Energie

La filière éolienne s’inquiète de son avenir

Mots clés : Energie renouvelable - Gouvernement

La chute au 1er semestre du nombre des raccordements d’éoliennes au réseau électrique fait craindre le pire aux professionnels de la filière qui, par la voix du Syndicat des énergies renouvelables (SER), en appellent une nouvelle fois au gouvernement.

Les professionnels de l’éolien ont lancé, le 28 août, un nouvel appel à l’aide au gouvernement (après celui de juillet), par la voix du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui juge la filière plus que jamais en danger, au regard de la chute, au 1er semestre, des raccordements d’éoliennes au réseau électrique.
En effet, selon les chiffres publiés la semaine dernière par ERDF, seuls 215 mégawatts éoliens ont été mis en service durant le premier semestre 2012, contre 340 MW  sur les six premiers mois de 2011, année déjà considérée très décevante avec seulement 875 MW raccordés, constate le Syndicat des énergies renouvelables. Lequel rappelle que pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement fixés à l’énergie éolienne – 19 000 MW terrestres en 2020 – ce sont près de 1 400 MW annuels qu’il faudrait raccorder.

 

Complexité administrative et développement des recours

 

Alors que l’énergie éolienne est entrée dans une phase industrielle marquée par un dynamisme important et que les installations éoliennes ont représenté en 2011 en Europe plus de 21 % de nouvelle capacité électrique installée, on aurait pu légitimement penser que la filière éolienne était sur de bons rails et n’avait plus de souci à se faire pour son avenir. Sauf que…. La baisse du nombre de parcs éoliens raccordés au réseau électrique marque un ralentissement inquiétant.
A ce blocage, plusieurs raisons : la multiplication des démarches administratives nécessaires au dépôt des projets qui freinent leur développement, l’augmentation des délais de raccordement due au manque de capacité d’accueil des réseaux électriques, la crise économique impliquant des difficultés de financement. Sans compter la multiplication des recours contre les parcs et contre les ZDE (Zones de développement de l’éolien) qui retardent la mise en route des installations (42 % en 2011 contre 35 % en 2009) et  l’incertitude persistant, depuis plusieurs mois, sur l’avenir du tarif d’achat de l’électricité d’origine éolienne,  qui devrait encore, selon le SER, faire diminuer  le volume des MW éoliens raccordés pour les deux derniers trimestres 2012 et compromettre des milliers d’emplois (la filière emploie 10 000 personnes en France).

 

Mesures d’urgence

 

« Face à cette situation très préoccupante, estime Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables, il est de la responsabilité des pouvoirs publics de prendre des mesures d’urgence visant à alléger le cadre réglementaire, réduire les contraintes qui pèsent sur les infrastructures de réseau et sécuriser le cadre économique. Il est également important, précise-t-il que des décisions soient prises pour empêcher les dérives liées aux possibilités de recours abusifs des tiers ».  

Et les professionnels de recommander l’adoption d’un dispositif tel que celui proposé par le sénateur Courteau, dans sa proposition de loi déposée le 5 juillet dernier.

« L’accomplissement de l’objectif des 23 % d’énergies renouvelables en 2020, ne pourra être atteint sans l’éolien terrestre qui doit représenter 10% de notre bouquet électrique à cette échéance contre moins de 2,5% aujourd’hui », conclut Jean-Louis Bal.

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