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La disparition de Michel Ramery

Nicolas Guillon |  le 20/05/2016  |  BâtimentEntreprisesMancheSommeNord

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Le fondateur du groupe de BTP du même nom est décédé le 6 mai à l’âge de 67 ans. Il laisse un empire de 3 000 salariés et… le rêve inachevé de la ferme des 1 000 vaches.

Fils de fermiers, il avait voulu revenir à la terre au point de passer un BEP d’agriculture à 60 ans ! Michel Ramery, cet autodidacte qui s’était bâti la 361e fortune de France selon le magazine « Challenges », ne pouvait toutefois s’empêcher de voir les choses en grand. Alors il avait imaginé une exploitation laitière taille XXL, la fameuse ferme des 1 000 vaches dans la Somme, « la solution à une filière en grande difficulté » pour son promoteur, une catastrophe écologique pour ses détracteurs. Fin avril, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, avait demandé que l’extension du cheptel de 500 à 880 bêtes fasse l’objet d’une nouvelle enquête publique. Pas sûr que ce projet très controversé survive à son initiateur, qui avait la réputation d’avancer comme les rouleaux compresseurs qui tracèrent le chemin de sa réussite.

En parallèle de la tenue de l’exploitation familiale, la saga Ramery avait, en effet, débuté en 1972 par une petite affaire de location d’engins agricoles puis de matériel de travaux publics. La diversification, déjà, apprise dans les prés et dont Philippe Beauchamps, président du directoire du groupe Ramery, nous expliquait durant l’hiver 2015 qu’elle était - avec la croissance externe - l’ADN de la maison. Ainsi, en l’espace de 40 ans, Ramery aura fait près de 70 acquisitions !

Indépendant, farouchement.

C’est le chantier du métro de Lille qui, en 1982, lancera véritablement la success story. Le tunnel sous la Manche, le TGV ou encore Euralille assoiront la réputation d’une entreprise qui deviendra rapidement le premier groupe régional indépendant de BTP. Indépendant, oui, farouchement. « Je ne subis par le diktat de la cotation, expliquait encore Philippe Beauchamps l’an dernier. Je n’ai pas au-dessus de la tête un actionnaire qui me réclame toujours plus de dividendes. Il me demande les mêmes depuis quinze ans ! Nous pourrions demain faire 800 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais il faudrait pour cela ouvrir notre capital à un financier. Or notre choix, c’est justement de ne pas le faire. » Le chiffre d’affaires en question a quand même doublé en sept ans, dépassant les 500 millions d’euros, grâce à une stratégie de développement portée désormais par cinq filiales (Ramery TP, Ramery Bâtiment, Coexia, Ramery Environnement et Pream Immobilier) et à un rayonnement aujourd’hui national.

Si, chez Ramery, la sagesse et la discrétion font qu’il n’est pas dans les habitudes de dire que tout va bien, on veut néanmoins bien concéder que « cela va certainement moins mal qu’ailleurs ». Même si depuis la disparition de Michel, ça n’est forcément plus tout à fait pareil. Il reste maintenant à Philippe Beauchamps à conduire la mission que lui avait confiée le patron, à savoir assurer la transmission de l’ETI familiale à la deuxième génération, en la personne de son fils Matthieu Ramery, actuel président de Ramery Environnement.
Parce qu’il savait aussi s’entourer, Michel Ramery a donc pu partir l’esprit tranquille. Aux quelques collaborateurs qu’il avait rencontrés ces dernières semaines, il avait d’ailleurs glissé à l’oreille : « J’ai eu une belle vie ».

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PHOTO - 904504.BR.jpg - © Maxime Dufour

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