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La formation des conducteurs trop tournée vers le Caces
PHOTO - 562057.HR.jpg - © Centre Raymond bard

La formation des conducteurs trop tournée vers le Caces

PASCALE BRAUN |  le 17/06/2011  |  ÉvénementApprentissage BTP

Formation -

En 15 ans, le certificat d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces) s’est imposé comme une formalité incontournable pour les conducteurs d’engins. Il draine à lui seul l’essentiel de la formation professionnelle du secteur, au détriment d’autres enseignements. « Lors de son instauration, le Caces s’adressait à des conducteurs expérimentés pour leur faire prendre conscience des risques que pouvaient présenter certains gestes, comme sauter de la cabine. Au fil des années s’est développée une regrettable confusion. Le Caces apparaît comme une formation professionnalisante, ce qu’il n’est pas ! », rappelle Martine Belgy, directrice du centre de formation Raymond Bard de Faulquemont (Moselle). D’après le Code du travail, l’employeur ne peut autoriser un salarié à conduire un engin que s’il remplit trois conditions préalables : un certificat médical d’aptitude, une connaissance du chantier et de ses risques et une formation adaptée. Recommandé par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et ratifié par les partenaires sociaux, le Caces répond à cette dernière obligation. Des centaines d’organismes, y compris des auto-écoles, sont en mesure de préparer les candidats, sur des durées variant d’une journée à une semaine en fonction de leur niveau initial. Seuls les organismes testeurs certifiés, listés par l’INRS, sont habilités à délivrer le fameux certificat. Celui-ci garantit que le conducteur a été sensibilisé aux risques de son métier, pas qu’il sait conduire la machine ! « Nous avons constitué un club pilote pour réfléchir à la valeur ajoutée des formations dispensées par notre établissement et anticiper les futurs besoins de la profession, mais force est de constater que les demandes des entreprises restent plutôt basiques et dépassent rarement les préoccupations du quotidien », regrette Martine Belgy. Ainsi ses formations à l’éco-conduite, à l’amélioration de la production, au perfectionnement de la conduite ne font pas salle comble quand, dans le même temps, l’établissement mosellan délivre quelques 600 Caces par an. « On peut être un très mauvais conducteur et obtenir le Caces. Les deux ne sont pas liés. Les entreprises doivent s’en souvenir et penser davantage à améliorer la qualité. »

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