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Assistants vocaux : la domotique donne de la voix

Augustin Flepp, avec Mathieu Dejeu |  le 01/12/2017  |  DomotiqueEducationAlpes-MaritimesInternationalHaute-Garonne

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L'émergence de la technologie vocale, appuyée par l'intelligence artificielle, va modifier les usages dans la domotique. Mais les défis restent nombreux.

« Siri, allume la lumière ! » Les futurs acquéreurs d'un programme de Vinci Immobilier, à Toulouse, n'auront plus besoin d'actionner leurs interrupteurs. Il leur suffira de commander l'action via Siri, l'assistant vocal personnel d'Apple, avec qui Vinci a noué un partenariat.

Le groupe immobilier est loin d'être le seul à opérer ce virage vers une nouvelle génération de logements connectés. Les promoteurs commencent à s'intéresser de près aux assistants vocaux intelligents développés par Google, Amazon ou Apple. Ils emboîtent le pas aux industriels de la domotique qui, jusqu'à récemment, se polarisaient avant tout sur les applications mobiles sur smartphone, pour contrôler d'un effleurement de doigt son chauffage, par exemple.

Les géants du web investissent. Les usages évoluent à toute vitesse. Depuis quelques années, les « Gafam » - acronyme de Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft - tentent de démocratiser les technologies vocales à grand coup d'investissements en R & D et d'acquisitions. Dotées d'un programme d'intelligence artificielle, ces applications promettent de répondre à des milliers de requêtes des usagers (état du trafic routier, météo… ), de mémoriser leur mode de vie et de piloter et scénariser l'ensemble de leurs objets connectés, des volets jusqu'au thermostat, en passant par la qualité de l'air intérieur. Une petite révolution par rapport à la domotique, qui permet « seulement » de programmer manuellement des opérations telles que le déclenchement de son chauffage à un horaire prédéfini.

Selon le cabinet Ovum, la planète comptera plus d'assistants vocaux que d'êtres humains à partir de 2021.

Le marché devrait connaître une croissance phénoménale. Le cabinet de conseil Ovum estime que la planète comptera plus d'assistants vocaux que d'êtres humains à partir de 2021. « La voix va devenir un accélérateur du pilotage des différents objets connectés de l'habitat. C'est une action nettement plus naturelle que de passer par une interface applicative », décrypte Olivier Courtade, fondateur de Myxyty. Cette PME implantée dans la technopole de Sophia Antipolis, près de Nice, travaille elle-même à l'élaboration d'une lampe et d'un haut-parleur contrôlables par la voix grâce à Watson, l'intelligence artificielle développée par IBM.

Les assistants vocaux ont d'abord émergé sur le support le plus répandu, le smartphone.

Apple avait dégainé le premier, en 2011, en proposant Siri sur son iPhone. Mais c'est en 2017 que le mouvement s'est accéléré. Les Gafam tentent d'imposer leur « voix » sous une autre forme : des enceintes intelligentes trônant au cœur du foyer. Après un lancement aux Etats-Unis, Google a décliné cet été la version française de Google Home (lire « Google surfe sur l'amplitude de services » p. 14) . Amazon Echo et Apple HomePod suivront dès l'an prochain comme, probablement, Invoke, le nouveau haut-parleur intelligent de Microsoft.

La naissance de ce marché et, surtout, sa viabilité reposent en partie sur les nouvelles avancées en matière d'intelligence artificielle, condition pour que les scénarios personnalisés de logement intelligent soient pertinents. La seule reconnaissance de la voix est déjà un défi. « Mais en trois ans, les progrès ont été fulgurants, notamment dans l'amélioration de la compréhension du langage naturel, des accents et du contexte », observe David Larose, directeur de l'aménagement numérique de la Ville de Drancy et chroniqueur sur la webTV « Le Journal du Hardware ».

Signal supplémentaire de ce virage, les industriels de la maison connectée affûtent déjà leurs arguments pour conquérir les promoteurs et convaincre des usagers. Si les personnes en situation de handicap et les seniors apparaissent comme des populations particulièrement réceptives, elles ne sont pas les seules. « Lorsque vous avez les bras chargés de courses, l'usage de la voix apparaît évident pour allumer sa lumière », estime Jérôme Boissou, responsable marketing du programme d'objets connectés Eliot, chez l'industriel Legrand. « Rien ne remplacera l'interrupteur, mais la commande vocale peut se révéler utile pour donner un ordre simple et direct, par exemple baisser ses volets », rebondit Emmanuel Joumard, directeur « smart living » chez Somfy, un industriel spécialiste des ouvertures dans l'habitat.

