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La dentelle retrouve droit de Cité à Calais
La façade de la CIDM à Calais vue depuis l'intérieur - © © Jacques-Franck Degioanni / Le Moniteur

La dentelle retrouve droit de Cité à Calais

Jacques-Franck Degioanni, envoyé spécial à Calais |  le 11/05/2009  |  Pas-de-CalaisVerreArchitectureInternationalProduits et matériels

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Dans tout juste un mois, le 11 juin, sera inaugurée à Calais (Pas-de-Calais) la Cité internationale de la dentelle et de la mode (CIDM). Un ouvrage de haute couture signé des architectes parisiens Alain Moatti et Henri Rivière.

Née voici plus d'un siècle, et symbole du savoir-faire d'une région toute entière, l'industrie de la dentelle à Calais, jadis florissante, est passée en cinquante ans de 50000 à 2000 emplois et ne concerne plus désormais que la haute couture. Ironie du sort, l'activité sombre dans les oubliettes de l'Histoire au moment même où naît son musée, la Cité internationale de la dentelle et de la mode (CIDM), imaginée comme un lieu vivant, ouvert aux créateurs chargés d'offrir un avenir à la dentelle...
Pour y parvenir, les architectes parisiens Alain Moatti et Henri Rivière, lauréats du concours en 2004, ont procédé à la rénovation-extension d'une ancienne usine de fabrication, l'usine Boulart, pour y loger espaces d'exposition et auditorium (250 places). Thème force du projet, "les matières oxymores", à savoir, aux dires des architectes "ces voiles impalpables et ces matières raffinées, créées avec des métiers à tisser en fonte de douze mètres de long - les fameux Leavers anglais - par les gueules noires, mécaniciens et tullistes, qui les font fonctionner". D'où une muséographie, signée de Pascal Payeur et Sylvie Jausserand, où les éléments choisis "sont étonnés d'être les uns avec les autres et coexistent dans une complémentarité qui mène vers un territoire poétique particulier". Sur 2500m2, le parcours de l'exposition permanente articule ainsi cinq séquences : la dentelle à la main, l'aventure industrielle, les métiers de la dentelle mécanique et l'atelier de production, la dentelle aux XXe et XXIe siècles, enfin la dentelle au présent et au futur.

Voiler-dévoiler

Programme et thématique se traduisent en termes architecturaux entre, d'une part, l'usine conservée "dans son jus" et, d'autre part, l'extension habillée de sa façade à double courbure en verre sérigraphié, "la seule matière capable de capter et de restituer les gris multiformes des ciels calaisiens, pour inventer une nouvelle lumière", s'extasient les architectes. "Nous avons donc simplement ajouté à l'usine Boulart, dont la structure souple avait été pensée pour supporter les trépidations des Leavers, un objet ultra-technologique". L'usine conserve ainsi les traces du temps et ses cicatrices - ainsi que cinq métiers en fonctionnement régulier à destination des visiteurs - tandis que prend place sur le canal la façade verrière, en rupture avec l'usine qu'elle masque. Et plus exactement deux façades en fait, l'une en creux et l'autre en relief, sérigraphiées à base d'un émail métallisé qui reproduit les percements des cartons Jacquard utilisées dans les Leavers. Un jeu de "voiler-dévoiler étroitement lié à la dentelle, comme les courbes et contre-courbes d'un corps de femme", expliquent allusivement les architectes. "Il n'y a d'autre rapport entre l'usine et cette façade, que celui qui oppose la douceur de la dentelle avec la brutalité de l'industrie", complètent Moatti & Rivière, qui ont travaillé sur cet objet du désir avec le bureau d'études RFR : "leurs ingénieurs sont des prodiges et font en sorte que la structure d'acier ne soit pas un événement tel qu'il en cacherait le projet". Mise au point et posée par l'entreprise Viry, sérigraphiée à plat et bombée à chaud en Chine, l'ouvrage verrier comporte deux parois de verre feuilleté entre lesquelles un opérateur peut se glisser pour son entretien. A l'intérieur de l'édifice, sous cette dentelle, prend place le vaste espace d'exposition temporaire, une galerie également ouverte aux défilés de mode, reliée au petit auditorium. Et, si "la technique s'efface dans ce projet nourri d'imaginaire et de tradition", ainsi que poétisent les architectes, c'est bien pour "que la curiosité s'éveille", aiment-ils à prophétiser, pariant sur le succès de l'établissement auprès du public.

Fiche technique

Maîtrise d'ouvrage : Ville de Calais. Maîtrise d'ouvrage déléguée : Adevia.
Maitrise d'œuvre : Alain Moatti et Henri Rivière, architectes; David Lecomte, chef de projet. Flint (Christophe Gautié), architecte associé pour l'aménagement intérieur. BET : RFR, structure; Inex, fluides. Economiste : Michel Forgue. SSI : Norisko. Ingénierie acoustique : Avel acoustique. Muséographie : Pascal Payeur et Sylvie Jausserand. Conception lumière : L'observatoire 1. Graphisme signalétique : Hervé Poirier. Graphisme muséographique : Patrick Hoarau.
Principales entreprises : Dumez, gros œuvre; Cabrol, charpente métallique; Littoral Couverture, couverture et étanchéité; Viry, façades vitrées.
Surface : 7500 m2.
Coût travaux : 15,80 millions d'euros HT.
Inauguration : juin 2009.

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