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« La filière menuiserie a été dénigrée »

Propos recueillis par Florent Maillet |  le 13/10/2017  |  EnergieConjonctureImmobilierTechniquePerformance énergétique

Entretien avec Philippe Macquart, délégué général de l'Union des fabricants de menuiseries extérieures (UFME). -

Les débats sur le CITE ont révélé les doutes du gouvernement sur les performances énergétiques des fenêtres et ouvertures.

A la fin septembre, le gouvernement avait tranché : dès le 1er octobre 2017, la filière « menuiseries extérieures » voyait le taux du crédit d'impôt transition énergétique (CITE) passer de 30 % à 15 %, et, en 2018, le CITE devait être « recentré » sur certains travaux de rénovation, et exclurait les portes, fenêtres ou volets isolants. La raison ? Un « coût trop important par rapport aux gains énergétiques observés », selon Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique. La mesure devait comprimer les dépenses liées au CITE, à 875 millions d'euros l'an prochain, contre près de 1,7 milliard d'euros cette année. De quoi soulever la colère des professionnels du secteur. Et puis, surprise, Emmanuel Macron lui-même annonçait le 6 octobre, lors des « 24 heures du bâtiment » de la FFB, que le CITE serait prolongé en 2018 pour la filière, sans plus de détails. La porte s'est entrouverte, mais les professionnels restent méfiants.

Finalement, votre secteur ne serait pas exclu du dispositif du CITE en 2018 ?

Nous attendons d'en savoir plus, nous n'avons encore aucun détail [cette interview a été réalisée le 6 octobre, NDLR]. Mais, si cela se confirme, ce serait un grand soulagement. Il serait incompréhensible que notre filière des portes, fenêtres et ouvertures soit ainsi mise à l'index. Nous comprenons la volonté du gouvernement de faire des économies, mais ce n'est pas nous qui avions demandé à ce que le taux du CITE soit de 30 %, c'était la décision de Ségolène Royal [en 2015, alors qu'elle était ministre de l'Ecologie, NDLR] ! Ce taux était sans doute trop élevé, mais la bonne solution consisterait à le diminuer puis à préparer l'intégration de nos produits dans la future prime énergie prévue pour 2019. Notre exclusion pure et simple du dispositif serait trop brutale. D'ailleurs, les signaux négatifs sont parvenus jusqu'à nos clients. A la fin septembre, beaucoup de particuliers ne donnaient plus suite aux devis. Le risque, c'est qu'ils achètent désormais des produits fabriqués à l'étranger et dont les performances ne sont pas attestées.

Mais le gouvernement doute toujours des performances énergétiques de vos produits…

Notre filière nous apparaît dénigrée. Les arguments avancés par le ministère que sont « le mauvais rapport coûts/ bénéfices » et « les faibles économies d'énergie » des fenêtres sont des contrevérités scientifiques et techniques. Les simulations réalisées selon la méthode de calcul Th-BCE de la RT 2012 par le bureau d'études Pouget Consultants, expert auprès du ministère et de l'Ademe, en témoignent. Le seul remplacement des fenêtres permet en réalité des gains économiques de chauffage de 27 % en moyenne.

De plus, alors que le gouvernement veut lutter contre les passoires thermiques, notamment dans le logement social, cette décision serait complètement contre-productive ! Dans les immeubles, les principales déperditions de chaleur ne se font pas par la toiture. Ce sont les parois et les ouvertures qu'il faut rénover !

Les négociations vont visiblement se rouvrir. En dehors de vos contre-arguments sur les performances de vos produits, qu'allez-vous mettre en avant ?

La France compte environ 800 unités de production de menuiseries extérieures sur l'ensemble du territoire. Tous matériaux confondus, 9 millions de fenêtres y sont fabriquées chaque année. Notre filière pèse au total près de 114 000 emplois, dont une majorité sont directement liés à la rénovation et donc éligibles au CITE. Si notre filière en demeure exclue, elle pourrait perdre à terme jusqu'à 20 000 emplois par an. Une telle décision coûterait au final très cher à l'Etat. Nous ne baisserons pas les bras.

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