Les autres technologies ne sont pas pour autant vouées à disparaître, en tout cas pas tout de suite : les professionnels s'accordent à dire que la commande vocale, à l'heure actuelle, reste complémentaire des applications mobiles déjà déployées dans des programmes immobiliers. Bouygues Immobilier, dans la dernière version de son offre de logements connectés Flexom, permet par exemple de contrôler ses opérations dans l'habitat à distance, à travers une application mobile. « Nous n'avons pas forcément envie de prononcer des phrases longues pour programmer, par exemple, la température de chauffage dans chacune de ses pièces, cela serait trop fastidieux », pointe Marcel Torrents, le président du directoire de l'industriel Delta Dore.

Avec les progrès des technologies vocales, les industriels de la domotique rendent leurs systèmes de plus en plus ouverts. Ainsi, chez Somfy, les nouveaux thermostats et caméras connectées seront inter opérables avec Amazon et son intelligence artificielle Alexa, anticipant la sortie de la version française de ses enceintes intelligentes l'an prochain. « Tous nos futurs produits seront bientôt compatibles avec l'ensemble des assistants vocaux », précise Emmanuel Joumard. Idem chez Delta Dore.

La gestion des données en question. Difficile dès lors pour les promoteurs de rester à l'écart. Les premiers programmes immobiliers proposant des opérations contrôlables par la voix commencent à fleurir dans l'Hexagone. Vinci Immobilier livrera prochainement près de Toulouse un programme de 78 logements intégrant la solution Céliane with Netatmo - la nouvelle gamme de prises et d'interrupteurs connectés co-conçue par la start-up avec Legrand - et l'assistant vocal Siri, embarqué dans une suite Apple Home. « Nous souhaitons créer une nouvelle expérience en apportant à nos clients une multitude d'usages, de services et d'intelligence », glisse Diego Harari, le directeur de l'innovation chez Vinci Immobilier. Il compte orienter ses futurs acquéreurs vers « des logements évolutifs et dotés d'une forte valeur ajoutée ».

Depuis peu, Bouygues Immobilier expérimente Google Home dans son offre Flexom. « On se laisse le temps d'avoir un meilleur retour d'expérience », confie prudemment Christian Grellier, le directeur de l'innovation du promoteur. D'autres acteurs parient sur des offres alternatives à celles des géants américains de la technologie. En Normandie, le promoteur Sedelka-Europrom, par exemple, a développé en interne son propre système de reconnaissance vocale, Dommee. Il équipera une centaine de logements dès l'an prochain.

Comme pour la domotique, l'émergence du marché des assistants vocaux dans le logement connecté devra surmonter certains obstacles. Ils sont d'abord technologiques. Le « profiling » par la voix, c'est-à-dire la capacité de l'intelligence artificielle à distinguer un homme d'une femme ou un

De gauche à droite

- Doté de deux micros et quatre lampes led, Google Home, le premier haut-parleur intelligent du moteur de recherche, est disponible en France depuis cet été.

- Echo, l'enceinte d'Amazon, permet de contrôler plus d'une centaine d'objets connectés et d'accéder à près de 20 000 services. Version française prévue mi-2018.

- Le premier haut-parleur d'Apple utilise la reconnaissance spatiale pour déterminer le positionnement de la personne dans la pièce. Il est disponible uniquement aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Australie.

- MyxyPod, la première enceinte intelligente française, intègre Watson, l'intelligence artificielle d'IBM. Elle devrait être commercialisée à partir de l'été prochain.

adulte d'un enfant, reste encore limité. Un peu court, donc, pour promettre des opérations sur mesure… Mais c'est surtout la gestion de la donnée qui suscite de vives inquiétudes. Les Gafam ont besoin de récupérer un maximum d'informations, stockées et analysées dans leurs serveurs « cloud », pour répondre finement aux besoins des usagers et proposer des scénarios de vie pertinents dans l'habitat. Un point qui n'a pas échappé à certains acteurs comme Snips. Cette start-up française développe une plate-forme vocale où requêtes et données sont stockées uniquement dans le terminal des utilisateurs. Ils en gardent ainsi totalement le contrôle, ce qui n'est pas forcément le cas lors de transfert dans les « clouds » informatiques.

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PHOTO - 10202_642409_k3_k1_1547723.jpg - © GETTY - MONTAGE LE MONITEUR
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A Issy, le premier programme immobilier à l'écoute

Une première en France. BNP Paribas Immobilier a lancé au début octobre la commercialisation du premier programme immobilier doté de pilotage par la voix.

Les 84 logements connectés de la résidence Issy Préférence, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), proposent d'abord la gamme de prises et interrupteurs connectés, co-conçue par la start-up Netatmo et l'industriel Legrand : Céliane with Netatmo permet aux résidents de commander leurs éclairages, appareils électriques et volets roulants via l'application mobile et vocale Siri, l'assistant personnel d'Apple. Une simple injonction prononcée tout haut à son smartphone et le tour est joué. Chaque appartement est équipé du thermostat connecté, du capteur de mesure de la qualité de l'air (Healthy Home Coach) et de la vanne thermostatique de Netatmo, mais aussi d'un portier connecté de Legrand.

Le paramétrage des interrupteurs et des scénarios s'effectue depuis l'application Home Control de Legrand. Les réglages sont ensuite copiés automatiquement dans l'appli de la firme à la pomme.

Le résident peut également programmer des scénarios de vie « départ » et « arrivée », contrôler à distance ses équipements et recevoir des alertes en cas de fonctionnement anormal d'un appareil électrique.

Le coût de l'installation, pris en charge par le promoteur immobilier, varie entre 1 000 et 1 500 euros par logement.

Séverine Dumont, directrice générale de Joshfire, agence conseil en objet connecté. - « On passera demain du pilotage à la délégation de tâches »

Quels sont les principaux usages des assistants vocaux ?

Ils sont aujourd'hui principalement utilisés sur mobile pour lancer une musique, allumer sa télévision ou rechercher une information. Mais les usages sont encore faibles dans l'Hexagone : seuls 29 % des Français utilisent une application vocale telle que Siri ou Google Assistant. Le marché devrait décoller avec l'arrivée d'enceintes connectées aux prix accessibles. Ces appareils offrent l'accès à une multitude de services. Il reste toutefois difficile de gérer par la voix l'authentification, l'adresse de livraison ou encore le paiement, autant d'étapes sensibles qui complexifient la promesse de simplicité d'usage des assistants vocaux.

En quoi la voix peut-elle révolutionner notre manière d'interagir avec notre logement ?

La « smart home » est en plein essor, mais il existe encore des réticences liées à la complexité du pilotage des objets connectés du foyer. Si ces appareils deviennent de plus en plus autonomes, leur contrôle nécessite parfois une gestion fastidieuse sur une interface mobile ou web.

Les fabricants font tout pour que les assistants vocaux jouent un rôle majeur dans l'adoption de ces nouvelles technologies : plus naturelle, la commande par la voix permet de s'affranchir des interfaces de pilotage. C'est ainsi qu'on passera demain du pilotage à la délégation de tâches auprès d'un assistant vocal, qui assurera la fonction de pilotage à la place de l'utilisateur.

Quels sont les principaux défis à relever pour faciliter leur appropriation par le grand public ?

L'adhésion massive dépendra de la capacité des assistants vocaux à répondre à des demandes de plus en plus pointues. Les progrès de l'intelligence artificielle devront notamment permettre de reconnaître les voix des membres du foyer avec précision. La sécurité des données personnelles reste également au cœur des préoccupations du grand public.

Car en restant constamment « à l'écoute », les assistants vocaux entendent (et parfois voient) tout ce qui se passe autour de l'utilisateur. A l'instar de tout objet connecté, il est impératif d'intégrer la protection de la vie privée dans la conception des services vocaux. Enfin, pour pouvoir piloter notre foyer, nos assistants doivent être capables de communiquer avec nous, mais aussi avec des services tiers.

Les fabricants prêts à déferler sur le marché français

Amazon étend son empire

Le leader des enceintes intelligentes aux Etats-Unis (70 % de parts de marché) entend conquérir le Vieux Continent.

En seulement un an, les ventes d'Amazon Echo, sa gamme de haut-parleurs connectés, ont explosé au Royaume-Uni (1,5 million d'unités) et en Allemagne (1 million). Les raisons de son succès sont multiples : son offre de services très large (20 000 opérations disponibles, de la commande de courses au contrôle de la lumière), sa compatibilité avec une centaine de fabricants d'objets connectés et son prix abordable (100 dollars). Face à la montée en puissance de Google Home, la firme de Jeff Bezos n'a pas relâché la pression. Fin septembre, elle dévoilait trois nouvelles versions de sa gamme, ainsi qu'une série d'accessoires (réveils… ).

