En direct

La culture du projet
PHOTO - 742100.BR.jpg - © Vincent Leloup

La culture du projet

Gilles Rambaud |  le 06/09/2013  |  CultureMatériel de chantierTravailAudeInternational

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Culture
Matériel de chantier
Travail
Aude
International
Pyrénées-Orientales
Maine-et-Loire
Profession
Architecture
Valider

Jacques Perron, 65 ans, prend sa retraite après avoir géré grues et tunneliers aux quatre coins de la planète.

«Je n’ai pas de fascination pour la mécanique ni pour le moteur V8. Ce qui me motive, c’est l’ouvrage que l’on construit. Finalement, je suis davantage un homme de travaux qu’un homme de matériels. » Étonnante confidence de la part de celui qui compte parmi les directeurs matériels les plus renommés. Jacques Perron, directeur de Fayat Construction Achats et Investissements, l’homme qui supervise tous les matériels du groupe Fayat, n’aimerait donc pas les machines ? N’exagérons pas. « J’ai été initié par une 992. Il fallait un week-end pour nettoyer le radiateur ! » Cette chargeuse de 100 t était alors la machine phare de l’autoroute A9, entre Narbonne et Perpignan, dont elle traçait la voie. C’était en 1977 ; Jacques Perron était jeune ingénieur matériels chez DTP. Sa présence au milieu du chantier n’était pas le fruit du hasard. Né en 1948 à Angers, Jacques Perron est le fils d’un cadre d’EDF qui l’emmenait sur les grands barrages hydroélectriques alors en construction. Les barrages de Tignes, de Roselend, de la Girotte : autant d’ouvrages qui ont marqué son enfance et qui l’ont fasciné. « C’est une infrastructure exceptionnelle. Elle symbolise le courage humain et les bienfaits de la technique, car sa finalité, c’est l’irrigation des terres et l’électrification des villes. » C’est donc en rêvant à ces grands ouvrages qu’il entre dans une école d’ingénieurs. Il veut construire des barrages. Il en fera huit au long de sa carrière, la plupart avec Spie Batignolles, les derniers avec Razel. Son premier fut le barrage de Mudhiq Najran, en 1978, au cœur du désert d’Arabie saoudite. Puis ce fut le barrage d’Al Moustakbal, en Algérie : 6 millions de mètres cubes d’enrochement ! « Cela m’a apporté une certaine connaissance du terrassement », euphémise Jacques Perron. Le barrage de Turkwel, au Kenya, et ses 250 km de lignes à haute tension qu’il a fallu tirer au milieu de la brousse. Le LHPC, au Lesotho, et les quatre tunneliers nécessaires au percement des conduites. « Mon premier contact avec ces machines », se souvient celui qui, dans sa carrière, en aura acheté dix, dont le plus gros TBM roche dure pour un chantier à Taïwan. La Chine avec le barrage Xiao Langdi sur le fleuve Jaune et le barrage des Trois-Gorges sur le fleuve Bleu. Le Québec avec le barrage Sainte-Marguerite. L’Algérie encore avec le barrage de Koudiat-Acerdoune… Quand il évoque sa carrière, Jacques Perron n’énumère pas ses titres et ses fonctions mais les chantiers auxquels il a participé. « J’ai la culture du projet. » Pourtant, quand il succède à Jean Schmit à la direction matériels de Razel, l’engin est roi chez ce prestigieux terrassier. Pas pour Jacques Perron. « J’ai toujours considéré que le service matériels et le service des méthodes étaient très proches l’un de l’autre. » Il a une idée en tête : la Diam (direction des investissements, achats et matériels). Elle englobe les engins, les consommables et les matériaux incorporés dans l’ouvrage. Il faut convaincre les chantiers, mettre en place la logistique nécessaire à cette centralisation et développer de puissants outils de gestion. Diam grossit et, quand Fayat rachète Razel en 2008, il découvre un service de 15 personnes et s’interroge sur son utilité. Mais le nouveau propriétaire se rend vite compte de l’efficacité de cette organisation. Fin 2009, décision est prise de s’inspirer de ce modèle et, en 2010, naît FCAI (Fayat Construction Achats et Investissements) : 45 personnes, 350 millions d’euros de budget annuel. Une nouvelle organisation qui bouleverse les habitudes du groupe. Mais Jacques Perron est un expert : à force de construire des barrages, il sait parfaitement contourner ceux qu’on lui oppose…

PHOTO - 742100.BR.jpg
PHOTO - 742100.BR.jpg - © Vincent Leloup
Bio express

1948 Naissance à Angers
1973 Diplômé de l’Insa Lyon
1977 Entre au service matériels de DTP
1986 Directeur matériels export chez Spie Batignolles
2002 Directeur matériels Afrique chez Razel
2004 Directeur des investissements et du matériel chez Razel
2010 Directeur de Fayat Construction Achats et Investissements

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

170 séquences pour mener une opération de construction

170 séquences pour mener une opération de construction

Date de parution : 01/2020

Voir

55 outils pour la conduite de chantier

55 outils pour la conduite de chantier

Date de parution : 01/2020

Voir

Construire avec le bois

Construire avec le bois

Date de parution : 12/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur