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La nouvelle ligne de métro dynamise l'agglomération lilloise

annick loréal, élisabeth allain-dupré, guillaume delacroix, alix de voguë |  le 13/08/1999  |  TransportsCollectivités localesNordEuropeHaute-Garonne

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Le prolongement de la ligne 2 du métro lillois sera inauguré mercredi 18 août. Cette desserte de Roubaix et de Tourcoing représente le principal investissement de la communauté urbaine de Lille-Métropole depuis huit ans : 9 milliards de francs (1,37 milliard d'euros). Seize nouvelles stations jalonnent les 12,4 km construits.

Le nouveau tronçon de la ligne 2 du métro de l'agglomération lilloise sera mis en service mercredi prochain. Long de 12,4 km, il desservira Roubaix et Tourcoing. Pour la communauté urbaine de Lille-Métropole, maître d'ouvrage, et son président Pierre Mauroy, c'est une réalisation majeure, dotée d'une forte portée symbolique. La ligne est presque entièrement souterraine, à l'exception d'une portion de 1,5 km en viaduc à Villeneuve-d'Ascq. Cette ligne va également mettre en oeuvre le nouveau système de métro entièrement automatique VAL 208, successeur du VAL 206 déjà en service à Lille, Orly et Toulouse.

Seize nouvelles stations, toutes souterraines sauf celle des Près, sont offertes aux usagers, à Villeneuve-d'Ascq, à Wasquehal, à Croix, à Roubaix et à Tourcoing.

La décision de lancer la construction de la ligne, qui, à terme, comprendra 20 km de la gare Lille-Flandres à l'hôpital Dron de Tourcoing, a été prise en décembre 1990. Il s'agissait alors d'étendre le réseau de transports en commun de la métropole, en développant un nouvel axe nord-sud, alors qu'existaient déjà la ligne de métro no 1, de Villeneuve-d'Ascq au CHR, et la ligne no 1 bis, de Lille-Flandres à Lomme. Mais, pour Pierre Mauroy et les quelque 86 maires de l'agglomération, l'enjeu résidait également dans l'affirmation de la cohésion métropolitaine. Aujourd'hui, les villes déshéritées du versant nord-est sont donc reliées au centre-ville de Lille. Par ailleurs, la réalisation des stations a largement contribué à la requalification urbaine des quartiers et centres-villes desservis.

Pas d'extensions avant les prochaines municipales

En novembre 2000, le VAL ira jusqu'à l'hôpital Dron de Tourcoing, à côté de la frontière avec la Belgique, et la ligne 2 comptera cinq stations supplémentaires. En tout, le réseau métropolitain comptera 45 km de lignes et soixante stations. Dix ans se seront écoulés depuis la décision d'investir 6,74 milliards de francs (valeur 1989), soit 1,04 milliard d'euros : 4,4 milliards de francs pour la réalisation des 20 km et des vingt-six stations, et 2,34 milliards de francs pour le matériel roulant commandé à Matra Transport International. Au final, l'investissement se monte à 9 milliards de francs (valeur 1999), soit 1,37 milliard d'euros. Cela représente un coût au kilomètre de 450 millions de francs, contre environ 600 millions à Lyon, et plus d'un milliard pour Météor, à Paris.

Cette opération concernant Lille-Métropole ne constitue qu'une étape et devrait donner lieu à de nouveaux investissements dans les années qui viennent. En effet, certains élus et techniciens sont favorables au doublement de la longueur (et donc de la capacité) des rames, qui pourraient passer de deux à quatre voitures. Techniquement c'est possible puisque toutes les stations de la ligne 2 (et les quais) ont été aménagées pour une longueur de rame de 52 m. Financièrement, il faudrait investir environ 700 millions de francs (106,7 millions d'euros).

A plus long terme, selon toute probabilité, le réseau est susceptible de s'étendre. Une antenne Hem-Wattrelos, qui couperait la ligne 2 à la station Eurotéléport à Roubaix, est envisagée. D'autres embranchements ont aussi été évoqués dans le schéma directeur : le prolongement de la ligne 1 vers Wattignies et la Haute-Borne, une liaison entre l'aéroport de Lesquin et la gare TGV et, enfin, le prolongement de la ligne 2 en Belgique. Ces différents projets représentent de lourds investissements qui ne pourront être décidés qu'au cours du prochain mandat municipal 2001-2006.

Le « lifting » des villes du versant nord-est

La ligne 2 est mise en service par l'exploitant Transpole le jour- même de l'ouverture du centre commercial Mac Arthur Glen à Roubaix, devant la station Eurotéléport. La coïncidence n'est pas fortuite. Le projet de métro a sans doute contribué à convaincre le spécialiste américain du magasin d'usine de s'implanter en plein centre d'une ville industrielle durement touchée par la crise. A Tourcoing, le maire Jean-Pierre Balduyck a souligné que le projet de métro avait constitué un argument décisif pour convaincre les instances universitaires de créer des départements. La ville compte aujourd'hui 2 000 étudiants.

Ces exemples sont révélateurs de l'influence du métro sur le développement des villes. La réalisation de la ligne 2 a eu un important impact urbanistique : sur les emprises de travaux des stations, les surfaces ont fait l'objet de remise en état. Si bien que, dans les villes traversées par la ligne, toutes les places ont été refaites. Ainsi, le réaménagement de la Grand'Place de Roubaix (30 millions de francs) a été en partie financé par le budget du métro. Et ce lifting urbain contribuera aussi à attirer des habitants, à convaincre les promoteurs de réaliser des opérations d'habitat à proximité des stations, etc. Sans compter que le réseau de bus est en cours de réorganisation, pour s'articuler sur les nouvelles stations du métro.

TRACE : Lignes de métro

Un nouveau VAL, toujours automatique

Sur la nouvelle ligne va circuler le VAL 208 (véhicule automatique léger), qui succède au VAL 206 actuellement en service sur les lignes de la métropole lilloise. C'est l'ensemblier Matra Transport International qui a été sélectionné pour la fabrication des rames du VAL 208, les industriels FCB-Vevey et la société Parizzi étant chargés de la conception et de la construction de la chaîne de traction. Siemens, actionnaire majoritaire de Matra Transport International, est venu renforcer ce groupement. Cette nouvelle génération de matériel présente les mêmes avantages que la précédente, notamment la rapidité (40 km/h en vitesse commerciale), ce qui permet des fréquences records (une minute entre deux rames aux heures de pointe). « Le concept du VAL, né au début des années 70, a répondu à l'attente de la communauté urbaine de Lille, qui voulait un moyen de transport capable d'assurer de très bonnes fréquences de desserte. Ce qui imposait l'automatisme, car en manuel, on ne peut obtenir des fréquences à la minute », explique Bernard Guilleminot, secrétaire général adjoint de Lille-Métropole. Autre avantage du VAL : son faible encombrement (2,08 m contre 2,90 m pour Maggaly à Lyon) requiert des tunnels plus petits, donc de moindres investissements.

Le VAL 208 dispose du même système d'automatismes que la précédente version. L'habitacle est entièrement revu, et les surfaces vitrées sont augmentées de 30 %. L'exploitant du réseau Transpole dispose à l'heure actuelle d'une quinzaine de rames. Au total, soixante rames seront livrées et mises en service d'ici à la mi-novembre.

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