du travail, entre l’amiante friable et non friable a été supprimée. La principale conséquence de ce durcissement de la réglementation sera qu’avant d’attaquer chaque chantier, les démolisseurs devront mener une réflexion profonde pour définir les moyens humains et techniques adaptés à la situation. Cela passe, entre autres, par l’obligation d’intégrer un bureau « Méthodes » dans nos entreprises.

Allez-vous devoir investir dans de nouveaux équipements ?

Oui. Nous devons en effet robotiser quand c’est possible le maximum de tâches. Des solutions existent aussi pour éviter la pollution de certains équipements, difficiles à décontaminer, en installant par exemple le bloc-moteur d’une centrale d’aspiration en dehors de la zone de travail. Plus puissant et plus efficace que des centrales individuelles, cet équipement pose cependant des contraintes de transport et d’acheminement sur le chantier. Nous nous penchons également vers des appareils radioguidés, mais le marché est encore trop atomisé. Notre commission « Machines et outils » travaille avec les fabricants pour trouver les meilleurs moyens de mécaniser le retrait de l’amiante.

Quel sera l’impact économique de la nouvelle réglementation amiante ?

Elle générera une forte augmentation du prix de nos prestations, du fait des investissements importants en matériel, préparation de chantier et formation des salariés. Le désamiantage représente aujourd’hui entre 30 et 40 % de nos dépenses sur une opération. Avant, nous nous situions à 20-25 %.

Cela augure-t-il d’un coup de frein sur votre activité ?

La révision des conditions financières de nos prestations nous laisse craindre que certains chantiers ne soient plus réalisés. Les élections présidentielles puis législatives constituent un autre facteur d’attentisme. Il y a toutefois un point positif : en 2011, nous avons profité d’une progression de 5 % du volume d’activité, ce qui nous a permis de reconstruire partiellement nos marges. Nos entreprises peuvent donc maintenir leur effort en recherche-développement.

Comment accueillez-vous le décret imposant la réalisation d’un diagnostic déchets avant la démolition de certains bâtiments ?

Nous réclamions, depuis plusieurs années, un tel outil permettant d’établir une traçabilité des déchets. En particulier car certains démolisseurs peu soucieux de la protection de l’environnement font de la concurrence déloyale, en proposant des prix inférieurs aux entreprises de démolition vertueuses sur le plan du tri des déchets. A présent, chacun sera mis en face de ses responsabilités, et cela permettra de mieux impliquer les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre sur les solutions retenues.

Ce décret est-il bien appliqué ?

Pas toujours, car il n’y a pas assez d’experts compétents et indépendants disponibles pour réaliser ces diagnostics déchets. Il faudra du temps pour en former. Par exemple, établir un diagnostic de la ferraille précis n’est pas simple. Et si l’on constate des écarts entre les diagnostics initiaux et le résultat final, l’entreprise devra les justifier.

Quid de la qualité des diagnostics ?

Ils ne sont pas assez précis et souvent incomplets. En tant que professionnels, nous avons l’obligation d’informer nos clients en cas d’erreurs dans le repérage. Mais ils soupçonnent parfois l’entreprise d’exagérer la quantité de déchets à traiter puisque cela augmente le prix de notre prestation. Les maîtres d’ouvrage peuvent aussi nous trouver très exigeants, alors que nous ne faisons qu’appliquer la réglementation. Pour résoudre ces malentendus, nous présentons un guide - sur les points essentiels d’un dossier de consultation des entreprises - réalisé avec l’Union nationale des économistes de la construction.

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PHOTO - 652725.BR.jpg - © Charles Delcourt/Light Motiv/Le Moniteur

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