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La géothermie face à ses secousses entre France et Allemagne
Projet le plus avancé dans l’agglomération de Strasbourg, celui de Fonroche à Vendenheim achève son premier forage test, dont les résultats sont attendus le mois prochain. - © © Fonroche

La géothermie face à ses secousses entre France et Allemagne

Christian Robischon (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 02/03/2018  |  Bas-RhinFrance entièreEuropeEnergies renouvelables

Alors que les deux projets strasbourgeois vont avancer ce printemps, l’extraction d’eau en grande profondeur pour la production d’électricité et de chaleur continue de faire controverse, notamment sur l’autre rive du Rhin.

Le printemps 2018 devrait faire avancer la cause de la géothermie en roche profonde dans l’agglomération de Strasbourg (Bas-Rhin). Pour son projet à Vendenheim, le groupe Fonroche doit dévoiler en avril les résultats du premier forage de test. L’objectif consiste à confirmer la température d’eau de 185 degrés à quelque 5 000 mètres sous terre et le débit de remontée souhaité par l’opérateur. «Le second forage est prévu en fin d’année, dans l’optique de démarrer la production fin 2019 ou début 2020», annonce Jean-Philippe Soulé, directeur géothermie de Fonroche. L’installation, qui représente un investissement de 80 millions d’euros, serait alors en mesure d’alimenter 7 000 logements en électricité grâce à une puissance de 6 mégawatts (MW) et d’en chauffer 26 000 (puissance thermique de 40 MW).

A Illkirch, le groupe ES, filiale locale d’EDF, lancera un même forage de test en mai, avec l’intention d’arriver en production courant 2020. Il investira 40 millions d’euros dans son projet.

La première centrale exploitée en Alsace, par le groupe ES à Rittershoffen, alimente l’usine agroalimentaire Roquette voisine.
La première centrale exploitée en Alsace, par le groupe ES à Rittershoffen, alimente l’usine agroalimentaire Roquette voisine.

5 % d’énergie renouvelable en plus dans l’agglo de Strasbourg

En comptabilisant un autre dossier Fonroche, plus lointain, à Eckbolsheim, la géothermie profonde fera passer de 15 % à 20 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de l’Eurométropole (agglomération) de Strasbourg.

Les responsables de Fonroche et d’ES ont présenté leurs états d’avancement jeudi, lors d’une conférence transfrontalière sur la géothermie jeudi à Offenbourg (Allemagne). La manifestation de l’association Trion-Climate leur a fait prendre connaissance des retours d’expérience en Allemagne voisine après plusieurs années de mise en œuvre... et, force est de constater que les résistances restent tenaces. C’est le cas à Insheim dans le Palatinat, au «grand regret» de Jörg Uhde, directeur général de l’exploitant Pfalzwerke Geofuture, «malgré tous nos efforts de transparence» et l’application d’un «protocole rigoureux de concertation» sur la base d’un référentiel national. Plus de cinq ans après son ouverture, la centrale affronte en ce moment une «initiative citoyenne» (Bürgerinitiative) contre elle.

La conférence transfrontalière sur la géothermie profonde à Offenbourg (Allemagne), le 1er mars, a fait dialoguer industriels, collectivités et opposants.
La conférence transfrontalière sur la géothermie profonde à Offenbourg (Allemagne), le 1er mars, a fait dialoguer industriels, collectivités et opposants.

Une autre Bürgerinitiative s’est organisée à Kehl en face de Strasbourg. Elle revendique plus de 800 membres. «Nous demandons plus de communication: Illkirch est à 6 km de Kehl, alors si nous ne sommes pas capables de penser transfrontalier...», expose son leader Richard Schüler. «Nous ne sommes pas contre la géothermie en soi, mais pour que tous ses risques soient bien évalués et pris en compte», ajoute-t-il.

Le traumatisme de Bâle

Si l’amalgame avec les gaz de schiste semble ne plus s’opérer parmi les opposants crédibles – les projets dans le Rhin supérieur sont vierges de fracturation hydraulique – ces groupes citoyens continuent de s’inquiéter de l’atteinte à la nappe phréatique malgré les mesures de précaution et, plus encore, des risques sismiques. Pour la géothermie profonde, l’instabilité du sous-sol rhénan est son atout technique – l’eau est puisée dans ses failles – mais c’est aussi son défi en termes de pédagogie. Surtout depuis le séisme de magnitude 3,4 survenu à Bâle en décembre 2006. Il a gelé les projets en Suisse jusqu’il y a peu et ses dégâts matériels ont agi comme un traumatisme à ne pas reproduire. Depuis, chaque nouveau projet dans la région transfrontalière redouble de vigilance sur ce point.

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