En direct

La halle Pajol, un manifeste brut de décoffrage

MARGOT GUISLAIN |  le 24/01/2014  |  ArchitectureEnvironnementFrance entièreSantéTechnique

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Architecture
Environnement
France entière
Santé
Technique
Valider
Equipement public -

L’architecte Françoise-Hélène Jourda a condensé trente ans de recherches en matière de développement durable dans la reconversion d’une ancienne halle ferroviaire à Paris XVIII e en un équipement de quartier.

Quand la vague environnementale rencontre le patrimoine industriel, cela donne la halle Pajol : une ancienne halle ferroviaire du début du XX e siècle, sous laquelle se sont glissés une auberge de jeunesse de 300 lits, une bibliothèque municipale, une salle de spectacle, des commerces et un jardin public. Situé rue Pajol, le long des voies ferrées qui conduisent à la gare du Nord, cet édifice à énergie positive, porte la marque de son architecte, Françoise-Hélène Jourda, fervente militante de la cause écologique depuis les années 1980, quand l’expression « développement durable » n’était pas encore entrée dans le vocabulaire usuel de l’architecture. Sa foi inconditionnelle dans le bois, utilisé dès ses premières réalisations, explique sans doute ici la surprenante association de simples planches de mélèze brutes de sciage qui renvoient à l’architecture du monde rural, avec une charpente métallique très travaillée, caractéristique de l’histoire du développement industriel. Pour l’architecte, l’édifice est avant tout un « manifeste » en faveur du recyclage des bâtiments, puisque cet ancien entrepôt devenu aujourd’hui équipement public pourra, grâce au recours à la préfabrication bois, matériau démontable et recyclable par excellence, changer à nouveau de vocation en fonction des besoins de la collectivité.

Première centrale solaire urbaine de France

Sous cette longue canopée métallique, les différentes entités sont abritées dans une boîte en bois d’environ 140 m de longueur qui ouvre, d’un côté sur l’esplanade, de l’autre sur le jardin public couvert par la charpente métallique. Abandonnée depuis des décennies, celle-ci a été restaurée et renforcée, les anciens planchers démolis n’assurant plus la fonction de contreventement. Quelque 3 500 panneaux photovoltaïques, ainsi que des capteurs solaires pour l’eau chaude sanitaire, prennent place à l’endroit des anciens sheds. Ce qui donne aujourd’hui à la halle Pajol le statut de première centrale solaire en milieu urbain en France. « La Ville de Paris a accepté le challenge d’aller au-delà des préconisations environnementales du cahier des charges, alors conforme à la RT 2005, pour réaliser un bâtiment à énergie positive grâce à une nappe photovoltaïque de 3 500 m 2 (au lieu des 2 500 demandés) », explique Françoise-Hélène Jourda.
Autre première : une structure mixte, faite de poteaux en bois et de dalles en béton favorables à l’inertie thermique, dont la faible épaisseur (comparée à des planchers bois) permet de loger tous les niveaux requis sous la charpente. Une platine métallique à rotule assure la jonction entre bois et béton pour absorber les mouvements de la structure et transmettre les charges verticales. Seule ombre au tableau - indépendante de la conception architecturale -, le prix de l’hébergement dans l’auberge de jeunesse : 30 euros par personne pour une chambre de quatre à six lits…

PHOTO - 761946.BR.jpg
PHOTO - 761946.BR.jpg - ©
PHOTO - 761947.BR.jpg
PHOTO - 761947.BR.jpg - © photos 11H45
PHOTO - 761948.BR.jpg
PHOTO - 761948.BR.jpg - ©
PHOTO - 761945.BR.jpg
PHOTO - 761945.BR.jpg - © Axel Tilche-Dahl
PHOTO - 761944.BR.jpg
PHOTO - 761944.BR.jpg - © Axel Tilche-Dahl
Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris/Semaest, mandataire du groupement FUAJ/DEVE/DAC. Maîtrise d’œuvre : Françoise-Hélène Jourda, architecte mandataire. Paysagiste : In Situ. Bureaux d’études : C & E (structure), AEI (économiste), Eocité (développement durable), ABC Décibel (acousticien), Eclairagistes Associés (éclairage), Sol Paysage (paysage), Acora (scénographie). Principales entreprises : Petit/Arbonis (gros œuvre, charpente métallique et bois, étanchéité), Satob/Arbonis (construction bois) ; Gagne (charpente existante, serrurerie, verrière, stores), Agrigex (espaces verts) ; Armogreen (centrale photovoltaïque). Surface : 9 145 m 2 Shon. Coût des travaux : 26,742 millions d’euros HT. Calendrier : livraison en mai 2013.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Éclairage des espaces extérieurs

Éclairage des espaces extérieurs

Date de parution : 05/2019

Voir

DICOBAT Visuel

DICOBAT Visuel

Date de parution : 05/2019

Voir

L'assurance construction

L'assurance construction

Date de parution : 04/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur