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La Maaf assure ses devants

JULIE NICOLAS |  le 14/12/2018  |  RéalisationsDeux-Sèvres

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Conserver la signature du bâtiment et accueillir de nouveaux modes de travail, tels sont les enjeux de la rénovation du siège social de l'assureur à Niort.

 

Implanté à Chauray, à l'entrée de Niort (Deux-Sèvres), le siège social historique de la Maaf regroupe 3 000 collaborateurs sur un site de 21 ha composé de 13 bâtiments. Parmi eux, l'édifice le plus emblématique, « Le Dauphin », a été conçu par l'architecte Jean Royer et livré en 1972. « Novateur pour l'époque, avec ses 21 500 m² et ses différentes ailes, le bâtiment n'est plus adapté aux nouvelles méthodes de travail », souligne Pierre Cara, architecte associé de l'agence Hobo Architecture, maître d'œuvre de la rénovation. L'objectif du maître d'ouvrage, Covéa (holding de la Maaf), était de moderniser ses locaux sans augmenter la superficie. « Avec le développement du télétravail, ce n'est plus l'espace qui manque. Tout l'enjeu consiste maintenant à l'organiser judicieusement », détaille Patrick Mazet, responsable du pôle exploitation du site pour Covéa.

Avec pour mission de s'adapter sans perdre l'esprit du lieu, les travaux sont réalisés en plusieurs phases. La première, dé-butée en janvier 2017, concerne l'aile D4, soit un ensemble de 6 500 m² en R + 7 caractérisé par ses façades : longues de 70 m pour 35 m de haut, l'une d'entre elles est visible depuis la route et joue un rôle majeur dans l'identité du bâtiment. La modernisation passe ici par la conservation de la structure en béton, rendue apparente, et par la mise en œuvre de blocs d'aluminium blancs, étanches et isolants, dont la forme créera un mouvement singulier. Ces modifications sont aussi l'occasion de concevoir un nouvel espace d'accueil, l'agora, qui regroupe au rez-de-chaussée et en R + 1 salles d'exposition, espaces de coworking , cafétéria… le tout ouvert sur un nouveau jardin et deux patios végétalisés.

Enquête de terrain. Afin de préparer le chantier de cette aile D4, la première étape a consisté à bâtir une maquette numérique de l'existant (lire encadré p. 80). « Nous voulions mettre en évidence la structure, identifier les différents réseaux et se servir du modèle BIM pour organiser la dépose des coques de béton en façade », détaille Pierre Cara. Ce relevé a été réalisé par les architectes lorsque les bureaux étaient encore en activité. Point de scanner laser 3D dans ce cas, mais une véritable enquête de terrain avec soulèvement des dalles de faux planchers et visite des faux plafonds.

Les travaux proprement dits ont démarré par six mois de curage et de désamiantage. La dépose des lourdes coques de béton en façade a représenté le point d'orgue du chantier (lire encadré p. 81) . Un préalable indispensable à l'installation des modules préfabriqués en aluminium, de 150 cm de large sur 350 cm de haut, contre 200 cm pour les coques déposées. « Cette différence de hauteur tient aux allèges, aux faux planchers et faux plafonds qui réduisaient le volume à disposition », explique Pierre Cara. Dans la nouvelle configuration, les bureaux offriront davantage de volume notamment grâce au choix de laisser les poutres de béton apparentes.

Label Breeam Very Good. Côté façade, l'installation concerne deux types de modules : certains sont vitrés, d'autres opaques. Grâce à eux, le coefficient de transmission thermique de la façade (U ) s'élève à 1,41 W/m².K. Côté sud, par souci esthétique, tous sont équipés d'un store extérieur. Fixe pour les blocs opaques et mobile pour les autres, ce store coulisse dans un rail dont le rayon de courbure a été défini par l'architecte grâce à un logiciel de conception paramétrique : « La façade exprime ainsi une ondulation douce », note-t-il. Le traitement différencié des façades nord et sud permet un fonctionnement bioclimatique du bâtiment, l'un des aspects qui lui a permis d'obtenir le label Breeam Very Good en phase étude. Cette certification devrait être confirmée lors de la livraison, à l'été 2019. Il sera alors temps d'aborder la deuxième phase qui concernera l'aile D5 et débutera en 2020.

Maîtrise d'ouvrage : Covéa Immobilier.
Maîtrise d'œuvre : Hobo Architecture (architecte mandataire). BET : CAP Ingélec (CVC, plomberie, GTC), AIA Ingénierie (structure + VRD), IDB (acoustique), Scape (paysagiste), Nobatek (environnement), Arup (façade), CGF Atlantique (OPC).

Entreprises : ECBL (gros œuvre), Eurovia (VRD), DL Atlantique (charpente métallique espace agora), Smac (étanchéité), Coveris (façades/ châssis/mur-rideau), Steco (électricité), Hervé Thermique (CVC, plomberie).
Montant des travaux : 17,4 M€ HT.