La version française, très attendue par les acteurs de la domotique, n'est pas prévue avant l'été 2018.

Microsoft monte en puissance

La firme de Redmond donne elle aussi de la voix. L'éditeur de Windows et le fabricant de produits audio Harman Kardon, filiale de Samsung Electronics, ont dévoilé en mai dernier une enceinte intelligente embarquant Cortana, l'assistant personnel de Microsoft (145 millions d'utilisateurs). L'appareil offre la possibilité d'écouter de la musique, de passer un coup de téléphone via Skype ou encore de piloter ses objets connectés (lumière, chauffage… ). Compatible avec les objets connectés des principaux fabricants (Nest, Samsung SmartThings, Philips Hue, Wink… ), le nouveau gadget de Microsoft est seulement disponible aux Etats-Unis. Il ne faut pas compter sur son arrivée en France dans l'immédiat, aucune date de sortie n'ayant été annoncée.

Google surfe sur l'amplitude de services

Le géant américain a bousculé le marché des assistants vocaux en France avec le lancement de Google Home, un haut-parleur cylindrique doté de deux micros et de quatre lampes led aux couleurs du moteur de recherche. Disponible depuis août dans l'Hexagone, la solution permet d'avoir accès aux différentes plates-formes de Google (YouTube), de planifier un trajet (avec Waze) et de contrôler son chauffage, ses lampes ou ses interrupteurs (Nest, Philips Hue, Belkin WeMo… ). L'appareil est capable de faire la distinction entre un homme et une femme, un enfant et un adulte, y compris dans un environnement bruyant. En seulement quatre ans, le taux d'erreurs de Google Home est passé de 23 % à moins de 5 %. « Nous avons développé un assistant qui propose une interaction personnalisée, promet Constantin Foniadakis, responsable de la communication chez Google France. Plus on utilise l'assistant, et plus l'assistant apprend nos habitudes et mémorise des informations personnelles ». Pour conquérir ce marché, la firme californienne ne manque pas d'arguments : un prix abordable (59 euros), un design soigné et une gigantesque base de données (recherche sur son moteur, e-mail, météo… ).

Les jeunes pousses françaises à l'affût

En France, la start-up Snips a développé une plate-forme vocale destinée à équiper tout type d'appareils connectés d'un assistant vocal. La particularité de cette jeune société repose sur sa technologie, 100 % embarquée : les données des utilisateurs ne transitent pas dans un serveur « cloud » mais sont stockées localement. Selon son fondateur, Rand Hindi, Snips serait la seule plate-forme vocale complètement conforme au règlement général sur la protection des données (RGPD), le texte de référence européen en matière de protection des données personnelles.

En juin dernier, elle a bouclé une levée de fonds de 12 millions d'euros auprès de Maif Avenir et Bpifrance, pour étoffer son équipe commerciale et se développer à l'international.

Créée en 2007, Myxyty entame, elle, la dernière ligne droite du développement du MyxyPod, un haut-parleur intelligent garantissant le stockage des données sur disque dur. Primée au CES 2016 de Las Vegas, l'entreprise domiciliée au sein de la technopole de Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes) a signé un partenariat avec Qwant, un moteur de recherche indépendant français qui ne collecte pas les données des utilisateurs et n'utilise aucun dispositif de traçage. La solution, dont la commercialisation n'est pas attendue avant l'été 2018, intègre IBM Watson, le programme d'intelligence artificielle capable non seulement de comprendre les mots et les images, mais aussi d'identifier les émotions, d'analyser le ton utilisé et d'engager la conversion.

Hager joue les passeurs de son

Les assistants vocaux ? Un casse-tête pour les industriels de la domotique, qui doivent trouver le moyen d'intégrer ces nouveaux objets sans renoncer à leurs acquis. Lancé en septembre, le TJA560 d'Hager illustre cette recherche d'un compromis. Ce boîtier traduit les ordres récoltés par les enceintes Amazon Echo et Google Home en signaux pour les équipements utilisant le protocole de contrôle KNX. La passerelle, qui se pose dans le tableau électrique d'un logement, est compatible avec tous les réseaux configurés après 1998. Ce produit vient renforcer la stratégie d'Hager.

Le fabriquant a notamment développé l'appli Easy Tool, qui simplifie le paramétrage d'une installation KNX, et propose aux électriciens six formations sur le sujet. « Par cette démarche, nous professionnalisons la mise en œuvre des objets connectés », indique Antoine Tortosa, responsable marketing KNX et automatisme résidentiel d'Hager France.

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