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La maison de l'enfance se repose sur la paille
Le projet sera livré en avril 2019, après seulement dix-sept mois de travaux, pour une surface de plancher de 1 500 m². - © LAURENT GUIZARD / LE MONITEUR

La maison de l'enfance se repose sur la paille

le 07/12/2018  |  MatériauxIlle-et-VilaineEnergies renouvelablesOssature bois

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Equipement public -

Edifié en Bretagne, l'ensemble de 1 500 m² de plain-pied est constitué d'éléments préfabriqués en matériaux naturels

 

Dès les études de préfiguration, l'ambitieux projet de maison de l'enfance et des services à Plélan-le-Grand, bourg d'un millier d'habitants en Ille-et-Vilaine, intégrait la volonté de minimiser l'empreinte écologique du bâtiment tout en maximisant la qualité de l'air intérieur. De fait, les matériaux naturels, la conception bioclimatique et un chauffage alimenté par des énergies renouvelables étaient au cahier des charges de cet équipement également destiné aux communes rurales alentour.

La réalisation s'organise en deux phases. La première, démarrée en octobre 2017, est en cours d'achèvement. Elle concerne le pôle enfance avec l'accueil de loisirs, un espace jeunesse, des bureaux pour le centre social, une garderie périscolaire, une salle d'animation ainsi qu'un multi-accueil de 16 places pour les enfants de 0 à 3 ans. Une seconde tranche, dont les travaux doivent débuter courant 2020, accueillera le pôle social et ses services à la personne.

Particularité de ce projet : l'agence d'architecture Menguy, mandataire de l'ensemble, a très tôt fait le choix des caissons préfabriqués en bois et paille. « Nous aurions pu opter pour la construction paille traditionnelle, que nous maîtrisons », note Mhedi Baa, cogérant de l'agence Menguy. Mais l'importante surface de plancher à construire (1 500 m²) aurait alors nécessité une grande capacité de stockage pour mettre la paille à l'abri de l'humidité. D'où le recours à une préfabrication en atelier qui permet de s'affranchir des contraintes météorologiques et de gagner en qualité sur la gestion des points singuliers (nez de dalle, ouverture… ).

Il a tout de même fallu convaincre le bureau de contrôle de la pertinence du procédé. Et pour cause. « Le DTU 31.2 relatif aux maisons et bâtiments à ossature bois ne prévoit pas la paille comme isolant », explique Mhedi Baa. Malgré l'existence de règles professionnelles de la construction en paille, un travail de pédagogie restait à réaliser. Pour ce faire, le maître d'œuvre a décrit en détail le procédé dans le dossier de consultation des entreprises (DCE). L'avis technique du procédé Ecovilla, reconduit et étendu en mars 2018 au R + 3, était un argument de poids.

Une semaine de pose. Au stade de la mise en œuvre, le système de montage pensé en amont facilite la manutention et évite le percement des films techniques. Les pans de murs sont pré-équipés de goujons munis d'une tête spéciale permettant l'accrochage d'une élingue et le passage d'une sangle de levage. Les éléments sont ainsi positionnés au bon endroit, à l'aide d'une grue pour les panneaux de toiture et d'un chariot télescopique pour les parois. Au sol, ils sont fixés sur des surbots en béton avec des équerres métalliques. Posés bord à bord, les panneaux sont lardés de vis dans différents angles de liaison. Les murs peuvent ainsi être reliés avec des éléments de chaînage en tête et en pied.

« Les panneaux arrivent prêts à poser dans leur version définitive. Lors de la mise en œuvre des menuiseries, le pare-pluie et le pare-vapeur sont ouverts, puis recollés aux murs pour garantir l'étanchéité », détaille l'architecte. « Ce type de bâtiment nécessite environ sept jours de pose pour les murs et la toiture. Le poids des 74 éléments de structure assemblés variait de 5 kg à 3 tonnes, avec une majorité des pans de 2 tonnes », note Damien de Villèle, gérant de la société Isopaille. A l'intérieur, des murs en terre crue participent à l'inertie et au confort thermique. Grâce à l'usage de la paille et du bois pour l'enveloppe, le bâtiment ne consommera que 71 kWh/m².an. De quoi décrocher le label Effinergie +.

Maîtrise d'ouvrage : commune de Plélan-le-Grand. Maîtrise d'œuvre : SARL Menguy. BET : Betem Atlantique. Entreprises : Briéro (charpente), Isopaille. Bureau de contrôle : Veritas. Livraison : avril 2019. Durée des travaux : dix-sept mois. Budget : 3,4 millions d'euros HT.

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Le chantier est divisé en deux phases, dont la première est en cours d’achèvement. - ©
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Les cloisons intérieures contiennent de la terre crue qui régule l’humidité et participe au confort. - ©
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La terre crue lors de sa mise en oeuvre. - ©
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Panneaux en bois et paille sur le chantier. - © PHOTOS ET PLAN : SARL MENGUY ARCHITECTES

Maîtrise d'ouvrage : commune de Plélan-le-Grand.
Maîtrise d'œuvre : SARL Menguy. BET : Betem Atlantique.
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Durée des travaux : dix-sept mois.
Budget : 3,4 millions d'euros HT.

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