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La gestion des eaux de pluie transforme le paysage urbain
Le parc de la Roseraie dans le futur écoquartier de Chartres. - © LOOK AT - HYL

La gestion des eaux de pluie transforme le paysage urbain

le 03/09/2010  |  Eure-et-LoirInternationalEuropeTechnique

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Pour stocker en surface et laisser s'infiltrer les eaux pluviales, la ville se modifie en revisitant ses rapports avec la nature.

Comment faire la ville avec les eaux de pluie ? Longtemps considérées comme un déchet, les eaux pluviales sont devenues un élément à valoriser. En effet, la minéralisation excessive des sols urbains montre aujourd'hui ses limites. Avec l'étalement de la ville, les conduites enterrées ne peuvent plus assurer lors de fortes pluies le traitement des écoulements. À cette saturation des réseaux d'assainissement s'ajoutent d'autres dysfonctionnements. L'assèchement des sous-sols en particulier est responsable de désordres graves dans les constructions. De plus, les nappes phréatiques, insuffisamment réalimentées, s'appauvrissent. Enfin, les épisodes de canicules ont mis en évidence des phénomènes d'échauffement thermique à l'échelle de l'îlot, accentués par les sols minéraux.

Régulation des températures

Face à ces limites, la gestion en surface des eaux pluviales dispose de nombreux atouts. Toitures végétalisées, chaussées réservoirs, puits d'infiltration, décaissés aménagés dans les espaces publics. Disséminés, ces micro-lieux de stockage augmentent, du strict point de vue hydraulique, les capacités d'infiltration des espaces urbains. Les réseaux traitent des écoulements moindres lors des épisodes pluvieux et sont mieux armés en cas d'événements climatiques imprévus. L'évaporation d'une partie des volumes stockés participe également à une régulation des températures urbaines.

Les retours d'expérience pointent l'intérêt qu'il y a à mettre en réseaux ces dispositifs de surface. En effet, le traitement des eaux pluviales, et des ruissellements issus de la chaussée, suppose plusieurs étapes : collecte, décantation, phytoremédiation, infiltration. La succession des ouvrages remplit l'une ou l'autre de ces fonctions. À l'échelle du quartier, se définit un nouveau cycle des eaux pluviales urbaines, rapprochées de leur cycle naturel. Cette trame hydraulique est un élément essentiel des projets d'écoquartiers, nouvelles vitrines d'un urbanisme durable.

Ouvrages multifonctionnels

Les premières réalisations françaises, inspirées des expériences pionnières d'Europe du Nord, traitent les eaux pluviales par des ouvrages souvent multifonctionnels. En effet, pour les nouveaux projets urbains, le respect de la loi sur l'eau, imposant un rejet strictement limité à l'exutoire, suppose de dégager dans la ville des volumes importants de stockage. Mais ces lieux, grignotés sur l'espace public, sont rendus à la ville par des traitements paysagers mettant en scène eau et nature.

C'est un des effets induits de la gestion en surface des eaux de pluie : le paysage urbain se transforme peu à peu, entre espaces aquatiques et émergences végétales. Longtemps contenue dans les parcs, la nature se diffuse dans le tissu urbain. Des ramifications, trames vertes et bleues propices à la circulation des espèces, qui transforment en profondeur la ville. Espaces entretenus en prairie de fauche, corridors biologiques, reconstitution de zones humides. À l'échelle de la ville durable, la délimitation stricte entre ville et nature n'est plus de mise.

Un jardin d'eau alimenté au rythme des précipitations à Lille Lomme

Le projet paysager du nouveau quartier des Rives de la Haute Deûle - 500 logements - découle de la pluviométrie du site. Sa pièce maîtresse est un jardin d'eau, implanté au pied de l'ancienne usine Le Blan-Lafont reconvertie (photo du haut). L'eau de pluie qui tombe sur les toits des bâtiments, sur la voirie ou les espaces publics, est récoltée gravitairement, d'abord dans des noues bordant les îlots, puis dans des canaux creusés de part et d'autre de l'ancienne filature, et enfin acheminée dans le jardin d'eau. Celui-ci assure son épuration par la phytoremédiation et son rejet à débit maîtrisé (2 litres/seconde.ha) dans la Deûle. Le jardin d'eau fonctionne aussi comme un bassin de stockage en cas de crues. Dans les canaux, l'état sanitaire de l'eau est réglé très simplement, sans création d'écosystème ou installation de pompe mécanique : le taux de renouvellement de la masse d'eau a été calculé pour éviter son altération et son échauffement, et la profondeur des canaux (1,20 m) en résulte.

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Une trame végétale pour ralentir le ruissellement à Chartres

Sur un site qui doit accueillir 2 500 logements sur 135 ha dans deux nouveaux quartiers (la Roseraie et le Plateau) et une opération de renouvellement urbain (cité-jardin de Rechêvres), le projet paysager de l'agence DBW associée à HYL tire parti d'une double contrainte : une topographie en coteau accélérant le ruissellement et des sols en limon argileux peu perméables. Objectif : stocker les volumes d'eau de pluie (3 000 m3 au total) et ralentir leur écoulement avant de les rejeter au réseau d'assainissement, avec un débit qui ne doit pas excéder 3 litres/seconde.ha. Dans le quartier de la Roseraie, les deux voies créées se doubleront de noues généreuses plantées de saules et de peupliers, puis s'écouleront ensuite via une cascade de petits bassins fonctionnant en surverse le long des sentes piétonnes, avant d'être recueillies dans un parc urbain à mi-pente de 3,5 ha (illustration). Son modelé permettra de stocker les volumes d'eau en cas de forte précipitation, en maintenant les cheminements, jardins et aires de jeux hors d'eau.

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