Energie

La filière électrique sous tension

Mots clés : Efficacité énergétique - Réglementation thermique et énergétique

Réunis pour le rendez-vous bisannuel de la filière électrique, organisé par la fédération des grossistes en matériel électriques (FGME), plus de 250 professionnels ont pu assister à des débats sur l’efficacité énergétique et le numérique. L’occasion de confirmer des tendances, mais aussi de bousculer un peu les acteurs de la filière sur les enjeux de ces deux thèmes.

La table ronde sur le thème de l’efficacité énergétique, qui réunissait le mardi 3 juillet à Paris sous l’égide de la FGME, Philippe Pelletier, président du comité stratégique du Plan Bâtiment Grenelle, Guy Dufraisse, président de Schneider Electric France, Patrick Salvadori, président de la région Europe du sud chez Sonepar et Bernard Laponche, consultant et membre de Global Chance, a confirmé les grands éléments de ce débat. Non seulement l’efficacité énergétique n’est pas un feu de paille, c’est un réel marché mais, comme l’a souligné Patrick Salvadori, «il a peu de domaines aujourd’hui qui autorisent autant d’espoir de croissance dans nos activités».

Pour ne pas passer à côté de ce générateur de valeur ajoutée, tous ont souligné l’importance de «travailler ensemble», avec du côté des industriels « l’exigence de faire toujours plus simple à comprendre, à installer et à faire fonctionner », selon l’expression de Guy Dufraisse.

L’installateur a été remis au centre du débat, comme l’a affirmé Patrick Salvadori : «il est le relai capillaire et le facilitateur essentiel du déploiement des technologies de l’efficacité énergétique auprès des marchés». D’où l’importance pour toute la filière, soulignée par Philippe Pelletier, d’être au côté des artisans. Dans ce schéma, le débat a évidemment donné la part belle aux négoces, courroie de transmission entre industriels et installateurs.

 

L’enjeu se situe sur la rénovation énergétique

 

Cependant, cette table-ronde a aussi été l’occasion pour Philippe Pelletier de rappeler à la filière électrique  que RT 2012 ne concernait que le neuf, soit 1% du parc immobilier, et que «l’enjeu se situait plutôt sur la rénovation énergétique». Une façon sans doute d’écarter la crispation des acteurs de l’électricité sur le moteur de calcul. Une RT2012 qui, en plus, comme l’a rappelé Bernard Laponche, ne prend en compte que les consommations liées au chauffage, à la ventilation, au rafraichissement, l’ECS et l’éclairage, et laisse de côté les autres équipements électriques et électroniques. Ils représenteraient pourtant près de 50% de la consommation électrique dans les bâtiments. «Vous devez vous pencher sur cette opportunité d’affaires dans la question de l’efficacité énergétique», a conclu Bernard Laponche.

La seconde table ronde sur la révolution numérique a encore plus secoué les neurones des participants. Réunissant Gilles Schnepp, Pdg de Legrand, Patrick Bérard, Directeur Rexel France et Europe du sud, Jean-François Gomez, chargé de développement chez Microsoft et Henri Verdier, président du pôle de compétitivité Cap Digital, les débats ont tout de suite mis en valeur la réelle révolution du numérique -«qui n’en est qu’à ses débuts», a insisté Jean-François Gomez- et ses enjeux.

Le «geste électrique» (actionner une commande pour s’éclairer, se chauffer, se protéger, manger, travailler, se déplacer, s’amuser…) est réalisé par tout le monde, tous les jours. «A partir de ce geste quotidien, si vous le connectez au numérique et que vous récupérez cette data, vous créez un univers infini de business», a résumé Henri Verdier.

 

Tout le monde veut sa part du gateau

 

Une perspective qui attire forcément les entreprises. «Tout le monde veut sa part promise du gâteau», a résumé Gilles Schnepp. Cette situation bouleverse déjà les règles du jeu. Comme l’a souligné Patrick Bérard, «depuis quelques mois, je n’ai jamais rencontré autant de personnes concernées par cette question : qui va maîtriser la data ? Qui va mesurer, stocker, traiter la data et à partir de là développer un business ? Sur ces questions nous sommes tous concernés -fabricants, distributeurs, énergéticiens, clients…- et tous concurrents !» Avec, en plus, un nouvel interlocuteur qui -avec la révolution numérique- passe du statut de consommateur à celui d’acteur : le client final…la «multitude», comme le nomme Henri Verdier dans son livre «L’âge de la multitude, entreprendre et gouverner après la révolution numérique » écrit avec Nicolas Colin, présent également lors de ces rencontres de la filière électrique.

Une transformation qui fait dire à Gilles Schnepp : «Nous devons apprendre à entrer en contact et à impliquer ce client final, à l’introduire en quelque sorte dans la filière électrique professionnelle».

Focus

Les priorités de la FGME

Faisant le point sur la période agitée que vient de traverser la profession depuis trois ans (crise financière, économique, LME, réformes fiscales, sociales, réglementaires…), Hubert Stourm, président de la FGME, a souligné combien les mois à venir ne seraient pas moins perturbés. «Nous nous remettons à peine de la crise profonde de 2009 que nous rentrons à nouveau dans une période de fortes incertitudes ! Une contraction, voire une récession, de notre activité est à craindre pour 2012. En tout cas il sera difficile de faire mieux qu’une année étale». Aussi, le délégué général de la FGME, Roland Mongin, a-t-il listé les sujets qui «mettent en cause la compétitivité des entreprises » : TLPE, éco-taxe transport, Tascom… et rappelé que la FGME se positionnait sur tous ces dossiers.

Focus

Un nouveau président pour la FGME en 2013

Le « rendez-vous de la filière électrique » a été l’occasion pour Hubert Stourm, président de la FGME, d’annoncer qu’il passerait le flambeau au 1er janvier 2013 à Richard Chery, nouvellement élu président de la FGME. Actuellement conseiller exécutif auprès de la Direction général de Sonepar France, Richard Chery est -entre autres-  président de la commission des affaires économiques et de la communication de la FGME. Richard Chery a déclaré vouloir inscrire sa présidence «sous le signe de la continuité dans le changement», pointant du doigt quelques dossiers prioritaires sur la modernisation du métier (avec notamment la création d’un format unique d’EDI par le biais de la création d’ETIM France), son attractivité pour les jeunes, le développement des partenariats avec les représentants de toute la filière et, au final, la contribution du négoce à créer de la valeur ajoutée dans la filière électrique.

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