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La Fédération nationale du bois demande au gouvernement de l'aide pour freiner l'exportation de chêne brut
Grume de la forêt de Tronçais - © © Eric Leysens

La Fédération nationale du bois demande au gouvernement de l'aide pour freiner l'exportation de chêne brut

A.P avec S.O |  le 06/02/2018  |  ImmobilierFrance entièreEtathygièneBois

Alors que 25 à 30% du chêne récolté en France part à l’étranger pour y être transformé, les scieries chêne fonctionnent à 60% de leurs capacités par manque de matière première. La FNB attend donc du gouvernement des solutions pour favoriser le marché national et l’exportation des produits transformés à base de bois Made in France.

Avec 16 millions d’hectares de forêt, couvrant 29% du territoire, la France est à la tête de la 3e plus grande surface forestière d’Europe. La France est ainsi le 3e producteur mondial de chêne et le premier en Europe. Et pourtant, les scieries françaises manquent de bois à transformer.

Or, aujourd’hui, 25 à 30% de la collecte forestière nationale de chêne est exportée sans transformation, notamment vers la Chine (308 000 m3 avaient été exportées en Chine à la fin octobre 2017 soit près de 15% de la récolte). Et en seulement 10 ans, les volumes de chêne brut (grumes de chêne) disponibles pour les scieries françaises ont été divisés par près de deux, passant de 2,45 millions de m3 en 2007 à  1,25 millions de m3 en 2017.

Conséquence : depuis 2005, 30 scieries de chêne fermeraient leurs portes chaque année, selon des données de la Fédération nationale du bois (FNB). Elles ne sont plus que 550 aujourd'hui contre encore plus de 900 en 2005. Selon la FNB, ce sont "200 000 emplois français dans la filière de transformation du bois, dont 26 000 collaborateurs exerçant directement dans les scieries de chêne", qui sont aujourd'hui menacés.

Pour en finir avec cette situation aberrante, la FNB a donc décidé de s'adresser au président de la République et au gouvernement pour leur demander de prendre "les mesures nécessaires au maintien de la transformation du bois en France, seul moyen de sauvegarder la filière et les emplois sur le territoire".

Elle demande donc en urgence deux séries de mesures : des mesures techniques en faveur de la transformation du bois en France pour limiter les fraudes à l’exportation de grumes de chêne, rééquilibrer l'approvisionnement des scieries françaises et enfin favoriser le marché national et l’exportation des produits transformés à base de bois Made in France (voir Focus); et des mesures structurelles indispensables à inscrire dans un grand plan de développement industriel de la filière à horizon 10 ans pour permettre de réaliser des investissements - notamment dans la plantation et l'appareil industriel via des fonds de dotation - permettant à la filière chêne de continuer à innover et investir.

Mesures techniques

1. Adhésion générale des opérateurs de la forêt à un Label « Transformation UE3 » révisé et fiabilisé. Ce label promeut la transformation du bois brut français à l’intérieur des frontières de l’Europe.

2. Mise en place de quotas d’exportation par essence et qualité.

3. Mise en place d’un registre des exportateurs par essence et d’une traçabilité des bois.

4. Mise en place d’une traçabilité phytosanitaire et d’un système de redevance fiable, robuste et favorisant l’exportation de produits à valeur ajoutée.

5. Conditionnement des aides économiques à la forêt sur la base soit d’une contractualisation qui donne de la visibilité aux industriels, soit de la valorisation effective en France du bois issu de nos forêts (via l’adhésion au Label « Transformation UE »).

6. Reconnaissance officielle des organisations de producteurs sur la valeur du bois contractualisé (50% minimum en valeur de bois par essence et qualité) comme en agriculture, pour aider à la contractualisation du bois d’oeuvre, moteur de la filière.

7. Mise en place d’un médiateur des relations commerciales du bois, à l’image du secteur agricole.

Polémique

Dans un communiqué, le Syndicat de la filière Bois (SFB) a dénoncé une "campagne de désinformation nourrie de contre-vérités et de données erronées menée dans le seul but de garantir à quelques gros transformateurs un accès à moindre coût à la ressource au détriment des propriétaires privés, des exploitants forestiers et des petites scieries qui se trouvent écartés d’un approvisionnement privilégié."

Les mesures protectionnistes réclamées par la FNB "dénotent une profonde méconnaissance par la FNB de la forêt française", écrit le SFB qui souligne que le chêne ne représente que 12% du bois d'oeuvre récolté. "Une saine gestion de la forêt française et de la filière bois nécessite d’avoir une approche globale de nos forêts et de prendre en compte :

- d’une part, la commercialisation des essences secondaires (hêtre, frêne, peupliers, châtaigner, peupliers, gros résineux…) aujourd’hui délaissées par le marché français,

- d’autre part, les chênes de qualité inférieure et notamment les petits diamètres (< à 40 cm) qui n’intéressent pas ou peu les transformateurs français (En 2016, 13% de lots ONF labellisés UE sont restés invendus et 44% des lots non-labellisés)."

Le SFB estime également que "vouloir attribuer aux transformateurs la quasi-totalité de la récolte (de chêne) revient à souhaiter la disparition des exploitants forestiers - dont le rôle reste essentiel pour dispatcher les différentes qualités en fonction des besoins des industriels et des exportateurs – alors que leurs achats de chêne représentent moins de 20% de la récolte annuelle".

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