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La nouvelle façade de l’aile D4 de l’immeuble « Dauphin » sera composée de modules préfabriqués en aluminium, dont certains seront opaques et d’autres vitrés. - ©
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Les stores extérieurs des modules empruntent un rail dont la courbure a été définie de façon paramétrique afin de créer un mouvement. - ©
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Les poutres béton, laissées apparentes, seront simplement peintes. Les fluides transiteront par les planchers techniques. - © ALEX GIRAUD

Sécurité - Garantir de bonnes conditions de travail pour tenir les délais

 

Une façade provisoire en polycarbonate a été installée pendant les travaux. « Ainsi, non seulement les ouvriers sont protégés de la pluie et du vent, mais ils bénéficient de la lumière naturelle », précise Pierre Cara, architecte associé de Hobo Architecture. Ils travaillent donc dans de bonnes conditions de sécurité, ce qui bénéficie également au bon déroulement du chantier. En effet, cette fermeture temporaire de la façade permet de gagner du temps sur les opérations à effectuer. « La livraison aurait pris plusieurs mois de retard s'il avait fallu attendre le hors d'eau/hors d'air complet pour avancer sur le second œuvre », précise l'architecte.

Contrôles inopinés. Par ailleurs, afin de lutter contre le travail illégal, les entreprises titulaires, comme leurs sous-traitants, doivent enregistrer leurs compagnons sur le site web Bativigie. fr. Seules les personnes inscrites peuvent accéder au site. Le dispositif est renforcé par l'obligation pour tous d'afficher son badge, avec photo d'identité et nom de l'entreprise, de façon visible. L'ensemble est supervisé par Socotec qui réalise des contrôles inopinés.

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Alors que l’ancienne façade a été déposée, des éléments provisoires en polycarbonate sont mis en oeuvre pour protéger les compagnons. - © PHOTOS : ALEX GIRAUD

BIM - Identifier les éléments à démolir

 

Sur ce chantier, la maquette numérique de l'existant a été créée à partir des relevés effectués par les architectes. « Il fallait un œil expert pour identifier les éléments de structure en site occupé », se remémore Pierre Cara, architecte associé de l'agence Hobo Architecture. Les relevés ont aussi servi à identifier les réseaux de fluides, à déduire leur cheminement et à repérer précisément les interconnexions avec les bâtiments adjacents, dont l'activité est maintenue pendant les travaux.

Mais l'emploi du BIM a aussi permis d'organiser la démolition : les plans d'exécution des éléments à déposer ont été extraits du modèle numérique (image ci-contre) . Ils indiquent en particulier les étapes de sciage des plots de béton qui maintiennent les coques de façade. « Ces travaux devaient être anticipés afin d'obtenir le rendu nécessaire pour que la structure béton reste apparente », rappelle Pierre Cara. A plus long terme, la modélisation servira à identifier et à quantifier les matériaux en présence en vue d'une valorisation.

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A Dépose de l’éjecto-convecteur. B Sciage des clavetages (éléments en rouge) hauts et bas qui tiennent la coque. C Dépose de la coque. - © HOBO ARCHITECTURE

Façades - Déposer 665 coques de béton

 

Pièce emblématique du bâtiment, visible depuis la route de Paris, la façade a fait l'objet d'un traitement soigné. La première étape a consisté à déposer les 665 blocs de béton de la trame historique, soit des modules de 800 kg pour les plus petits à 1,3 tonne pour les plus gros. « Afin d'éviter de générer des tassements différentiels sur les fondations vieilles de plus de quarante ans, leur dépose s'est effectuée du haut vers le bas et de façon symétrique, en commençant par les extrémités », explique Pierre Cara, architecte associé de l'agence Hobo Architecture et maître d'œuvre du projet.

Une fois les caissons vidés de leurs billes de polystyrène, les clavetages hauts et bas en béton ont été sciés. Chaque bloc a ensuite été accroché à un mannequin, puis déposé en pied de bâtiment. Cette opération a concerné, en moyenne, une quinzaine d'éléments chaque jour. Leur concassage ultérieur a ensuite permis de séparer les aciers du béton et d'acheminer chaque matériau vers sa filière de réemploi. La façade en polycarbonate installée provisoirement a, elle, été déposée au fur et à mesure de la mise en place des nouveaux éléments en aluminium.

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L’usage de la scie à béton était nécessaire pour découper les anciens clavetages qui maintenaient les coques existantes. - © PHOTOS : ALEX GIRAUD
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Une fois les plots découpés, chaque coque est fixée à un mannequin et descendue en pied de l’immeuble. - © PHOTOS : ALEX GIRAUD
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La dépose a débuté par le dernier étage et s’organise de haut en bas, des extrémités vers le centre. - © PHOTOS : ALEX GIRAUD

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