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La donnée occupe le haut de la friche

NATHALIE COULAUD |  le 12/01/2018  |  Bouches-du-RhôneInternationalFrance entière

Marseille -

Une ville « intelligente », équipée d'Internet à haut débit, passe par la présence de data centers qui rassemblent les réseaux de fibres optiques. Et à Marseille, ces réseaux ne manquent pas. Treize câbles sous-marins arrivent dans la cité phocéenne assurant la connexion Internet d'une partie de l'Asie, de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Interxion, opérateur de data centers, a saisi cette opportunité en installant un premier site. S'appuyant sur le même architecte, DK Architectes, il est en passe d'en réaliser deux autres sur le port de Marseille pour un budget total de 205 M€. Du côté du grand port maritime de Marseille (GPMM) comme de la Ville, cela permet de rénover des bâtiments de qualité sans dépense publique et de réutiliser des friches industrielles.

« Bâtiment remarquable ». Le premier data center, MRS1 (6 200 m2), a été ouvert en 2015 dans des locaux rachetés à SFR à proximité de la Joliette. Le deuxième, le futur MRS2 (4 300 m2 ), est situé sur l'emprise foncière du port de Marseille dans les anciens ateliers Fouré Lougadec. Désaffecté depuis 1995, le bâtiment, de type halle Freyssinet, sera inauguré en 2018 après sa rénovation réalisée par Fayat. Même si l'intérieur est transformé en salles informatiques, toute la façade est conservée de même que la structure voûtée. « Le plan local d'urbanisme, comme nos accords avec la Ville et GPMM, impose de suivre les indications de l'architecte des bâtiments de France. Sans être un monument historique, cet édifice est considéré comme remarquable », précise Fabrice Coquio, président d'Interxion France.

Quant au troisième site, MRS3 (7 200 m2 ), dont le permis de construire a été déposé le 22 décembre 2017, il est encore plus spectaculaire. L'ancienne base de sous marins, construite par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et jamais utilisée, se caractérise en effet par ses murs en béton armé de 250 m de long, ses 8 000 m2 au sol et sa toiture en béton armé de 5,5 m d'épaisseur. « Pour notre activité, c'est le bâtiment idéal : les murs sont droits, construits pour résister au temps et aux éléments naturels », se réjouit Fabrice Coquio. Le bâtiment sera rénové et les fresques peintes par des soldats allemands sur les murs conservées. L'appel d'offres est en cours pour choisir l'entreprise générale qui réalisera les travaux d'une durée d'un an. Interxion a signé avec GPMM une convention d'occupation temporaire (COT) de quarante-neuf ans.

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