Les 8 pistes de la Fnaim pour relancer l'immobilier
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Les 8 pistes de la Fnaim pour relancer l'immobilier

Marie-Noëlle Frison |  le 01/07/2020  |  LogementFnaimJulien DenormandieDenormandie ancien Rénovation énergétique

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A l’approche du remaniement gouvernemental et dans une conjoncture économique difficile, la Fédération Nationale de l’Immobilier (FNAIM) a présenté, le 30 juin 2020, 8 propositions pour une relance du secteur de l'immobilier, fortement impacté par la crise. 

A l’approche du remaniement gouvernemental, la Fédération Nationale de l’Immobilier (FNAIM), qui compte 7150 entreprises adhérentes, souhaite que Julien Denormandie, actuel ministre chargé de la ville et du logement « puisse garder un grand ministère de la rénovation et du logement ».

« Nous ne voulons plus de feuille de route qui change au gré des alternances, nous ne voulons plus d’allers-retours sur les aides  fiscales. Il nous faut une pérennité des dispositifs », a insisté Jean-Marc Torrollion, président de la fédération, le 30 juin 2020, lors d'une conférence de presse.

Suppression du zonage, extension du Denormandie ancien, réhabilitation du PTZ...

A cette occasion, la FNAIM a présenté un plan de relance, fondé sur 8 propositions.

  • Étendre le Denormandie dans l’ancien à toutes les villes. "Ce dispositif présente l’avantage de drainer des copropriétaires solvables, de remobiliser des logements anciens rénovés occupés par des locataires propres à conforter une zone de chalandise. La rénovation fait travailler des artisans locaux sur tout le territoire et il n’y a aucune conséquence sur l’artificialisation des sols", argumente la FNAIM. "L’objectif serait de quadrupler le nombre de biens bénéficiaires pour atteindre les 20 000 à 30 000 biens rénovés par an", précise Jean-Marc Torrollion.
  • Mettre un terme au zonage, "erreur magistrale", qui "accentue les déséquilibres territoriaux en concentrant les investissements uniquement sur des zones dites tendues contribuant en réalité à concentrer l’offre au détriment des autres territoires, sans contribuer à détendre le marché".
  • Créer un dispositif unique, simple et universel de soutien aux travaux de rénovation énergétique. "Le Crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) est en train d’être remplacé par une prime d’avance sur travaux (Ma PrimeRénov, Ndlr) qui exclura les ménages les plus aisés. S’ajoutent à ces dispositifs quantité de primes. Il faut un dispositif unique mais surtout simple qui soit dédié à la rénovation. Par ailleurs, la rénovation énergétique ne saurait exclure des ménages : le signal serait particulièrement négatif" . Pour Jean-marc Torrollion, cela passe par la « clarification » des Certificats d’économie d’énergie (CEE), « sous-employés aujourd’hui », par la mise en place d’un « vrai financeur de la rénovation énergétique, par l’installation de « guichets uniques d’aides à la rénovation » dans les municipalités ainsi que par un « outil de mesure fiable de la performance énergétique. Jean-Marc Torrollion propose enfin un système de subventions, davantage fondé sur la nature du projet que sur les aides individuelles, lesquelles doivent se concentrer sur les personnes en précarité ou à faibles revenus ».
  • Inciter les banques à soutenir l’effort des ménages. Tout ne peut pas venir de l’État : les banques doivent financer les travaux collectifs, quitte à adosser les crédits consentis à des produits d’épargne originaux.
  • Doubler le plafond des déficits fonciers imputable sur le revenu du bailleur, si le montant des travaux est composé pour 40 % de montant de travaux d’économie d’énergie (collectif ou individuel). "Ce plafond n'a jamais été évalué depuis 25 ans", rappelle la FNAIM.
  • Réviser les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF). "En décembre 2020, le HCSF recommandait aux établissements de crédit de faire preuve de prudence en veillant à ce que le taux d’effort à l’octroi des emprunteurs de crédits immobiliers résidentiels en France n’excède pas 33 % et que la maturité du crédit n’excède pas 25 ans. Ces recommandations nous paraissent désormais inadaptées à la nouvelle ère économique qui va s’ouvrir pour les particuliers".
  • Refaire du Prêt à Taux Zéro l’apport des primo-accédants. Les banques sont en train de resserrer drastiquement les conditions d’accès aux crédits, demandant des apports inatteignables pour de nombreux primo-accédants. Le PTZ est leur instrument : il est considéré comme un apport par les banques. Il est le dernier dispositif d’aide à l’accession à la propriété efficace. Pendant 2 ans, le PTZ doit être pleinement réhabilité, même dans le neuf en zone détendue. Jean-Marc Torrollion souhaite que ce PTZ s’applique aussi bien pour le logement individuel que pour la copropriété. «Aujourd’hui, avoir un prêt à la copropriété est compliqué. Je souhaite la réintroduction pluriannuel de travaux afin que la copropriété puisse s’endetter pour accompagner son projet de rénovation ».
  • Ne pas céder à la tentation si fréquente qui consisterait à taxer la pierre. "Taxer le foncier/l’immobilier a souvent été une voie de recours pour les pouvoirs publics qui pensent ainsi ne pas taxer les ménages. La fiscalité immobilière représente déjà 100 Mds € : Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), prélèvements sur l’investissement en logement, Impositions sur les revenus immobiliers, taxe foncière, prélèvements sur les mutations… L’immobilier est un investissement productif, celui de la classe moyenne.

3000 agences immobilières et 20 000 emplois menacés

Ce plan de relance vise à redonner du souffle à un secteur de l'immobilier qui souffre encore des effets du confinement. Selon la FNAIM, 3000 agences immobilières et 20 000 emplois sont aujourd'hui menacés par la crise actuelle.  « 150 000 transactions ont été perdues en mars et en avril, durant la période du confinement », estime le président adjoint Loïc Cantin.

« Il y a eu une reprise en juin mais pas de rattrapage de la demande, comme nous avions pu l’envisager il y a quelques semaines », complète Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier Cafpi. Résultat : la fédération prévoit entre 750 000 et 800 000 transactions sur 2020, soit un volume en baisse de 25 à 30 % par rapport à 2019, année record pour l’immobilier, avec environ 1 065 000 de ventes.

Conjoncture défavorable


A ces pertes sèches liées au confinement s’ajoute un environnement économique très dégradé (13,3 millions de salariés concernés par le chômage partiel, une baisse de 12 % du PIB en 2020, selon les dernières prévisions du FMI) et un indice de confiance des ménages en berne. Celui-ci a perdu 18 points en un an, passant de 115 en mai 2019 à 97 en juin 2020.

Selon le dernier baromètre Fnaim-Ifop, seulement 47 % des sondés déclarent en effet la conjoncture favorable à l’achat d’un bien (contre 66 % il y a un an) et ils ne sont que 29 % à penser que c’est le bon moment pour vendre (contre 49 % un an auparavant). Au total, quatre répondants sur dix qui avaient un projet d'acquisition avant la crise déclarent y avoir renoncé.

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